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  Journalsemilitteraire

Créature de la nuit (Kate Thompson)

26 Juillet 2010 , Rédigé par Angua Publié dans #Lectures jeunesse

creature-nuit.jpegRobert a pourtant été clair avec sa mère: il est hors de question qu'il reste dans ce trou de bouseux, et, à la première occasion, il regagnera Dublin. Venir habiter cette vieille maison perdue au milieu de nulle part, très peu pour lui, heureusement qu'une vieille Skoda moisit devant la porte, et q'il peut espérer trouver la première occasion de la faire démarrer pour retrouver la ville et les virées de folie avec ses potes.

Or, c'est en partie à cause d'eux que sa mère a souhaité prendre le large. D'eux, et des prêteurs sur gage un peu trop souvent à leur porte. Ni l'un ni l'autre ne connaissent la vie à la campagne et ce qu'elle peut réserver, c'est donc d'un oeil amusé qu'ils accueillent la vieille voisine venue gentiment leur expliquer à quel point il était nécessaire de laisser une soucoupe de lait chaque nuit pour les fées.

Passés les premières colères, Robert parvient à faire partir cette fichue bagnole et rentre à Dublin... Mais l'accueil n'est pas celui qu'il espérait. Le voilà de retour à la case départ, avec la voiture à rembourser en prime au propriétaire du logement qui semble bien décidé à le faire travailler dans sa ferme. Et pour couronner le tout, voilà que Dennis, son petit frère de 4 ans, se lève la nuit pour faire la conversation à "une petite vieille dame"...

 

Ce roman est tout simplement excellent. Si on peut s'attendre à basculer dans l'univers des fays dès les premières pages, elles ne sont là qu'en toile de fond pour mettre en scène un adolescent en révolte, face à sa mère dépassée, à ses problèmes, à l'absence de futur dans lequel se projeter, et qui n'a pour seule échappatoire que "l'éclate", à l'instar du héros d'Orange Mécanique. Aucun autre lien entre ces deux romans, mais la problématique centrale est là: comment trouver des passerelles entre une jeunesse désabusée, qui n'a pas même les moyens de faire ses propres choix, et un monde adulte qui ne parvient pas à la comprendre?

Le tout avec une ambiance fantastique fabuleuse derrière... je recommande vraiment ce roman, merci beaucoup à Anne de me l'avoir fait découvrir dans le cadre d'un swap!

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Bel-Ami (Guy de Maupassant)

26 Juillet 2010 , Rédigé par Angua Publié dans #Lectures classiques

bel-ami.jpgCe qui suit n'est pas même l'ébauche d'un embryon de résumé! ni "complet", ni "gratuit", ni "chapitre par chapitre", ni "fiche de lecture"... quoi, j'aime jouer avec l'élève fainéant face au moteur de recherche?

 

Je considérerai que celui-ci a déjà passé son chemin, alors quelques mots tout de même pour ceux qui n'aurait pas encore lu Bel-Ami. Ce roman, le plus long de Maupassant, s'inscrit dans la veine naturaliste et raconte l'histoire de l'ascension de Georges Duroy dans un Paris du XIXe finissant, à cette époque où l'espoir est possible quelle que soit la famille où l'on soit né.

La réussite passera par la presse pour George, mais pas autant que par les femmes... Séducteur, arriviste, immoral, il plaît, révulse et fascine à la fois. Bref, à conseiller à tous, surtout vous aimez ces romans où les intrigues d'alcôves et la Belle Epoque se mêlent...

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Le cadavre rieur (Laurell K.Hamilton)

22 Juillet 2010 , Rédigé par Angua Publié dans #Lectures d'après Minuit

CADAVRE-RIEUR.jpgQuand il est deux heures du matin, que j'ai lu Robbe-Grillet une partie de la journée, pris des notes une heure sur Maupassant pour préparer ma rentrée, le vrai besoin de lire léger se fait sentir. Et que trouve-ton sur une étagère? Le second tome des aventures d'Anita Blake! Le premier m'avait peu emballée, mais, là, j'arrivais au seuil de fatigue idéale.

 

Est-ce pour cela que je l'ai trouvé meilleur?

 

La police fait appel à Anita pour tenter de découvrir l'auteur d'une série de crimes plus sanglants les uns que les autres, si sanglants que la réanimatrice a bien du mal à garder toute sa dignité face aux carnages. La probabilité que ce soit l'oeuvre d'un mort-vivant est assez élevée, et seule Dominga Salvador, grande prêtresse vaudou dont Anita s'est toujours scrupuleusement tenue à l'écart, semble capable d'apporter des réponses aux questions soulevées par une telle horreur. Pour corser le tout, une millionnaire envoie sans cesse ses sbires menacer Anita d'une fortune prestigieuse ou de mort violente, à la condition qu'elle participe à un sacrifice humain... ce que, bien entendu, elle refuse.

 

C'est agréable, c'est rythmé, mais un peu répétitif dans le grandguignolesque. Jean-Claude le vampire (mouaaaarf!) se fait discret dans ce tome, mais on se doute bien que les choses sont en train de se complexifier entre eux, et je soupçonne que les prochains tomes vont monter en chaleur...

 

... chaleur qui est la transition idéale pour vous parler de Merry Gentry! Série que j'avais BAISER DES OMBREStrouvée bien meilleure qu'Anita Blake, initialement parue au Fleuve noir, puis en Pockett, mais surtout introuvable jusqu'à il y a peu. Et oui, J'ai lu a eu l'idée  géniale de rééditer les deux premiers volets, le troisième est programmé en septembre, lire la suite en français s'avère enfin envisageable! Si vous aimez Laurell K.Hamilton, ou tout simplement par curiosité, le premier tome des aventures de cette nouvelle héroïne s'intitule Le Baiser des Ombres.

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Pourquoi Benerdji s'est-il suicidé? (Nazim Hikmet)

22 Juillet 2010 , Rédigé par Angua Publié dans #Lectures classiques

 

benerdji.jpgMais oui, pourquoi?

Pour le savoir, je ne saurais que trop vous conseiller de lire ce petit livre. Présenté comme un chef d'oeuvre de la littérature turc, je trouve (à mon humble avis, comme toujours) que cette réputation est loin d'être usurpée.

Il ne s'agit ni d'un roman, ni d'un recueil de poèmes, quand bien même je l'ai lu dans le cadre du programme de littérature comparée intitulée cette année "permanence de la poésie épique au XXe siècle" . Ni l'un ni l'autre, et les deux à la fois pourtant...

Le narrateur, Hikmet lui-même, raconte l'engagement de Bernedji, activiste dans l'Inde qui demande son indépendance. Le texte mèle narration classiques, dialogue, parties poétiques pures, dans un mélange subtil et délicat... et surtout dans une langue superbe. Ce petit livre est une merveille, entraîne vers la rêverie mais aussi dans des réflexions politiques et humaines beaucoup plus profondes qui laissent rapidement soupçonner des interrogations et des engagements propres à l'auteur lui-même.

 

Lisez ce petit livre (8 euros, autant dire que ce n'est pas se trancher la gorge), parce qu'il est beau en plus d'être profond. Je me félicite de l'avoir lu parallèlement à Robbe-Grillet: un excellent moyen de se souvenir que ce qui fait l'intérêt de la littérature, ce n'est pas de la voir se regarder le nombril, mais bien l'art de s'interroger et d'interroger l'homme.

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Les Gommes (Alain Robbe-Grillet)

22 Juillet 2010 , Rédigé par Angua Publié dans #Lectures classiques

les-gommes.jpg... Premier article d'une série de chroniques-flash, parce qu'il y a des moments où il faut savoir se mettre à jour sans y passer des heures...

 

... surtout pour parler de Robbe-Grillet.

Pour ceux qui le découvrirait, Alain Robbe-Grillet est de ces auteurs contemporains qu'on découvre généralement en faisant des études de lettres, pour la bonne raison que peu le lisent par hasard. Il y en a sans doute, mais, j'ai moi-même tellement de mal avec ses écrits que je conçois difficilement qu'on s'y mette pour le plaisir (pourtant, j'en connais dont c'est le cas... j'avoue que cela me fascine)

Pour tenter de faire simple, Robbe-Grillet fait partie des théoriciens du Nouveau Roman, courant littéraire des années 50-60 où les auteurs réfléchissent à de nouvelles formes romanesques, centrées sur le personnage et l'implication du lecteur dans l'intrigue, laquelle est (sérieusement) reléguée au second plan. Voire plus loin encore, puisque l'intrigue est le noyau dur du roman traditionnel et qu'il est ici question de le renouveler. J'aurais envie de conseiller La Modification, de Michel Butor, aux curieux, texte le plus lisible parmi ceux auxquels je me suis frottée, troublant car il est écrit entièrement à la 2e personne du pluriel.

 

Mais c'est des Gommes que je vous parlerai aujourd'hui. Peu, et en tournant autour du pot, car vraiment, ce bouquin me ressort par les yeux. L'intrigue est simple: Wallas, agent spécial, arrive dans une ville du Nord pour enquêter sur un crime politique. Or, ce crime n'a pas vraiment eu lieu, la victime n'ayant été que légèrement blessée avant de disparaître avec un médecin complice (notez: disparition, les gommes... subtil, non?). On pourrait se dire que ça ne part pas si mal. Sauf que... les cent premières pages environ racontent la traversée de la ville par Wallas (oh, un boulevard circulaire; et si je demandais mon chemin à la vieille dame? tiens, je suis déjà passé là; des hommes travaillent dans ces pavillons ouvriers...), et une bonne partie du reste consiste à raconter le crime, tel qu'il est supposé par les différents personnages.

 

Oui, d'un point de vue littéraire, c'est grandiose: le lecteur est pris à témoin (ou au piège), les personnages se fondent et se complètent, de la mise en abyme en veux-tu en voilà, un style hyper-réaliste où le moindre détail (peu sont négligés) a son importance... mais d'un point de vue purement subjectif... j'ai besoin qu'on me raconte des histoires. D'avoir affaire à des personnages humains (au sens large). Que le glauque (car les moults descriptions de quartiers et d'intérieurs pauvres donnent rapidement envie d'investir dans une corde, solide de préférence) ait un sens précis et non purement littéraire.

 

Bref, j'ai détesté, comme il y avait longtemps que je n'avais détesté un livre. N'eut-ce été le programme de l'agrégation, je ne serais pas allée au bout... et là, je n'ai pas fini, la Jalousie attend bien sagement sur un coin de mon bureau...

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L'immeuble d'en face (Vanyda)

15 Juillet 2010 , Rédigé par Angua Publié dans #Lectures curieuses

immeuble1.jpegUne petite légèreté alternative aux monstres littéraires: L'Immeuble d'en face.

 

Voilà exactement le genre de BD que je ne regarderais même pas si les blogs de lecture n'existaient pas. Et comme le hasard fait bien les choses, j'étais passée sur le blog d'Ori quelques heures avant ma visite à la bibliothèque où les trois couvertures m'ont aussitôt attiré l'oeil.

 

Une légèreté qui ne mérite pas de résumé, ce serait dénaturer cette BD, mais un brève présentation: il s'agit de tranches de vies quotidiennes, dans trois appartements d'un petit immeuble lillois, où vivent des personnages qui ressemblent à ceux méprendre à des visages ou des personnalités déjà croisées. Un peu trop de gentillesse dans tout cela à mon goût, mais un grand moment de plaisir en se retrouvant dans bon nombres de situations. Des soirées entre étudiants comme j'ai pu en vivre (voire, en vie encore, le côté étudiant en moins!), un couple bougon typique des grandes villes ou des plus petites, la mère célibataire comme... Oui. Le talent de Vanyda est juste là: mettre en place ces gens que nous connaissons, pour nous les montrer un peu plus dans leur intimité.

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Les canons de la liberté (Diana Gabaldon)

15 Juillet 2010 , Rédigé par Angua Publié dans #Lectures d'après Minuit

canons-de-la-liberte.jpegPour cette lecture du dernier tome d'une série à connaître absolument, je ne me vois pas faire un article habituel. Déjà, parce que comme pour tome d'une longue saga, je suis toujours partagée en tant que lectrice de blog: si je lis, je me spoile, mais si je ne lis pas, je passe peut-être à côté d'un truc énooorme...


Avec une pensée pour ceux qui se posent chaque fois la même question existentielle, je ferai bref.

La série du "Cercle de pierre" commence avec Le Chardon et le tartan. La seconde guerre mondiale vient de s'achever, Claire espère profiter enfin de leur lune de miel tant repoussée avec son mari Frank. Ils découvrent l'Ecosse, terre des ancêtres de ce dernier, tandis qu'il se plonge dans sa généalogie, Claire s'intéresse aux superstitions locales et assiste à une étrange réunion auprès d'un "cercle de pierres"... et se retrouve projetée dans le passé. Deux siècles plus tôt environ, en pleine période Highlanders, au milieu d'hommes en kilt souvent rustres, mais ô combien... sexy. Et oui, moi qui suis loin d'une d'une nature  à couiner, je m'y serais presque mise!


Pour vous allécher davantage, et rendre justice à ces romans, on ne trouve là finalement que du très classique roman d'aventures, avec amour au premier plan, mais ce qui fait le piment de cette série, à mon sens, est sans conteste le contexte historique, extrêmement fouillé, d'une part et... les personnages. Rien de révolutionnaire, mais la série met en scène de ces personnages classiques, souvent sans surprises (heureusement d'ailleurs, les rebondissements sont déjà bien assez nombreux!) auxquels on s'attache. Oui, parfaitement, ils sont de ces êtres de papier qui inspirent de la sympathie, au risque d'être parfois trop parfaits, leur humanité les rattrape et les rapproche encore...

Voilà une vraie lecture de vacances! Une pure détente, sans prise de tête, mais qui fait néanmoins palpiter mon petit coeur sensible... (d'ici j'entends ricaner ceux qui me savent fan d'Ultra-Vomit, Didier Super ou encore Rammstein... pff...)

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Dossier A. ( Garaku Toshusai, Osamu Uoto)

13 Juillet 2010 , Rédigé par Angua Publié dans #Lectures curieuses

dossier-a-1.jpgDepuis Monster , j'ai découvert que je pouvais aimer les mangas.

Depuis Monster...  je cherche encore lesquels peuvent me plaire avec la même force.


Dossier A. propose d'emporter le lecteur à la recherche d'un des plus grands mystères de l'histoire humaine: celui de l'Atlantide. Un richissime homme d'affaires décide de réunir quelques uns de ses semblables pour rassembler les fonds qui permettront de financer de nouvelles recherches, rendues possibles par la découverte d'un journal d'archéologue encore inédit... mais les hommes et les femmes ayant participé à cette réunion meurent, assassinés, les uns après les autres. Yuli, la fille de l'un d'entre eux, même l'enquête à son tour et sur les conseils de son père agonisant, fait appel à Iriya Shuzo, archéologue d'origine japonaise qui s'est retiré depuis un scandale qui a marqué la fin de ses études...


Si l'idée de départ est prometteuse, j'ai été plutôt déçue par les trois premiers tomes de cette série. Le mystère est là, présent, épais... alimenté au fil des chapitres, mais ce mystère est finalement un prétexte pour les épisodes qui l'entourent. Les relations entre les personnages principaux sont intéressantes (précisons que le meilleur ami d'Iriya est un surdoué de ... 6 ans), l'univers agréable et les références érudites nombreuses, la lecture reste un excellent moment... mais... ce n'est pas avec cette série que j'aurais trouvé un successeur à Monster!

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De fièvre et de sang (Sire Cédric)

13 Juillet 2010 , Rédigé par Angua Publié dans #Lectures SFF

de fievre et de sangMême si Angemort est un titre qui reste pour moi associé à une de mes plus grosses rigolades de lectures, je ne voulais pas limiter mon regard sur Sire Cédric à cela. Pas seulement parce que cet auteur est d'une gentillesse incroyable, mais aussi parce qu'objectivement, son oeuvre grandit, est de plus en plus reconnue, et que je ne pouvais donc me limiter à des avis de 2e main à son sujet.

Heureux hasard: De fièvre et de sang m'a été offert il y a peu! Et j'ai profité de ces débuts de vacances pour m'y plonger.


Eva est une profileuse envoyée de Paris dans le sud pour épauler la police locale , laquelle est dépassée par une série de meurtres sanglants qui ne peuvent qu'être l'oeuvre d'un malade. Vauvert, flic local, l'accompagne dans une ferme isolée où, selon les hypothèses en passe de devenir certitudes d'Eva, une jeune fille qui vient de disparaître devrait être tuée à son tour... L'intuition est juste, mais le meurtrier coriace: il s'agit de deux frères, dont la folie est allée beaucoup plus loin que la police ne l'aurait cru...

Quelques mois plus tard, des meurtres perpétués avec la même sauvagerie sont commis sur Paris. L'implication des Salaville, abattus, est tout simplement impossible. Pourtant, le mode opératoire et les horreurs subies par les victimes sont les mêmes...


Je ne lis quasiment jamais de thriller et goûte peu le polar, mais ce roman se teinte de fantastique dès l'ouverture, ce qui m'a non seulement rassurée mais aussi franchement emballée pour continuer. Le mystère est dosé savamment, le rythme travaillé, le style maîtrisé... oui, l'histoire est classique et ses étapes se laissent parfois flairer, mais Sire Cédric a maîtrisé l'alchimie du chapitre court et du paragraphe bref, incisif, qui va à l'essentiel et étoffe l'univers dans lequel l'action prend pied. Au final, un roman sans exigence révolutionnaire mais qu'on n'a pas envie de lâcher une fois ouvert et dont l'efficacité est redoutable. Pour tout vous avouer, j'ai trouvé les sensations de lectures que me procure Stephen King à plusieurs reprises... c'est confirmé: Sire Cédric se bonifie et sa plume n'oscille plus entre canular et littérature.

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Le livre des choses perdues (John Connolly)

5 Juillet 2010 , Rédigé par Angua Publié dans #Lectures SFF

livre des choses perduesLa mère de David, 12 ans, vient de mourir. Pour lui, l'évènement tant redouté était le pire qui puisse lui arriver et la douleur de cette réalité est inacceptable.

D'autant plus inacceptable qu'en ces veilles de guerre mondiale, son père finit par rencontrer Rose, une autre femme Objectivement, David n'a rien à reprocher à Rose mais elle n'est pas sa mère, elle n'est pas celle avec qui il partageait des histoires, surtout les contes qu'elle adorait lui raconter et qu'il lui racontait à son tour durant les derniers jours de sa vie. Pourtant, Rose dispose d'une grande maison familiale dans laquelle elle accueille David et son père, et bientôt Georgie, petit frère né de cette union.

David ne s'y fait pas. Il préfère rester enfermé dans sa chambre, à écouter le murmure des livres... Les livres lui parlet, et cela depuis un moment déjà, même s'il n'a osé en parlé au médecin que son père l'a emmené voir à plusieurs reprises. Les livres lui parlent aussi à travers le nom de l'ancien propriétaire des lieux, garçon d'environ son âge disparu bien des années plus tôt... Parmi les voix qui s'adressent à David, l'une est reconnaissable entre toutes: il s'agit bel et bien de celle de sa mère! Sa mère, vivante, qui l'invite à le rejoindre dans un autre monde, monde d'où viendrait l'étrange homme biscornu entr'aperçu un jour !

Le soir d'une dispute plus violente que les autres, David cède à l'appel et cours vers le jardin, où une brèche dans le mur semble être le passage vers les lieux qui retiennent sa mère prisonnière. Au même instant, un bombardier s'écrase... mais David a à peine le temps de s'en inquiéter: déjà, il est dans une forêt aux senteurs nouvelles, et le tronc d'arbre par lequel il est passé se referme derrière lui...


Voilà un roman bien surprenant. Si le début, renvoyant à pléthore d'autres textes peut inquiéter (c'est vrai, quoi, l'enfant qui passe de son quotidien à un autre monde, on connaît), la suite jongle avec les codes et les personnages classiques de conte de fées, donnant un bref instant l'impression que c'est dans cette direction que l'histoire va basculer... mais pas du tout. L'auteur s'approprie le genre du conte pour mieux le détourner et jouer avec, ou peut-être pousser jusqu'au bout les horreurs qu'on y croise. Le parcours de David est une véritable quête initiatique, une quête qui se fait dans la douleur, la peur, le sang. Les loups y sont humanisés dans ce que l'homme a de plus sombre, les chevaliers diffèrent de ce qu'en imagine David, les sorcières procurent des frissons par la multiplication de leurs crimes... L'univers dans lequel David est arrivé fait s'incarner toutes ses craintes, donne vie à ses cauchemars... mais aussi à une bonne partie de ceux du lecteur adulte. Deuil, souffrance, torture... le parallèle est léger dans le roman mais pourtant clair: la guerre que fuit David n'est pas différente de celle qu'il trouve en passant par la brèche.


Si Le livre des choses perdues est paru simultanément dans une édition jeunesse et une autrepour adulte, la raison apparaît clairement à la fin de la lecture. On peut le lire comme un conte, ou un énième roman d'aventures... mais aussi comme une nouvelle réflexion sur ce qu'est l'homme et surtout cette période terrifiante qu'est l'adolescence.


Je ne pourrais pas dire que ce livre m'a transportée, mais j'y ai pris de plus en plus de plaisir au fur et à mesure de ma lecture... il fait partie de ces textes qui se réfléchissent et marquent l'esprit!

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