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  Journalsemilitteraire

Chien du Heaume (Justine Niogret)

31 Mai 2010 , Rédigé par Angua Publié dans #Lectures SFF

chien-du-heaume.jpgJ'ai dû avoir une intuition en l'empruntant quelques jours avant qu'il ne reçoive le GPI, motivée par les critiques plutôt emballées que j'ai eu l'occasion de lire ou d'entendre sur ce roman!

C'est d'autant plus curieuse que je l'ai ouvert. De manière générale, un livre qui obtient le GPI est bon, voire très bon, même si j'ai parfois eu de petites déception.


Chien du Heaume raconte l'histoire de Chien, justement, mercenaire à la recherche de son nom. Rien ne lui reste de son passé à part une hache ouvragée qui est aussi son allié, le prolongement d'elle-même dans chaque bataille.

La rencontre du Bruec, seigneur également surnommé le Sanglier, marque le début d'une piste mais aussi d'une vie nouvelle: pour la première fois, elle découvre la douceur d'un hiver à l'abri d'un château, aussi sobre soit-il, et le plaisir de lier une amitié avec un homme de guerre, presque un semblable, même si d'amitié il n'est question à aucun moment. Le retour des beaux jours permet enfin à Chien de partir chez un seigneur qui aurait des indices, ou mieux des informations sur son identité, mais il s'avère que la malédiction et la désolation hantent les lieux où elle arrive...


La plume est belle et la langue travaillée, la thématique de la quête d'identité n'est pas inintéressante et... et pour moi, c'est à peu près tout. Ce roman a des qualités objectives: l'univers et le froid médiéval sont hyper-réalistes, l'ambiance travaillée et réussies dans sa noirceur, mais d'un point de vue objectif... je n'ai pas aimé. Tout simplement. Ce roman contient précisément ce qui me gêne dans une certaine forme de fantasy: un univers proche de notre moyen-âge (voire, qui aurait pu être celui-ci), des personnages prévisibles (Noalle, "enfançonne" femme de Bruec... ), quelques éléments vaguement merveilleux dont le rôle semble annexe (la Salamandre, la malédiction...)...


Je crois que je vais aller en lire d'autres critiques pour essayer de comprendre pourquoi un GPI... même si je comprends pourquoi on peut l'avoir apprécié, je trouve qu'on est bien loin de la claque que peut mettre Damasio ou Beauverger.

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A la poursuite des Humutes (Carina Rozenfeld); Robot mais pas trop (Eric Simard)

26 Mai 2010 , Rédigé par Angua Publié dans #Lectures jeunesse

humutes.jpgSyros a lancé il y a peu une nouvelle collection Soon pour la jeunesse: les mini-Syros.

Mais qu'est-ce donc que les Mini-Syros?

Ce sont de petits livres, presque d'un format poche, qui se proposent de raconter des histoires de SF aux jeunes lecteurs. Les histoires sont brèves, typées SF, et se lisent en une dizaine de minutes comme des nouvelles à l'âge adulte.


Je viens de les découvrir avec Robot mais pas trop et A la poursuite des Humutes. Dans le premier, Adam a des soucis avec son directeur d'école: sa maison hautement sophistiquée attend qu'on lui chante "Il pleut bergère" pour déclencher la chasse d'eau, laissant des habitudes qui semblent curieuses à l'extérieur. Dans le second, Tommy s'inquiète: une bosse lui pousse dans la nuque... la bosse qui indique qu'il serait un Humutes, humain mutant aux pouvoirs étranges! Or, les Humutes sont traités comme des parias...


J'ai peu de points de comparaison, car je lis vraiment peu de textes destinés à un si jeune robot-pas-trop.jpgpublic, mais j'avoue avoir pris beaucoup de plaisir à lire ces deux histoires. Les plumes des auteurs sont bien différentes, mais les récits ont en commun un bonne dose d'humour (même pas niais), et des thèmes fétiches de SF, ce qui me paraît une bonne entrée en matière, même si le lecteur aguerri voit vite où ira l'intrigue. La logique veut que justement, ce ne soit pas l'amateur la cible mais bien le débutant, ce qui tombe bien!


Une collection prometteuse, qui je l'espère va s'enrichir et se développer! J'ajoute l'argument commercial du prix modeste ? Non, je vous promets, aucune action chez Syros, ce que j'ai lu vient de ma voisine la bibliothèque de toute manière ;o)

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Les sentinelles du Crépuscule (S.Loukianenko)

26 Mai 2010 , Rédigé par Angua Publié dans #Lectures SFF

sentinelles-du-crepuscule.jpgEt hop! Le dernier tome dans la foulée!


Il semblerait que l'inconcevable soit possible: un Autre aurait promis à un humain de le transformer en mage... brans-le-bas de combat chez les sentinelles du Jour comme de la Nuit, sans oublier l'Inquisition: s'il s'avère que cela est vrai, la fin d'un univers et surtout un chaos sans nom s'ensuivraient...

Nous retrouvons Anton, trois ans plus tard. Svetlana a quitté les Sentinelles pour élever Nadia, leur fille, destinée à devenir la plus grande magicienne de tous les temps, loin des conflits de Moscou, et c'est alors qu'elle a quitté la ville pour quelques semaines de vacances qu'Anton est missionné pour mener l'enquête. L'identité de l'homme qui pense devenir Autre est plus qu'inattendue...

Une fois l'affaire résolue, une semaine de repos bien méritée lui est accordée auprès de Svetlana. Mais même en congé, une Sentinelle reste Sentinelle: l'histoire de deux enfants perdus, sauvés d'un groupe de loup par une femme qui a tout de la sorcière ne peut le laisser indifférent.


Le rythme est de plus en plus soutenu et Loukianenko nous fait tenir en haleine encore plus efficacement que dans les tomes précédents. Non seulement, les personnages restent complexes et se dévoilent encore davantage, mais de manière définitive cette fois, les notions de Bien et de Mal sont balayées... seuls restent les hommes, aussi Autres soient-ils. Décidément, les Russes ne sont pas assez traduits chez nous!

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Daywatch (S.Loukianenko)

19 Mai 2010 , Rédigé par Angua Publié dans #Lectures SFF

daywatch.jpegVoilà quelques mois, je lisais avec plaisir mais sans réelle vibration le premier tome de cette trilogie. Avec assez de plaisir en tout cas pour me lancer dans la suite, et, que dire? Que je suis presque étonnée de ce que j'avais précédemment écrit.

Après avoir refermé le 2e tome, je pense que le filtre du temps a sans doute été bénéfique, mais surtout que la série doit gagner en qualité, car je me suis largement régalée cette fois.


Tout d'abord, je m'attendais à retrouver Anton, personnage principal (ou l'un des principaux, du moins) de NightWatch. Eh bien, que nenni. Il s'agit pourtant bien là d'une suite, composée comme sa prédécesseur de trois histoires a priori indépendantes mais qui s'entremêlent pour relever d'un tout: la perpétuel lutte des guets. Celui dit "de nuit", au centre du premier opus, est chargé de contrôler les actions commises par les Autres qui appartiennent à l'obscurité (en gros, les égocentriques a priori les plus fun), tandis que celui dit "de jour" contrôle pour sa part les actions des Autres de la Lumière (en gros, les mêmes, quelques prétentions morales en plus), et l'équilibre se fait ainsi.

Même si la situation est ainsi depuis des siècles, il se trouve des périodes où la balance oscille d'un côté ou de l'autre. Et des moments où les agents sont épuisés, ou des Autres bien étranges apparaissent... difficile de résumer sans le dévoiler ce qui se passe ici!


Daywatch est bien plus jubilatoire que le précédent. Plusieurs explications à cela...


ACHTUNG! Spwales!


... entre autre parce que le monde qui se voudrait manichéen ainsi mis en place s'avère ne pas l'être. Les ressemblances se multiplient d'un camp à l'autre, et la diversité des personnages rend complexe la sympathie qu'ils peuvent inspirer au lecteur. Les points de vue ici inversés amènent à voir ceux que l'on suivait précédemment comme les ennemis à abattre, et... force est de constater que ça fait un petit quelque chose quand l'ennemi est abattu (oui, Tigron, je la regretterai!). Surtout, la richesse de tome tient pour beaucoup à l'apparition de l'Inquisition, beaucoup plus présente cette fois-ci. elle permet l'emboîtement des éléments qui forment ainsi un tout cohérent et donne envie de s'interroger sérieusement, une bonne fois pour toute, sur cette question du Bien ou du Mal...

 

Et puis, d'un point de vue tout à fait personnel, si un roman me rappelle les rues de Prague, je suis tout acquise à sa cause. Alors pour le peu qu'on y mentionne aussi Rammstein... Tiens, il me manquerait presque un smiley la bave aux lèvres...

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Le Voleur de foudre - Percu Jackson, 1 (Rick Riordan)

19 Mai 2010 , Rédigé par Angua Publié dans #Lectures jeunesse

 

percy-jackson-1.jpegVoilà un roman lu grâce à mes élèves, qui sont revenus de vacances un peu jour frétillants d'enthousiasme parce que "Madame! Y a un film au cinéma, ça s'appelle Percy Jackson, et ça parle de ce qu'on fait en classe!". Bon, il s'avère que non, pas vraiment, mais comme il s'agit de littérature jeunesse fortement teintée de mythologie et que visiblement, c'était le film du siècle, je me suis tournée vers le livre.


Allons-y donc pour résumer.
Voilà l'histoire d'un jeune garçon dont la vie n'est pas rose. Malmené chez lui par un beau-père qui le déteste, pas franchement épanoui à l'école...d'autant plus que les évènements bizarres s'accumulent autour de lui et laissent penser qu'il n'est pas un adolescent ordinaire. Les vacances arrivent et sont l'occasion d'un séjour pareil à une bouffée d'oxygène au bord de la mer, dans un bungalow loin de tout. Une nuit, la tempête se déchaîne et la porte s'ouvre, non sur un géant barbu, mais sur... Grover, l'ami de Percy, qui se voit maintenant pourvu d'un corps mi-humain mi-chèvre. Il faut fuir, vite, un minotaure est aux trousses de Percy et sa mère!

Et voilà comment Percy arrive sur la colline des Sang-mêlés (tiens donc, mais n'ai-je pas déjà lu cette expression quelque part?), réservée aux enfants issues des amours des dieux et des hommes. Mais qui est donc le père de Percy? Pourquoi a-t-il l'insigne honneur d'être envoyé en mission, chose qu'attendent ses semblables depuis des années? Enfin, rassurez-vous. Il n'est pas seul. La copine intello un peu pénible mais sympa et futée l'accompagne, ainsi que le fameux Grover, maladroit mais bien sympa quand même.


Oui, ça se lit tout seul, oui, je comprends que mes 6e s'y retrouvent, mais surtout oui, ce roman, aussi agréable soit-il, donne la triste impression d'être une resucée d'Harry Potter. Hélas, la substantifique moelle de la nouveauté et de la découverte ne peut l'accompagner: il s'agit d'une bonne copie, mais d'une copie indéniable néanmoins.

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Cordélia Vorkosigan (Loïs McMaster Bujold)

8 Mai 2010 , Rédigé par Angua Publié dans #Lectures SFF

cordelia vorkosiganLors d'une mission d'exploration qui aurait du être banale, le capitaine Cordélia Naismith voit son campement détruit et se retrouve prisonnière de guerre, avec pour seul compagnon d'infortune gravement blessé. Leur geôlier n'est autre que Vorkosigan, le tristement célèbre "boucher de Komarr". Or, l'homme est bien différent de la légende... Issu de la noblesse de Barrayar, il est en réalité un homme d'honneur, aux prises avec les complexités politique de sa planète et surtout, au début du roman, bien décidé à juguler la mutinerie provoquée par des espions au sein de son équipe. La relation qui se noue entre les ennemis n'a rien de l'amourette classique et, pour une fois!, un peu de sentiment donne de l'intérêt à un roman... et ce n'est pas rien.


Roman sans surprise mais sans ennui, je ne regrette pas d'avoir choisi ce tome pour commencer la fameuse série des Vorkosigan, souvent présentée comme incontournable du Space Op'. La trame est classique (des planètes ennemies, des intrigues politiques, quelques méchants bien vilains), mais de nombreux rebondissements rythment le tout et en font une lecture bien agréable.

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La saison de la sorcière (Roland C.Wagner)

6 Mai 2010 , Rédigé par Angua Publié dans #Lectures SFF

Des terroristes d'un nouveau genre frappent: la tour Eiffel vient d'être enlevée par un ptérodactyle géant, un château autrichien est désormais en sucre jsaison de la sorcièrecandi et des statues de Mao ont traversé Pékin... de quoi sérieusement affoler l'humanité, en grande partie dominée par les Etazunis, pour ne pas dire occupée.
Fric sort de prison peu après l'un de ces évènements. Retrouvant aussitôt des camarades de débauche, le voilà contraint dès son premier soir de liberté à se réfugier à une adresse donnée par un comparse de cellule. Il se retrouve hébergé dans dans l'Enclave, curieuse zone de banlieue parisienne essentiellement occupée par des post-soixante-huitards qui ont su garder un esprit communautaire et solidaire poussé. Au même moment, au bout du monde, les soldats tazus, lancés dans la chasse au moindre rebouteux susceptible de les aider à mettre fin aux attaques magiques, viennent de mettre la main sur une sorcière aux pouvoirs enfin prometteurs... 

 

Voilà un roman aussi inattendu que convenu. Inattendu aussi bien pour les circonstances de ma lecture (je vis avec un fanWagner,à l'origine de l'emprunt de ce titre) que pour le sujet: le terrorisme magique, dans un futur bien proche n'est pas un thème que j'ai souvent eu l'occasion de croiser... et convenu... car parfaitement logique quand on a l'occasion d'échanger quelques mots avec l'auteur. La forme que prend la fin est inattendue elle aussi, mais un certain manichéisme se dégage de l'ensemble de ce texte et laisse soupçonner la conclusion. Au final, une lecture bien agréable mais qui m'a laissée sur ma fin... j'ai du mal à apprécier les personnages sans nuances et finalement seule la sorcière le serait... sans les révélations finales à son sujet. 

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Entre chiens et loups (Malorie Blackman)

5 Mai 2010 , Rédigé par Angua Publié dans #Lectures jeunesse

entre-chiens-et-loups.jpg

Callum et Sephy ont grandi ensemble,malgré tout ce qui aurait du les séparer. En effet, Maggie, la mère de Callum est au service de Jasmine, la mère de Sephy depuis des années; Maggie, blanche, est une Nihil, humaine au service des autres et condamnée à des tâches subalternes par sa couleur, tandis que Jasmine, noire, est née de la bonne couleur pour être est l'épouse délaisséE de Kamal Hadley, politicien en vue à la vie a priori parfaite et irréprochable.

Un beau jour, c'est le drame: Meggie ne comprend pas que Jasmine a besoin d'une couverture pour cacher à son mari qu'elle a passé la soirée avec un amant, et se voit renvoyée... séparant provisoirement Callum de Sephy. Provisoirement seulement, car Callum fera partie des premiers Nihils autorisés à étudier avec les Primas... leur amour  naissant prend de plein fouet les préjugés qui règnent, attisés par les actes de la Milice de Libération, groupe terroriste bien décidé à imposer l'égalité, quels qu'en soient les moyens...

 

Autant le dire, j'ai vraiment été séduite par ce roman. La seule véritable originalité (même si l'idée avait déjà été développée par Ursula Le Guin, faudra d'ailleurs que je trouve dans quel texte!) réside dans la création d'un monde où les couleurs de couleur-de-la-haine.jpgpeau ont amené une hiérarchie différente de celles auxquelles l'histoire nous a confrontés, mais l'histoire d'amour adolescente est sans mièvrerie aucune et rien que ça, en littérature jeunesse, ce n'est pas rien. Je trouve d'ailleurs que le prix des Inco était largement mérité pour ce titre. Pas de faux sentimentalisme, pas de pitié, des moments durs et... profondément cohérents. Jude, le frère de Callum en est un exemple parfait. Personnage du "méchant", il est froid, calculateur, meurtrier,  d'un réalisme qui fait froid dans le dos... mais peut-être pas tant que Callum, finalement, le plus attachant dans ses douleurs et ses colères. Pas de happy end ici même si on se sent en droit de l'espérer, juste... des hommes, profondément humains, qui ne peuvent laisser de marbre.

 

La lecture de la suite, La Couleur de la haine ne s'impose pas une fois la dernière page tournée, mais j'avoue que j'étais curieuse (et un peu dans le besoin de lecture facile, merci VanderMeer!), et l'ai lu tout aussi rapidement. Soyons honnêtes, les actions traînent en longueur et il y a moins de surprises dans les évènements. Ce second tome confirme la solidité de la plume de l'auteur et son talent à construire des personnages durs et pourtant pitoyables, mais le plaisirchoix-d-aimer.jpg de les retrouver a largement compensé.

 

Finalement, la déception est arrivée avec Le Choix d'aimer (ATTENTION! Spwales!). Une partie de la narration, toujours polyphonique, est prise en charge par Callie Rose, la fille de Sephy et Callum, et les aller-retour entre son enfance et le drame final traînent en longueur, appelant un dénouement présenté dès les premières pages... Du coup, je me tâte pour le 4e... plus tard, peut-être?

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