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  Journalsemilitteraire

L'ombre du vent (Carlos Ruis Zafon)

24 Février 2010 , Rédigé par Angua Publié dans #Lectures curieuses

ombre du ventRoman que je me promettais de lire de longue date, en ayant lu le plus grand bien sur tant de sites et forums que je serais bien en peine d'en faire la liste... D'ailleurs, je me demande si le résumé  est bien nécessaire...
Le narrateur a dix ans quand son père l'emmène au "Cimetière des livres", lui faisant jurer de garder le secret. L'enfant est chargé d'en choisir un, livre qu'il devra conserver et protéger toute sa vie. Un roman lui attire l'oeil, il s'agit de l'Ombre du vent, d'un certain Julian Carax... Il s'avère que ce livre est une rareté, voire une légende: tiré à peu d'exemplaires à sa sortie, un homme mystérieux achète systématiquement toutes les oeuvres de Carax émergeant sur le marché pour les brûler... Inconcevable de vendre le précieux survivant, dont l'histoire emporte Daniel.

Soyons honnête, il s'agit d'une lecture agréable. Toutefois, elle ne m'a pas transportée comme je l'aurais aimé... Je lis de moins en moins de "littgen", ce qui est sans doute un tort, pour la simple raison qu'elle m'ennuie souvent, à cause de cette impression d'y trouver sans cesse les mêmes ingrédients. Ici, une enquête menée sur le passé d'un auteur, une grande maison mystérieuse, des personnages qui apprennent à s'aimer, des enfants cachés... N'eut-ce été une galerie de portraits travaillée au niveau des personnages secondaires, je n'aurais que moyennement apprécié ce roman. Un peu déçue au final...
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Madame Gabaldon, vous êtes fourbe.

24 Février 2010 , Rédigé par Angua Publié dans #Lectures d'après Minuit

temps-des-reves.jpgOui, parfaitement, vous êtes d'une fourberie sans nom.
J'inaugurai il y a peu une catégorie dans ce blog, à savoir celle des Lectures d'Après Minuit, réservée aux trucs légers ne faisant appel à aucune forme de réflexion particulière. Je l'ouvrais même précisément avec La Croix de feu, ronchonnant, à juste titre (oui, si je râle, c'est toujours mérité), sur la fourberie du Livre de Poche cette fois, infoutu de respecter le découpage en tomes des grands formats.
(Attention, spwales inside!)

J'étais donc un peu agacée par le fait que le susmentionné découpage interrompe en plein milieu le roman, nous laissant dans un moment d'accalmie dans la vie ô combien mouvementée des héros, accalmie durant laquelle, néanmoins, Stephen Bonnet (vous savez, le vilan-laid-très-méchant-dont-on-sait-qu'il-reviendra) faisant une vague aparition au loin sous les yeux de Brianna.
Bon. J'osais caresser l'espoir que ça avance, cette affaire (voire que ça cesse, qu'on passe enfin à autre chose). On sait, depuis la centième page du premier tome, au moins, que tout va bien finir, la question est donc "Comment?"
Et bah tiens! Que nenni de réponse!
Ce 8e tome s'enlise sur le mariage de Jocasta. Ah si, une mort louche a lieu. Puis on apprend que le pauvre Duncan, déjà manchot depuis belle lurette serait impuissant. Le pauvre. On y (re)découvre pour la Nième fois à quel point Claire et Jamie sont amoureux, se trouvent désirables. Au cas où d'aucuns imaginaient encore qu'elle ait quitté le confort du XXe siècle pour le plaisir de se rouler dans les bactéries.
Bon, le mariage a lieu, la brave tante est retrouvée ligotée, le fantôme de Bonnet surgit encore, et hop, tout le monde rentre à Fraser's Ridge pour en repartir aussi sec en guerre contre les Régulateurs. Tout ça en moins de 500 pages, c'est bien parce que je n'étais pas réceptive à autre entre 1h et 2h du matin que j'ai persisté.
Et tout-à-coup, le drame.
Ne voilà-t-il pas qu'il arrive des misères à Roger. Là, à 50 pages de la fin, prisonnier, ligoté, en très mauvaise posture... Oh, je l'ai soupçonnée instantanément, la dame Gabaldon. En si peu, impossible de le sortir de là. Et je ne pouvais pas le laisser (c'est vrai quoi, j'aime bien son inadaptabilité), sentant gros comme une maison que ça ne pouvait que tourner mal pour relancer la machine. Et là, vraiment, s'en prendre au pauvre Roger qui ne fait de mal à personne, ça, c'est ultra fourbe.
Et bien oui, ça tourne mal, très mal même: Roger finit pendu.
Bon, finit jusqu'à ce qu'on le retrouve juste à temps mais dans un très sale état.
Et tout s'achève.
Sauf le tome 9 qu'il faut absolument que j'attaque au plus vite maintenant.
Pff.
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Katsuhiro Omoto Anthology

20 Février 2010 , Rédigé par Angua Publié dans #Lectures curieuses

Poursuite de ma plongée dans le monde du manga... avec cette anthologie de Katsuhiro Omoto, autrement plus connu comme l'auteur de la série Akira. J'avais otomodécouvert cet auteur grâce au numéro du magazine Beaux-Arts consacrés au manga, qui publiait entre autre une histoire (j'avais envie d'écrire "une nouvelle"... Si quelqu'un connaît le terme qui désigne ces BD courtes, je suis preneuse!) pleine de poésie et d'angoisses spatiales, une sorte d'écho à 2001...

Ce recueil rassemble une douzaine d'histoires, de genres très différents. Une bonne entrée dans l'univers de l'auteur, donc. Si certaines m'ont paru absconses (Minor Swing, par exemple), sans doute parce que je manque de repères culturels, la grande majorité m'a vraiment plu. L'art d'Omoto est de réussir à créer des univers aussi sombres que loufoques, et des intrigues aussi sérieuses que futiles. Certaines histoires font réellement froid dans le dos (Memories, que pourtant j'avais déjà lu, ou Fire ball), appelant les craintes les plus enfouies en nous, d'autres sont vraiment drôles. Hair, par exemple, propose un monde aseptisé, parfait, où les cheveux longs sont devenus signe de rébellion et méritent une bonne ré-éducation. Imaginez, ces esprits subversifs écoutent du rock! Ou That's Amazing world, inscrit dans un série d'histoire à chute aussi brèves que drôle.

Un patchwork d'atmosphère, et une superbe occasion de se mettre au manga!
(Et c'est malin, je crois que je vais lire Akira maintenant...)


(Et la couv' demain, si Over-blog le veut bien!)
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Retour sur l'horizon

17 Février 2010 , Rédigé par Angua Publié dans #Lectures SFF

retour sur l'horizonEnfin terminée, la lecture de cette anthologie sortie à l'occasion des dix ans de la collection Lunes d'encre!
Depuis le temps qu'elle agitait le fandom (et je ferai à peine allusion à un débat de bientôt 600 sur le sens of wonder métaphysique de la SF sur un forum de ma connaissance), j'en attendais beaucoup. Et comme souvent dans ces cas-là, je suis un peu déçue. intéressante.
Un peu seulement, car on trouve d'excellents textes dans ce recueil. J'ai particulièrement apprécié Les Fleurs de Troie, de Jean-Claude Dunyach, qui mêle habilement les thématiques de l'addiction geek et de l'intelligence extraterrestre, ou encore Lumière Noire, de Thomas Day, qui plante un univers dévasté et dirigé par une IA (encore) aux objectifs finalement bien humanistes. Peut-être est-ce d'ailleurs ce texte que j'ai préféré... pas seulement pour l'univers post-apocalyptique qu'il met en place, ni pour son traitement du thème, plutôt classique, mais bien pour l'entité électronique qui tire les ficelles et se distingue de celles que j'ai pu croiser par ailleurs.
Autre excellent texte: Terre de Fraye, de Jérôme Noirez. J'avais découvert cet auteur pour qui beaucoup criaient au miracle avec Féerie pour les ténèbres, qui m'avait laissé de marbre, et cette nouvelle m'a agréablement surprise. Un monde vérolé (encore), où des créatures à la provenance incertaines montent des flots, tandis que le niveau de ceux-ci monte...
Un autre encore, "Les trois livres qu'Absalon Nathan n'écrira jamais". Une nouvelle où la Sf est un prétexte, une ficelle qui permet de donner vie à un personnage de détecteur d'artiste, et surtout une réflexion poétique et noire sur l'écriture.
A côté d'autres nouvelles de qualité, se trouvent aussi quelques ovnis littéraire. Daylon et David Calvo, surtout... si je n'ai vraiment pas compris grand-chose au 2e, le premier m'a d'autant plus déçue que l'idée de départ me semblait hyperGâchée par un style dépouillé, qui s'est sans doute voulu poétique et a fini pauvre, et le choix d'un point de vue secondaire à ce qui aurait pu faire l'intérêt de l'histoire. Je l'avoue, rien ne m'agace plus que de voir lancer des mystères, des évènements (ici, la présence dans le ciel de géants reliés à la terre par une sorte d'ancre ombilicale), et des les délaisser complètement, plantant là le lecteur. Surtout pour centrer l'histoire sur une relation d'une banalité à pleurer entre un homme et une femme.

Au final, une anthologie toutefois agréable, même si je ne la trouve pas à la hauteur de ce qu'aurait mérité Lunes d'encre.

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Galaxies NS n°7

16 Février 2010 , Rédigé par Angua Publié dans #Lectures SFF

416442galaxies7Le Galaxies NS nouveau est arrivé ! Et je l’ai terminé. Pour ne rien vous cacher, c’est d’ailleurs celui de la nouvelle série que j’ai lu le plus rapidement et le plus apprécié.

Les revues et fanzines de SFF ont en général une qualité que j’adore, à laquelle ne déroge pas ce numéro : elles me donnent envie de lire, et ce numéro n’a pas failli. J’y ai tout d’abord découvert Martin Winckler. Non que je n’en aie jamais entendu parler auparavant, mais il faisait partie de ce vague marasme de nom d’auteurs « à lire un jour si l’occasion de présente ». C’est chose faite, avec « Alice in Wonderland », nouvelle d’ouverture, où l’on croise un médecin passionné de jazz et un mystérieux collègue, disparu sans laisser de trace alors qu’il menait des recherches destinés à soulager le moment du passage de la vie à la mort. Si je l’ai trouvé bien écrit, j’avoue que ce texte m’a laissée un peu perplexe. Peut-être parce que le jazz est un langage que je maîtrise mal (voire pas du tout), à moins que ce ne soit la structure « circulaire » de l’intrigue… toujours est-il que l’entretien avec l’auteur m’a davantage convaincue. Et ça tombe bien, la trilogie Twain est au chaud à portée de main.

La nouvelle de Gaiman, « L’affaire des vingt-quatre merles » est un texte sans prétention, bien agréable, et…  qui aurait pu porter le même titre que celui de Winckler. Je me demande si c’est l’effet Burton, mais en tout cas, les personnages de Lewis Caroll semblent avoir le vent en poupe.

Si j’ai bien ri avec « Le Printemps des murailles » de Fabien Clavel (non que ce soit un texte drôle, ni une thématique réjouissante que celle des clivages qui scindent une société, mais la numérotation des CSP est un sujet d’humour familial. Si, si. Moi qui appartient à deux catégories, et suis, comme une partie des sondés, plus ou moins classable, ça m’amuse beaucoup), le texte que j’ai préféré est de loin « Eternité.com », ou l’art de pousser le vice pathétique du commerce virtuel à son comble. Un texte vraiment excellent, où j’aurais juste aimé un peu plus de surprise à la fin.

Enfin, je conclurai sur ce numéro avec le dossier sur la SF d’Amérique latine. Jacques Fuentealba en parle avec enthousiasme et passion, et aurait presque réussi à me faire regretter d’avoir été totalement réfractaire l’espagnol durant toute ma scolarité. Presque seulement, vu que certains textes traduits sont disponibles !

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Les lectures d'après minuit.

15 Février 2010 , Rédigé par Angua Publié dans #Lectures d'après Minuit

Je fais souvent un constat sans grande originalité, à savoir que j'aimerais lire plus, surtout ces tas de bouquins de toutes sortes qui s'entassent n'importe comment faute d'une bibliothèque correcte où les ranger. Et que la proche présence de la Municipale, de bibliothèque, à quelques mètres de ma porte, n'aide pas à faire descendre ces piles qui augmentent de manière aussi mystérieuse qu'inexplicable.
Un autre constat: j'aime lire des livres "sérieux". Oui, je le mets entre guillemets, car j'entends par là "livres qui demandent la connexion de quelques neurones au moins, soit pour y réfléchir sérieusement, soit pour ne pas passer à côté". Et j'aime aussi lire des livres qui ne font appel à aucune compétence neuronale particulière, vous savez, ces intrigues inlâchables, vite lues (voire, vite oubliées), sans grande originalité, mais qui font néanmoins beaucoup de plaisir.
A une époque, je les réservais aux transports communs, dans lesquels je passe peu de temps cette année. Du coup, ça ne marche plus, je devais donc revoir mon organisation faillible.
Et j'ai trouvé! Je déclare donc l'ouverture d'une nouvelle catégorie dans ce blog, à savoir Les Lectures d'après Minuit. Des lectures sans prise de tête, qui pourraient être honteuses, mais qui auront l'excuse d'être trop tardives pour exiger décemment quelque réflexion que ce soit! Et attention: je vais jouer le jeu: hors de question de les ouvrir AVANT l'heure fatidique. (sauf cas extrême, mais bon, là, je verrai avec ma conscience).

croix-de-feu.jpgJ'inaugure dès aujourd'hui cette nouvelle classification, avec ma première vraie Lecture d'après Minuit: La croix de feu, de Diana Gabaldon. Je sais, j'avais dit que je ne rechuterais pas de si tôt. Mais que voulez-vous... c'est les vacances, j'avais une pile énorme de lectures SF urgentes  qui méritaient d'être lues sérieusement, et même si je ne m'emmêle jamais les pinceaux en attaquant plusieurs bouquins de front, je sais que passé un certain nombre d'heures, mon attention décroît. Bref, je n'avais pas le choix, il me fallait un truc pour m'endormir!
Sauf que... ceux (enfin, a priori plutôt "celles") qui connaissent la série Le Chardon et le Tartan savent que ce n'est pas si simple... il s'agit d'une vraie Lecture d'après Minuit, au style simple, reposant.

Claire, Jamie, Brianna, Roger et les autres sont réunis au gathering du nouveau monde, où le jeune couple doit enfin se marier. Bien évidemment, ce n'est pas si simple. Il se passe finalement peu de chose dans la première moitié de ce livre, mais j'avoue que je prends de plus en plus de plaisir à imaginer la vie de l'époque, sur laquelle Diana Gabaldon n'hésite pas à donner foule de détails, habilement intégrés au récit. Malgré le peu d'actions, auquel elle ne nous a décidément pas habitués, l'ensemble se lit toujours aussi facilement et avec la même impatience.
Regret (et agacerie!): à celles qui comme moi se retrouvent avec cette édition entre les mains: méfiance! L'édition en poche scinde ici un grand volume, du coup... on s'arrête ici net quand l'action doit enfin commencer. Et ça, c'est vraiment fourbe.
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Nous nous reverrons... hier (Fabrice Nicolas)

12 Février 2010 , Rédigé par Angua Publié dans #Lectures SFF

NOUS-NOUS-REVERRONS-HIER.jpgLes toutes jeunes éditions Lokomodo rééditent les romans de Nuit d'avril! Dont Nous nous reverrons... hier.
Tout commence au moment de l'éclipse de 1999. Paris, Trocadéro. Trois amis d'une vingtaine d'années, Bob, Nicolas et Capucine, se sont donnés rendez-vous pour vivre l'évènement ensemble. Grand bien leur en a pris: quand un raz-de-marée temporel les propulse dans une seconde guerre mondiale qui aurait pu être celle des livres d'histoire, ils survivent ensemble pour affronter l'impossible.
Mais je m'égare. Leur retour à la conscience n'a pas lieu si tôt pour le lecteur, qui croise dans les premiers chapitres un certain Cross, directeur d'un institut ultra-secret officiant au début des années 2100, au sein d'une entreprise en partie financée par l'armée. S'il est officiellement question de chercher à créer un trou noir pour y envoyer les poubelles de l'humanité, étouffée par la pollution et ses ordures, le projet réel est bien plus complexe: il est question de voyage dans le temps... Nous découvrons aussi un curieux personnage, voyageur temporal débarquant dans les années 20,  Munich, en quête d'un aspirant politique tristement célèbre...
L'enjeu de l'intrigue se construit peu à peu: ce voyageur n'est qu'un abject évadé du futur, décidé à réécrire l'histoire à sa façon! Et les trois jeunes héros (autrement appelés "la fine équipe" en sous-titre, ce qui me laisse pour le moins perplexe, mais passons) s'avèrent les seuls survivants parmi les innocents parachutés dans une année autre que la leur. Voire les seuls survivants tout court, si on met à part l'étrange professeur qui les accueille dans le laboratoire temporel qui a pu échapper au raz-de-marée.
A priori, j'aime les histoires de voyages temporels. Le souci est que j'en ai lues beaucoup, qu'il en a été écrit encore plus et que... c'est une thématique où l'innovation devient difficile. Mais j'étais prête à jouer le jeu, à laisser de côté les grosses ficelles bien connues de l'évènement-passé-modifié-qui-modifie-notre-présent-mon-dieu-que-faire. Hélas... rien de nouveau ici.
L'intrigue souffre aussi, encore hélas!, d'une erreur de casting. Si le futur alternatif et ses hommes en déliquescence tiennent la route, tout comme l'infâme Cross ou le Maître (le voyageur temporel, méchant un peu caricatural mais globalement crédible), ce n'est vraiment pas le cas des héros, et encore moins des évènements qui les amènent à le devenir. Les trois amis sont (comme par hasard!) les seuls survivants parmi les milliers de personnes balancées dans le passé, admettent à une vitesse ahurissante leur situation ("ah? Nous, aller dans le passé? ok, c'est cool."), et l'improbable professeur qui les envoie... m'a laissée au moins aussi pantoise que le pseudo-militaire qui les forment en une heure. J'ai toujours du mal à comprendre comment, oui, comment, le quidam moyen peut se trouver brutalement super-héros à qui on met le destin du monde entre les mains, et je le comprends encore moins quand on a un soldat hyper entrainé sous la main. Enfin, je dis ça... je sens qu'au fond, je suis surtout agacée par le personnage de Bob. Un vague ersatz de Berurier jeune, la drôlerie en moins, dont je me suis demandée l'utilité à chaque apparition. Bref, je ne suis pas convaincue.
Refermant le premier tome de ce roman, je me suis fait une réflexion qui m'a fait frémir.
Et si ce livre avait porté la mention "jeunesse"?
Réponse à moi-même: j'aurais pardonné ces incohérences. Non que je prenne les jeunes pour des imbéciles, mais parce que je trouve qu'à moins de ne jamais avoir lu de SF, il est vraiment difficile d'apprécier ce roman.
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Maïté Coiffure; Miss Charity (Marie-Aude Murail)

4 Février 2010 , Rédigé par Angua Publié dans #Lectures jeunesse

Oui, je suis flemmarde, et je vous fais un seul article pour le prix de deux (va bien falloir que je me remette à jour de ces lectures en retard...). Comme le hasard a mis deux romans du même auteur dans mes mains récemment, voilà une excellente occasion d'être efficace.

maite-coiffure.jpgCommençons par Maïté Coiffure. Je l'ai ouvert car il traînait dans mon sac (oui, oui, le sac du prof de français est toujours envahi par un tas de bouquins, sans qu'on sache vraiment pourquoi, ni comment ils y sont arrivés ) et n'avais rien d'autre à me mettre sous les yeux dans le bus. Louis a 15 ans, doit se soumettre à la coutume du stage en entreprise en 3e et se retrouve à pousser la porte du salon de coiffure fréquenté par sa grand-mère. Sceptique dans un premier temps, il y découvre finalement un monde nouveau et se laisse séduire par de la  jeune coiffeuse plus âgée que lui et malmenée par son rustre de petit ami, intriguer par le seul homme de la boutique et découvre finalement sa voie dans une branche qu'il n'aurait jamais envisagée auparavant. Bon, avouons-le: c'est gentillet, plein de bons sentiments mais extrêmement agréable à lire (surtout dans le bus!). Et pour une fois qu'en jeunesse, on nous parle d'homosexualité, et qu'en plus, ce n'est pas le sujet central du roman. D'ailleurs, mes élèves se l'arrachent depuis qu'un rebelle notoire me l'a rendu en me disant "C'est vachement, bien, madame!", c'est dire!

charity.jpgMiss Charity est arrivé de ma propre volonté, et pas seulement parce que son format rend le hasard de mon sac impossible. J'en avais lu plein de bonnes choses, entre autres chez Cunéipage et Cachou, et le lorgnais depuis quelques temps déjà au CDI du collège.
Et je ne le regrette pas. Charity Tiddler est une enfant de la bonne société victorienne, de ces petites filles qu'on ne sort de la nursery que pour l'exhiber aux invités avant son entrée dans le monde. Peu lui importe, elle est épanouie entre tous ses animaux (notons d'ailleurs que le 1er de ses lapins a droit à quelques jours de sursis avant la casserole et sera baptisé Pâté, histoire de s'habituer). La nature la fascine, elle se passionne entre pour les cultures de moisissures (intéressantes en plein soleil), l'aquarelle des champignons, et les tentatives de sauvetage de bestioles mal en point.
Ce roman est particulièrement réjouissant. Pas pour l'intrigue, sans surprise, mais vraiment pour le ton de Charity. Ce qui semble être de la naïveté dans les premières pages se révèle vite une profonde ironie, et j'ai vraiment bien ri à plusieurs reprises. Idéal pour oublier hier que le net était en panne!

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Terry Pratchett...

3 Février 2010 , Rédigé par Angua Publié dans #Un journal semi-littéraire

Ces derniers jours, je pensais envoyer un article intitulé "Chuis pas morte". Comprendront ceux qui connaissent Mémé Ciredutemps... Prise par beaucoup de malédictions chronophages, je voulais faire une synthèse rapide de mes dernières lectures, en attendant (espérant?) d'y revenir plus tard.

Et puis... panne de net. Réservation d'un créneau à la bibliothèque municipale, histoire d'assouvir mon geekisme aigu, visite éclair au forum d'ActuSF, où j'ai découvert la nouvelle. Me voilà quelques heures plus tard, ma connexion revenue, et je viens de prendre le temps de lire vraiment en détail cet article.

Je suis dans un état étrange. L'annonce de sa maladie m'avait fait une émotion, mais cet article me remue encore plus. Pourquoi? J'ai été assez souvent confrontée à la mort, celle sans majuscule, de la vie quotidienne pour souffrir sans fin à la disparition de proches, au point que les inconnus, célébrités, gens lointains... certes, c'est toujours triste, mais jamais encore je n'avais éprouvé cette forme de tristesse. L'oeuvre de Terry Pratchett a une place très particulière dans ma vie de lectrice, voire, ma vie tout court.

Tout a commencé il y a une douzaine d'années. Etudiante désoeuvrée dans mes 9 mètres universitaires standards, je suis allée m'inscrire à la municipale d'en face (oui, déjà à cette époque-là, des milliers de livres publics étaient mes voisins), en quête d'un truc à me mettre sous la dent. Consistant de préférence. Le bâtiment était tout bonnement hideux à l'extérieur, mais ses rayonnages s'étendaient à l'intérieur derrière de longues baies vitrées, mêlant tous les genres, une discrète gommette violette signalant les "genres de l'imaginaire". J'aime les bibliothèques, juste pour le plaisir d'y flâner, et j'aime les connaître, savoir quels sont les pavés qui ne sortent pas, que je ne lirai jamais, mais qui rythment le parcours de l'oeil le long d'une étagère.
Et puis, sur une étagère basse, une série de couvertures colorées. C'était les Annales, dans l'édition de l'Atalante. J'ai emprunté le premier tome sans lire la 4e, mon seul critère étant que si ça me plaisait, j'aurais de quoi faire.

Je ne sais pas si on peut parler de révélation. Je n'ai jamais été une grande lectrice de fantasy, mais la parodie, c'est un genre qui me parle.

Trois ou quatre ans plus tard, ma première connexion au net. (oui, je vous parle d'un temps que les moins de vingt ans... bref.). Il m'a fallu un pseudo, n'importe quoi. Je venais de terminer le Guet des Orfèvres, Angua s'est imposé. J'ai vaguement tenté d'en apprivoiser d'autres, mais celui-ci me convenait toujours mieux, et est devenu mon espèce de double virtuel, l'autre identité, qui me surprend toujours quand je repasse dans le monde du réel ou qu'on m'appelle ainsi plutôt que par mon prénom. Je lui dois cela aussi,  à Pratchett.

Les années ont passé. Aujourd'hui, il y a, si je ne me trompe pas, cinq titres que je n'en ai pas lus. Mais il y a quelques années, pendant quelques mois, Pratchett fut le seul auteur vivant dont j'avais lu toute l'oeuvre (je parle d'oeuvre conséquente, hein). C'est un des rares que je lis en anglais, même avec la conscience qu'une partie de sa subtilité m'échappe.

Et surtout... c'est le seul auteur que je relis aussi facilement. Que j'ai autant prêté, offert, laissé à d'autres (Trois Soeurcières... à racheter. Pour la 4e fois.). Celui vers qui je peux me tourner quand la vie est chienne, parce qu'il peut me faire pouffer de rire par un jeu de mots redécouvert. Qui me donne envie de lire Shakespeare à trois heures du matin. Qui crée un tel sentiment de connivence, dans ma vie quotidienne, par foule de private jokes avec mon compagnon et des amis. Qui n'a jamais pensé "Pain de nain!" au moins une fois à table après l'avoir lu?

L'homme est un inconnu que je n'ai jamais rencontré. Même si c'est grâce à lui que j'ai découvert l'existence des Utopiales (le lendemain du jour où il y était... oui, ma frustration est encore vive). Je ne l'ai jamais rencontré, et pourtant, son univers est chaque jour présent dans ma vie.

Et vraiment, en lisant cet article du Guardian, j'espère que la Mort saura oeuvrer avec la classe dont on le sait capable dans les Annales.
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