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  Journalsemilitteraire

Bill the Kid (Bill Bryson)

16 Janvier 2010 , Rédigé par Angua Publié dans #Lectures curieuses

bill the kidBill Bryson a grandi dans l'Amérique des années 50, soit à l'époque la plus heureuse possible et dans le meilleur des mondes.
Ce livre est un livre sur l'enfance, patchwork de souvenirs autobiographiques, qui construisent un image d'Epinal de cette période, mêlant insouciance et souci du détail historique. Détail rajouté a posteriori, l'auteur enfant ayant bien d'autres chats à fouetter que le MacCarthysme ou la baie des cochons. Par exemple, jouer à faire des batailles d'allumettes dans la cave d'un copain (vous ne connaissez pas? Le principe est simple: il consiste à se lancer des allumettes allumées en essayant de viser l'autre, le tout dans le noir bien sûr). Ou trouver le meilleur moyen de tuer le temps en attendant la prochaine foire aux bestiaux où il aura enfin l'âge d'entrer dans la tente où s'exhibe une strip-teaseuse.
Et ses parents, alors? Et bien, ce sont les parents rêvés, ou peu s'en faut. Son père est journaliste sportif et emmène son fils aux quatre coins du pays assister aux plus grands matchs quand il ne cherche pas le meilleur moyen de faire des économies, tandis que sa mère, une femme qui travaille, est responsable d'une rubrique de décoration, aussi étonnant que cela puisse paraître de la part d'une femme si distraite. Rendez-vous compte, chaque soir, son fils se doit de lui rappeler qu'il n'aime pas le fromage, et qu'il le sait pertinemment puisqu'il en a déjà goûté la veille!
Bref. Une autobiographie sans fil conducteur autre qu'une chronologie discrète de la tendre enfance aux premières années dans le secondaire, un texte savoureux où on rigole bien, dans un style qui rappelle parfois celui du petit Nicolas, la dépaysement en plus.
Une excellente lecture!
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Doubt (Yashiki Tonogai)

9 Janvier 2010 , Rédigé par Angua Publié dans #Lectures curieuses

doubt 1Connaissez-vous Les Loups-Garous de Thiercelieux ? Ce petit de société est très simple: chaque joueur vit dans une paisible bourgade, où, chaque nuit, des villageois se transforment en loups-garous et tue un innocent. Au petit matin, les joueurs votent et choisissent quelle tête doit tomber, cela jusqu'à ce qu'il ne reste que les loups ou les simples villageois...
Imaginons que le principe soit le même dans un jeu en ligne ultrapopulaire chez les jeunes japonais. Imaginons maintenant que quelques joueurs décident de se rencontrer IRL... mais que le rendez-vous tourne au cauchemar: ils se réveillent dans un bâtiment déserté, enfermés, dans une pièce voisine d'une autre où l'une d'entre eux a déjà été sauvagement assassinée... Qui les a amenés là? Pourquoi? Et surtout... le loup se cache-t-il parmi eux?
Vous l'aurez compris, l'histoire appartient à ces mangas qui tiennent en haleine et ne dévoilent que tout doucement le fin mot du mystère, l'alimentant de plus belle en parallèle. L'atmosphère mérite largement la comparaison à celle de Saw, aussi bien pour l'incompréhension totale qui règne dans ces deux premiers volumes que pour l'angoisse diffusée et croissante qui domine.
Je ne pense pas que j'irai plus loin dans cette série en cours de parution (elle ressemble décidément trop à Saw, qui n'était pas un film qui m'avait franchement passionnée), mais force est de reconnaître que l'ensemble est bien mené.


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L'historienne et Drakula (Elizabeth Kostova)

9 Janvier 2010 , Rédigé par Angua Publié dans #Lectures curieuses

histo et drakulaCelle qui s'annonce au début comme la narratrice de ce roman est une lycéenne, fille de diplomate américain, qui vit avec lui et surtout avec sa gouvernante à Amsterdam. Fille unique et chérie, sa mère est morte peu après sa naissance, et son père la protège  avec un amour farouche, ce qui a fait d'elle un caractère solitaire, une intellectuelle timide dont les études et les livres semblent être les seuls centres d'intérêt. En farfouillant dans l'immense bibliothèque familiale, elle tombe par hasard sur un livre extrêmement ancien qui lui avait échappé jusqu'alors: un livre vierge, sauf en son milieu où une gravure représente un dragon des plus menaçants. Mais qu'est-ce donc? Bien sûr, elle pose la question à son père. De là, commence une série de récits imbriqués les uns dans les autres, le premier étant celui du père, qui raconte l'histoire de son directeur de thèse à l'époque où il était étudiant, récit où viennent s'intégrer des lettres du professeur mentionné. Quelques mois plus tard, son père disparaît son laisser de trace (apparente du moins), et la jeune fille part à sa recherche, persuadée de savoir où il est allé.

J'ai finalement beaucoup de choses à dire sur ce livre. La structure, tout d'abord, me paraît inutilement complexe: entre les récits de l'un, les lettres de l'autre, qui s'intègrent dans un nouveau récit ou un nouveau document... ce texte joue aux poupées russes entre les moments où on retrouve la narratrice, que j'avais d'ailleurs fini par plus ou moins oublier, davantage intéressée par les aventure d'Helena, sa mère disparue et la curieuse enquête menée par elle-même et son futur mari.
Car au final, nous sommes "presque" dans un roman d'investigation. L'aspect réellement histo-drakula-2.jpgintéressant de ce roman réside dans l'éclairage historique fouillé qu'il apporte sur le mythe du vampire et la vie du fameux Vlad Tepes, sujet parfaitement maîtrisé par l'auteur. C'est d'ailleurs grâce à cela que je suis allée au bout des deux tomes: l'Europe de l'est est particulièrement bien dépeinte à l'époque du rideau de fer, que ce soit dans ses villes ou ses campagnes les plus profondes.
Pour profiter pleinement de ce roman, il faut finalement fermer les yeux sur les étrangetés narratives. Par exemple, le père écrit à sa fille dans une urgence extrême, s'angoisse à l'idée de ne pas finir! .... et s'embrouille dans des détails à n'en plus finir, telles des couleurs de tailleur ou des dialogues qui n'apportent pas grand-chose à l'explication qu'il est censé être en train de donner. Et ne parlons même pas des "rencontres heureuses dues au hasard", ni des documents "extrêmement rares, dont on ignorait l'existence" qui apparaissent miraculeusement.

Au final, il s'agit d'un roman plein de mystère avec des vampires, et de vagues histoires d'amour, dont je cherche encore l'intérêt pour celle de l'histoire cadre. Je crois que pour en profiter réellement, il faut l'aborder comme un documentaire plutôt que comme un récit, l'érudition rattrappant (heureusement) le peu d'intérêt de ce qui lui sert de prétexte.
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Mission Basilic - Honor Harrington, tome 1 (David Weber)

4 Janvier 2010 , Rédigé par Angua Publié dans #Lectures SFF

mission-basilic.jpgSouvent, pour ne pas dire quotidiennement, j'ai l'impression de n'avoir rien lu en matière de SF. Du coup, me donner l'illusion de pallier une énorme lacune est un sentiment récurrent quand je ne lis pas une franche nouveauté!

Au début des dernières vacances, je suis entrée dans une nouvelle librairie pour m'acheter un livre, évènement rarissime  s'il en est, et ce fut Mission Basilic, au sujet duquel j'avais lu nombreuses éloges et quelques blâmes, mais un bouquin qui me donnait l'impression, encore, une fois, d'être vraiment la dernière inculte et qu'il me fallait donc lire dans la plus extrême urgence!

Honor Harrington, donc, vient d'être promue capitaine de vaisseau, et suite à de fourbes manoeuvres politiques, et utilisée comme fusible et envoyée au fin fond de la galaxie assurer la sécurité autour de la planète Méduse. Un poste a priori sans grand intérêt, mais qui, vu de près, s'avère une vaste impossibilité pour qui veut mener à bien sa mission.
Heureusement, Honor, n'est pas femme à se laisser abattre, malgré les regards hostiles lancés par son équipage et l'inexplicable mutisme de son second, pourtant professionnel sous d'autres juridictions, et, forte d'une maxime très  la mode de nos jours, fait travailler plus pour... pour faire son boulot en épuisant les troupes.
Et elle s'en sort brillamment, tirant le meilleur de chacun, au point d'obtenir rapidement des résultats qui font parler d'elle dans les plus hautes sphères, cela malgré un certain nombre d'étrangetés observées chez les autochtones de la planète, habituellement plutôt paisibles...

Soyons honnête, il s'agit d'un excellent roman d'aventures, et d'une peinture des voyages stellaires et des batailles spatiales qui fait rêver par son réalisme (si, si, le réalisme peut faire rêver). Objectivement, j'ai trouvé de roman plutôt bon, malgré...
Malgré.
Malgré le suintement de bons sentiments et de valeurs américaines qui inonde chaque page. Au final, nombre de passages m'ont agacée au plus haut point. Honor est un personnage froid, purement professionnel, sans existence aucun en dehors d'un épisode de son passé évoqué lors de son arrivée à proximité de Méduse, et même son étrange chat sylvestre ne parvient à lui donner une réelle humanité. Et pour tout vous avouer... j'ai eu l'impression de lire un film de guerre américain tels que je les exècre, où une entité militaire agit aveuglément au nom du devoir, toujours manipulé par de sombres intérêts politiques ou financiers... Je sais que la réalité est ainsi faite. C'est sans doute pour cela que cette vision des choses me gêne autant, je lis aussi pour rêver...


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Le Monde perdu (Sir Arthur Conan Doyle)

3 Janvier 2010 , Rédigé par Angua Publié dans #Lectures SFF

Fin des vacances, envie de tout sauf d'attaquer le dernier paquet de copies. A rendre demain, idéalement. Bref, le moment parfait pour mettre ce blog à jour, car Procrastination, tel est mon second nom!

lost worldParmi de nombreuses lectures de vacances, j'ai relu Le Monde perdu. Ma première lecture datait de... pffiou! Au moins du lycée, si ce n'est du collège. Autant dire des lustres.

Malone est un journaliste amoureux d'une rêveuse, qui repousse ses avances, décidée à n'épouser qu'un aventurier, un homme prêt à risquer sa vie et ayant déjà connu de grandes aventures. Qu'à cela ne tienne! A peine ces mots entendus, Malone se rend à la rédaction de son journal quémander un reportage risqué, et se voit envoyé chez l'irrascible professeur Challenger, accusé de tous d'être un mystificateur.
La rencontre est houleuse, mais Malone parvient à séduire le professeur, et bientôt, une nouvelle expédition en Amérique du sud se dessine, expédition au sein de laquelle Malone devra jouer le rôle du narrateur. Au scepticisme des premières étapes du voyage succède l'émerveillement: et si Challenger avait raison? Et si ce plateau inaccessible avait réellement protégé des créatures et des êtres d'une autre époque?

On reconnait les classiques à l'atmosphère intemporelle qui s'en dégage, et Le Monde perdu correspond parfaitement à cette définition. S'il est besoin de définir le roman d'aventures, il suffit de (re)lire ce roman. les personnages peuvent paraître archétypaux à travers le filtre de ce qui se lit de nos jours, mais retrouver le sens de l'honneur de Roxton, l'esprit romanesque de Malone, et surtout, surtout, les caractères monomaniaques de Challenger ou Summerlee, scientifiques passionnés... c'est un délice. On en oublierait presque le regard condescendant porté sur les personnages secondaires tout droit sortis de l'esprit colonial d'alors, incarné par le brave Zambo, vous savez, le traditionnel serviteur noir
d'une fidélité à toute épreuve?

Malgré ce dernier aspect poussiéreux, le sentiment de lire un texte fondateur du genre fait un bien fou.


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