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  Journalsemilitteraire

Petits arrangements avec l'éternité (Eric Holstein)

14 Décembre 2009 , Rédigé par Angua Publié dans #Lectures SFF

PETITS ARRANGEMENTSEugène n'est pas un vampire, même si ces habitudes et sa nature pourraient le laisser croire. "Eveillé" dans les années 20, il a découvert sa vraie nature auprès de Slawomir, l'un de ses semblables, qui lui a présenté sa nouvelle vie et ce qui lui permettrait de survivre: les souvenirs des hommes. C'est donc d'impressions, de sensations, qu'ils se nourrissent, croisant parfois par hasard l'un des leurs qu'ils éveillent à leur tour en pensant se nourrir de ce qui transparaît dans leurs auras.
Eugène a une autre particularité: une gouaille parisienne bien trempée, curieusement associée à des goûts d'esthètes en matière de peinture. Sa seule faiblesse se nomme Grâce, archétype de la chieuse (si, si, bien que peu littéraire, le terme est idéal), qui a la sale habitude de se mettre dans des situations inextricables et, en fille partageuse, à y entraîner ceux qui l'entourent.
L'erreur commise cette fois n'est pas moindre: elle a révélé sa nature à l'un de ses multiples amants qui se met en tête de devenir l'un des leurs... et a des arguments qui méritant réflexion.
L'univers posé par Eric Holstein dans ce roman est des plus sympathiques et ses personnages de "vampires psychiques" ont une chaleur indéniable, même parmi ceux les plus détestables, la vision de la vie parisienne de ces créatures de la nuit emporte et déborde de réalisme, le tout dans un style savamment travaillé. Mais... il y a un "mais". Si l'idée de ces personnages et le monde qu'il leur crée est génial, j'avoue que l'ensemble de l'intrigue m'a laissée plutôt perplexe. Le point de départ, le caprice d'un homme (trop) riche, arrive bien vite et me semble bien mince, ce qui a gâché une bonne partie de ma lecture. Difficile de se plonger dans une histoire dont le début ne semble être qu'un prétexte pour donner vie à ce qui suit... d'autant plus que les figures qui apparaissent par la suite (dont un certain Copernic, pour ne citer que lui) en imposent, tout comme les conflits larvés qui hantent le monde des "éveillés"... sans même parler des derniers chapitres, qui se voudraient grandioses, mais m'ont paru bien rapides...
Heureusement que la plume est vraiment des plus agréables!
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Les âmes brûlées (Andrew Davidson)

11 Décembre 2009 , Rédigé par Angua Publié dans #Lectures SFF

ames-brulees.jpgUn acteur porno se réveille miraculé et gravement brûlé après un accident de voiture. Ses sensations ne sont plus que souffrances, seule la morphine parvient à lui faire supporter la guérison à laquelle s'acharnent les médecins en attendant sa sortie où il compte bien mettre fin à ses jours. Sa vie d'avant disparaît rapidement, remplacée par le rythme des soins et des regards horrifiés qui se posent parfois sur lui... jusqu'au jour où Marianne Engel entre dans sa vie. Soignée au service de psychiatrie de l'hôpital, elle est atteinte de ce qui semble être une sévère schizophrénie, et se présente à lui comme son amour de toujours, sans cesse retrouvé d'une vie à l'autre.
Impossible de la croire, surtout quand elle commence à raconter l'histoire qui aurait été la leur au XIIIe siècle. Néanmoins, une véritable amitié nait entre eux, lui, le monstre autrefois déshabillé par les regards concupiscents de la gent féminine, et elle, artiste fanatique à l'esprit dérangé.
Ce roman est surprenant. La couverture a de quoi laisser rêveur et annonce un pauvre roman d'amour cent fois écrit, aussi bien par l'illustration que par la 4e, mais l'intérieur est loin de tout ça. Je ne saurais dire si j'ai été touchée, mais en tout cas, il a remué quelque chose en moi. Pas besoin de chercher quoi pendant des heures: si certains poussent des cris hystériques à la vue d'une araignée, figurez-vous que ma phobie... et bien c'est la brûlure. Vraiment. Du coup, difficile de me concentrer vraiment sur les personnages et l'intrigue. J'en retiens surtout que le narrateur comme Marianne ont le mérite d'être atypiques, et l'histoire d'intégrer des récits d'autres temps et d'autres époques. Chaque fois des histoires d'amour qu'on pourrait qualifier de tragique...
La fin dégénère un peu (attention, spwales!). Le narrateur tombe dans un espèce de délire qui le conduit dans un enfer dantesque, long passage qui laisse perplexe et dont je ne vois pas franchement l'utilité. Tout comme la conclusion, qui vient classer ce roman dans la catégorie fantastique la plus traditionnelle, par une pirouette un peu trop facile à mon goût.
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