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  Journalsemilitteraire

Délivrez-moi (Jasper Fforde)

28 Novembre 2009 , Rédigé par Angua Publié dans #Lectures SFF

Après la parenthèse Twilight, j'ai enfin terminé ce second volume des aventures de Thursday Next! Il y a belle lurette que j'avais lu l'Affaire Jane Eyre, dans lequel je comptais me replonger car j'en garde un bon souvenir, quoique nébuleux.
Mais finalement...
Thursday est maintenant mariée à Landen, chez qui elle a emménagé avec Pickwick, le dodo de compagnie (sans doute toujours mon personnage préféré). Le succès de sa victoire sur Hadès fait d'elle une star au-delà des Opérations Spéciales pour lesquelles elle travaille, elle doit quotidiennement affronter le harcèlement de sa collègue Cordélia qui la contraint aux interviews et émissions télévisées à tout va, au grand désespoir de Thursday.
Vous vous en doutez, la vie ne peut se contenter d'être quotidienne pour elle, et les ennuis surgissent de tous côtés. Son père, en perpétuel va et vient entre les époques, vient l'avertir que la fin du monde est imminente, tandis que l'organisation Goliath se rappelle à son bon souvenir, désireux qu'elle délivre son agent enfermé précédemment dans le Corbeau d'Edgar Allan Poe...
Si mon souvenir est flou du premier opus,il ne comprenait pas d'ennui. Peut-être est-ce moins bon, peut-être était-ce une autre époque, mais si l'univers me semble toujours aussi passionnant et si le style me fait sourire, je trouve que cette fois, Fforde va un peu trop loin dans le n'importe quoi. Les intrigues s'emmêlent, les personnages livresques se multiplient ainsi que les services de contrôles,et... trop pour moi. Le tout reste bien rythmé, mais je ne me tournerai pas de suite par les prochains volumes.

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Pourquoi je ne devrais pas aimer Fascination

24 Novembre 2009 , Rédigé par Angua Publié dans #Un journal semi-littéraire

La lecture reste un grand mystère pour moi.
Pourtant, j'en ai lu quelques uns, des livres, et d'autres (moins nombreux) sur le fait de lire des livres.
Mais là, il y a vraiment quelque chose qui m'échappe.

Samedi soir, j'étais au cinéma pour voir le film au moins le plus culturel de l'année,  à savoir le deuxième volet de la saga Twilight. Objectivement, c'est plutôt mauvais, même si les (grosses) ficelles du film pour midinettes y sont habilement tirées. Entre le maquillage (outrageux ou à pouffer de rire selon les scènes), les effets spéciaux (les "monstrueux" loups-garou dignes de figurer dans un magasin de jouets), l'intrigue sans suspens (même si entre les deux bellâtres, je ne peux que m'étonner du choix final de cette gourdasse d'héroïne), des personnages sans grande épaisseur (au sens figuré s'entend, laissons de côté l'omniprésence de torses bodybuildés à l'écran)... bref. Je savais ce que j'allais voir, et je l'ai vu.

Je suis rentrée perplexe. Si perplexe que j'ai fini par commettre l'impensable: ouvrir l'un des précieux cartons où sont rangés mes bouquins de SFF en attendant que les travaux de la maison aient passé l'étape de la grosse bibliothèque. Je savais que je finirais par craquer, je devrais même avoir honte que ce soit pour ressortir S.Meyer, mais j'avais besoin de savoir! Et de comprendre! Du coup, je viens d'enquiller coup sur coup les deux derniers tomes pour la seconde fois.
Et je suis toujours aussi perplexe. Je n'aurais même pas eu besoin de cette nouvelle lecture pour faire la liste qui va suivre.
Car si j'y réfléchis, TOUT ou presque devrait me déplaire dans ce bouquin:
- Bella, la narratrice, est niaise à pleurer, capricieuse et vraiment stupide
- les vampires n'ont pas franchement la classe
- l'ensemble suinte les bons sentiments
- une pudeur qui a tout de la pudibonderie: un tome entier pour un premier baiser, quatre pour arriver au lit (et encore, au lit de noces)
- des pages (voire, des chapitres entiers) d'hésitation entre un vampire que n'a que sa beauté pour lui et un loup-garou franchement plus agréable (oui, le côté gentleman-dandy-yeux humides d'admiration... très peu pour moi). D'hésitation entre, l'androgyne angélique, qui s'affadit pourtant d'une page à l'autre et l'Homme, le vrai. (le vrai, mais sans les poils de torse, n'effrayons pas le public adolescent)
- des sentiments au moins plus forts que tout, mais basés uniquement sur la beauté (ou l'odeur), des amours bien superficielles en vérité, où ce qui semble être essentiel est de vivre avec l'homme/la femme le plus beau/la plus belle du monde. De préférence en perdant les deux sous de jugeotte qui pouvaient rester dans le crâne de Bella.
- un déterminisme scandaleux de chacun des personnages (entre le vampirisme, les loup-garous, les histoires d'imprégnations... finalement, il ne manque que les dieux, et nous serons dans une tragédie)
- une action uniquement centrée sur les mièvreries que se débitent des personnages transis d'un amour souvent à la limite du compréhensible
- un travail stylistique proche de zéro
- une traduction qui fait frémir au niveau de la syntaxe. (je pourrais ajouter que rebrancher inconsciemment mon cerveau me dérange dans ce genre de lecture, c'est vrai quoi, on pourrait au moins espérer avoir la paix sans s'interrompre pour se demander pourquoi les trois neurones en service hurlent tout à coup)

Et pourtant. Il y a un TRUC qui marche et fait que j'y trouve un certain plaisir de lecture.... c'est perturbant.
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La Quête d'Ewilan, tomes 1 et 2 (Pierre Bottero)

23 Novembre 2009 , Rédigé par Angua Publié dans #Lectures jeunesse

Tristement, c'est le décès de Pierre Bottero qui accéléré ma découverte de cette série que je me promettais de lire depuis un bail. Je vais toutefois laisser cette information de côté pour parler de La Quête d'Ewilan...

Et ce ne sera pas forcément chose aisée.
Tout commence le jour où Camille se retrouve face à un camion qui manque l'écraser de justesse: elle ne doit sa survie qu'au passage fortuit dans un univers autre, où l'accueille un chevalier combattant une étrange créature. Les bizarreries se multiplient jusqu'à ce qu'elle découvre la vérité, accompagnée par son fidèle ami Salim: elle est en réalité originaire d'un monde parallèle au notre, où elle est l'héritière d'un pouvoir qui peut sauver les humains dans une guerre qui les oppose à d'horribles créatures, franchement peu sympathiques.

Bon.
En toute franchise, j'ai souvent pensé à une soirée fort joyeuse lors de laquelle un ami alors très gai avait déclaré philosophiquement que "Le Seigneur des Anneaux n'était qu'un film sur la randonnée." Parce que... c'est ce qui résume le plus fidèlement ces deux premiers tomes. On va dans une ville, on va dans une autre, une troupe se forme, des liens se créent et... tout ce qui m'horripile dans la littérature de jeunesse se réunit, si je suis encore un peu curieuse à la fin du premier tome, les chances que je lise un jour le dernier sont bien minces. Ma déception a vraiment été grande... j'avais lu beaucoup de positif sur l'oeuvre de Bottero et ces romans qui, d'après des collègues, a donné l'envie de lire à certains, et je m'attendais à mieux.
A classer dans ces oeuvres "passerelles", donc, qui ouvrent des perspectives aux non-lecteurs ou profanes du genre... mais au final, je n'ai trouvé dans ces pages qu'une Nième histoire de quête, où tout le monde se fait "des grands sourires", où les gentils s'aiment beaucoup et où les décisions irréfléchies ont toujours raison.
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Aldébaran (Léo)

15 Novembre 2009 , Rédigé par Angua Publié dans #Lectures curieuses

Mis à part un article tout récent, il y a longtemps que je n'ai parlé BD autrement que sous la forme de manga!
Parce qu'il y a longtemps aussi que j'en ai lu (si on laisse de côté la série des Astérix, fraîchement rentrée dans notre bibliothèque). Je crois d'ailleurs que c'est la première fois que j'engloutis tant de tomes d'un même auteur à une telle vitesse.

Aldebaran est une planète colonisée par la Terre voilà plus d'un siècle. Les hommes ont perdu tout contact avec la planète d'origine depuis une centaines d'années, et seule la jeune Kim caresse l'espère que le contact se reprenne... Un jour, arrive un étranger du nom de Driss qui vient mettre en garde les habitants du village de pêcheurs où elle vit: une catastrophe imminente se prépare! Mais tout le monde refuse de l'entendre, malgré des signes avant-coureurs... et quelques heures plus tard, le village se voit entièrement détruit. Pourquoi? Quelle est la force mystérieuse qui est à l'origine de la catastrophe? Et surtout, qui est ce mystérieux Driss que le gouvernement souhaite à tout prix arrêter?
Je ne vous résumerai que le premier volume, car découvrir l'univers d'Aldebaran et les mystères qui s'y croisent est un pur plaisir. Malgré quelques situations convenues, les personnages sont surprenants de réalisme, peut-être toutefois trop entachés de manichéisme si on songe aux représentants du gouvernement, totalitaire s'il en est.
L'intérêt de cette série n'est pas là. Il est bien dans la Mantrisse, âme mystérieuse qui hante les océans de la planète Aldebaran, et dans toutes les créatures croisées au fil des pages... le dessin me laisse indifférente en général, mais j'avoue que j'ai été vraiment séduite par plus d'une planche. Une excellente, excellente découverte, et je ne peux que remercier assez mon bibliothécaire de m'avoir conseillé d'emprunter la suite plutôt que seulement les deux premiers tomes!

Pour le plaisir des yeux, j'en profite pour vous conseiller d'aller faire un tour sur le site de Léo. Si avec ça, vous n'avez pas envie...
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Specials (Scott Westerfeld)

13 Novembre 2009 , Rédigé par Angua Publié dans #Lectures jeunesse

Voilà une situation problématique.
J'ai passé la première moitié de ce livre (suite de Uglies et Pretties, sur lequel je n'avais rien écrit), à e demander pourquoi je l'avais emprunté. L'intrigue tourne en rond: Tally, l'héroïne était dans le premier tome chez les Uglies, puis devenait Pretties malgré elle avant de revoir sa façon de considérer le monde, puis devient Spéciale encore malgré elle... le va et vient entre un camp et l'autre finit par devenir franchement lassant.
D'autant plus que le début a vraiment des airs de déjà vu: encore le bonheur d'être intégrée au sein d'un nouveau groupe, encore de longues allusions à l'écrasante supériorité de ceux qui ont été modifiés par la chirurgie de façon à devenir des sur-hommes... bref, de quoi réellement s'interroger sur l'intérêt de cette lecture.
Au fond, il y en a peu.
Enfin un peu de nouveauté à la fin, sous forme de débuts d'une guerre, mais celle-ci se préparait depuis si lontemps qu'il n'y a aucune surprise pour le lecteur.
Et pourtant.
Et pourtant, j'ai envie de savoir comment ça se termine! Fou, non?
Par chance, chaque tome est vite lu et sans effort d'attention particulier. Du coup, je vais aussi emprunter le dernier, j'ose espérer que la fin de Specials n'augure pas à tort quelques innovations dans l'opus final... Bref, problématique.
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Colère (grosse)

10 Novembre 2009 , Rédigé par Angua Publié dans #Un journal semi-littéraire

Ceux qui me connaissent savent que je suis une grande râleuse, et que j'ai rapidement un langage des plus fleuris quand je m'agace (d'ailleurs, j'en connais quelques uns qui, suivant mon élégant exemple, parlent de "foutrechiottes" plutôt que d'assureurs, mais ceci est une autre histoire).
Quotidiennement, je trouve sujet à piquer des colères dans l'actualité, particulièrement fertile en conneries, dégouliniaiseries, et non-sens politiques.  Mais ce blog n'étant pas composé de billets d'humeur, je me modère et vais cracher mon fiel agacé ( juste titre, toujours) ailleurs.
Mais LA... il est question de littérature.
De liberté d'expression.
 
Avez-vous entendu parler d'Eric Raoult?
J'ai découvert ce personnage hier, dans cet article ahurissant. La mâchoire m'en est tombée.
Qu'un député tienne de tels propos me scandalise. Vivre dans un pays où un tel homme a été élu m'inquiète et m'effraie...
Décidément, la démocratie va mal. J'avoue qu'en plus de la colère, j'éprouve un réel malaise en lisant ce genre de choses.
En illustration, une suggestion de lecture de circonstance, pour la peine.
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Le Dernier Chasseur de sorcières (James Morrow)

10 Novembre 2009 , Rédigé par Angua Publié dans #Lectures classiques

Ah, James Morrow.... plus je le lis, et plus je l'aime...
J'ai trainé un peu avant de m'offrir le Dernier Chasseur de sorcières, et, honnêtement, c'est franchement une honte. C'est de ma faute aussi, je croyais bêtement que c'était un roman historique. Certes, tout roman historique peut avoir des allures d'uchronie, mais je ne me sentais pas d'humeur.
Puis j'ai commencé ce roman.
Il nous raconte la vie de Jennet Stearne, qui a moins d'une dizaine d'années en 1688, et est éduquée par sa tante Isobel, femme férue de sciences tandis que son père exerce par monts et par vaux le dur métier de chasseur de sorcières. Bien sûr, science et croyance ne font pas bon ménage, et les choses tournent mal pour Isobel, pourtant décidée à prêter main forte à son beau-frère en tentant de prouver la présence de preuves diaboliques dans les familiers des condamnées.
Isobel meurt sur le bûcher, malgré les efforts de Jennet pour faire intervenir Newton lors du procès, dans l'espoir d'une démonstration de la non-existence des démons.
Jennet promet de consacrer sa vie à prouver que la sorcellerie n'existe pas, et suit quelque temps plus tard son père et son frère, futur successeur de la charge familial en Amérique.
Il faut lire ce roman. Les rebondissements sont riches et nombreux, l'érudition réjouissante, la plume de James Morrow affûtée comme jamais... et le narrateur n'est autre que Principia Mathematica d'un certain Isaac Newton, excusez du peu. La peinture d'un pays naissant est aussi touffue que colorée, et surtout, surtout, la galerie de personnages passionnantes. Qu'ils soient pures créations ou inspirés de l'histoire, leur efficacité est la même, que ce soit pour Barnaby, conservateur d'un musée de l'étrange composé de foetus déformés en bocaux, ou encore Ben Franklin, déjà un génie passionnant. Et toujours, derrière un cynisme et un humour à toute épreuve, une véritable réflexion de fond sur la condition humaine et son rapport au monde, et à Dieu...
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Des Lendemains sans Nuage (Meyer, Gazzoti, Vehlmann)

10 Novembre 2009 , Rédigé par Angua Publié dans #Lectures curieuses

Ce qui est hyper agréable quand on revient des Utopiales (et qu'on laisse de côté la question vexante des finances), c'est qu'on en ramène un tas de trucs vers lesquels on ne se serait jamais tourné en restant chez soi.
Des Lendemains sans Nuage entre dans cette catégorie. D'autant plus que des BD, vu que je n'en lis pas, ce n'est pas moi qui vais en acheter! Preuve est faite (si besoin était) que c'est un tort.
Tout commence dans un futur aseptisé qui ressemble à plusieurs romans bien connus. Le monde est aux mains de F.G.Wilson, homme à la tête d'un groupe financier immense qui a une main mise sur chacun entre autres grâce  l'implant de puces cérébrales qui ont pour particularité d'empêcher quiconque de s'en prendre à lui.
Un homme décide de changer le cours de l'histoire, et revient dans le passé, au moment où la vie de Wilson aurait pu prendre une tournure radicalement différente: la biographie de ce dernier révèle qu'un manuscrit lui a été volé dans sa jeunesse, mettant fin à une carrière prometteuse avant même qu'elle ne commence.
Nolan Ska part donc à la rencontre du jeune Wilson... et découvre que ses talents littéraires tiennent purement du mythe.
Une BD d'un genre complètement nouveau pour moi: l'intrigue principale est enrichie d'histoires brèves, à la manière de nouvelles émaillant un texte (au fait, parle-t-on de nouvelles dans la monde de la BD?), et des nouvelles de SF comme j'en lis finalement peu.
Rien de révolutionnaire dans les idées (je me demande toujours si L'homme pressé ne serait pas inspiré d'une nouvelle où tous les hommes sont dopés et où les JO ne sont plus que des affrontements de laboratoire... nouvelle que je n'ai pas lu et dont j'ignore le titre... peu pratique pour la trouver et vérifier! Si vous voyez de quoi je parle, ça m'intéresse!), mais un ensemble bien mené et avec de fines touches d'humour.

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69 (Anthologie sous la dir.de Charlotte Volper,avec la complicité de Jérôme Vincent et Eric Holstein)

6 Novembre 2009 , Rédigé par Angua Publié dans #Lectures SFF

Une anthologie de Sf érotique, quoi de plus prometteur? 69 rassemble 12 nouvelles de grandes plumes actuelles du genre. Et quand on parle de plumes... ce sont, entre autres, celles de Stéphane Beauverger, Maïa Mazaurette, Mélanie Fazi ou encore Joëlle Wintrebert qui écrivent ici. Douze textes qui ont en commun une sensualité débordante, un goût prononcé pour l'affûtage des mots, la recherche d'univers charnels envoutants, dérangeants ou décalés.
Une bien agréable surprise, que je n'aurais pas cru ramener des Utopiales (il fallait bien un prétexte pour aller causer à Maïa Mazaurette, que voulez-vous!), et que je ne regrette absolument pas.
Berthelot nous entraîne dans un cinéma futuriste où le peplum est devenu interactif, Mazaurette (oui, encore elle) dans une lune de miel a priori des mieux orchestrées, Sylvie Lainé dans une réflexion de fond sur ce qui compose le plaisir charnel... Le plus beau des textes est certainement celui de Mélanie Fazi, auteur dont j'ai souvent entendu parler sans encore prendre le temps d'en lire quoi que ce soit, et ce fut réellement une belle découverte. Sa nouvelle, Miroir de porcelaine, est d'une très grande poésie, dans ces zones limitrophes mal définies entre fantastique et SF et vaut vraiment le détour.
Et puis, surprise! Gudule n'est plus pour moi l'auteur de la gentillette Bibliothécaire, mais aussi un auteur accompli pour adultes. Dans tous les sens du terme.
Au final, un recueil vraiment sympa, qui réussit le tour de maître de rester fidèle au genre de la Sf sans jamais basculer dans la pornographie, ce qui était loin d'être gagné avec une telle thématique et qui a en plus l'avantage non négligeable de m'avoir donné envie de découvrir d'autres écrits des auteurs mis à contribution.
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Le passage (Louis Sachar) ou La Morsure du Lézard

4 Novembre 2009 , Rédigé par Angua Publié dans #Lectures jeunesse

La vie fait parfois bien les choses. Ou plutôt réussit à se rattraper des malheureux hasards qu'on y rencontre. Car, en toute honnêteté, je me serais bien passée de la grippe (oui, vraisemblablement celle dont tout le monde parle), mais quitte à l'avoir, j'aime autant avoir de littérature jeunesse sous la main plutôt qu'être condamnée à me dire que je ne comprends rien à rien de ce que je lis (oui, l'option magazine féminin quand je grelotte emmitouflée sous ma couette, ça me déprime).

Voilà donc un heureux hasard que celui qui me fit faire le tour des blogs de ma connaissance avant d'aller écumer les rayons de ma voisine la bibliothèque municipale. En général, de douloureuses hésitations, que vous comprendrez d'autant mieux si je précise qu'une des bibliothécaires est (grande) lectrice de SF et en fait bien profiter les rayons.
Et puis, en une veille d'Utopiales, je voulais être raisonnable et ne point trop en ramener, des livres. Et puis, un titre de jeunesse, c'est vite lu, et toujours ça de pris pour éventuellement en parler en classe.

C'est donc en ayant fraîchement lu l'avis plutôt enthousiaste de Liliba que j'ai cherché Le Passage. Enfin, cherché avec l'aide du charmant bibliothécaire jeunesse, car pour une obscure raison, le roman avec lequel je suis rentrée s'appelle La morsure du lézard, ce qui s'explique finalement par l'adaptation Disney du roman sous ce titre. N'aurais-je été malade quand j'ai commencé ma lecture, ce détail aurait dû me mettre la puce à l'oreille.

Holes, donc, pour reprendre le titre choisi par l'auteur (le seul des trois que je trouve justifié et compréhensible) est l'histoire de Stanley Yelnats, condamné à tort à être envoyé dans un camp de redressement pour jeunes délinquants. La vie s'annonce sombre là-bas: sa punition et celle des co-détenus consiste à creuser chaque jour un trou d'un mètre cinquante de profondeur et de diamètre, dans le vague espoir d'y trouver quelque chose qui intéresse le Directeur et permette d'obtenir une journée de repos...
Très vite, je me suis sentie mal à l'aise dans ce roman. C'est finalement une pure histoire de maltraitance et d'abus de pouvoir que celle que nous raconte Louis Sachar, un enfer sur terre qui n'a l'air de déranger personne, à croire que les Américains seraient coutumiers du fait (ce qui n'est peut-être pas faux, je n'en sais rien en fin de compte). J'avoue que je craignais un peu le Happy End, et les hasards les plus improbables qui débloqueraient la situation et... je les craignais à juste titre. Même embrumée par les miasmes et la fièvre.

Un roman pas si mal écrit (ou bien traduit?), mais une intrigue qui me laisse de marbre. Trop d'irréalisme et de hasards heureux, trop de personnages manichéens... bref, tout ce qui me dérange. Mais soyons honnête: quand mon cerveau mouline à vide, ça passe très bien... et je suis sûre qu'il plairait à plus d'un de mes élèves.

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