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  Journalsemilitteraire

Nana (Emile Zola)

29 Juin 2009 , Rédigé par Angua Publié dans #Lectures classiques

Il n'est décemment pas possible de résumer un roman tel que Nana comme n'importe quelle oeuvre.
Déjà parce que l'auteur en est Zola, donc pas n'importe qui.
Ensuite parce que ce que je connaissais déjà des Rougon-Macquart fait que j'ai pour lui une tendresse particulière.
Enfin, parce que je suis passée par une fac de lettres et que j'ai la prétention d'enseigner la littérature un jour, et que du coup, évoquer Zola met haute la barre de l'article de blog.

Mais je ne suis pas du genre à me mettre une pression inutile, donc je relève le défi: tenter de parler de ce roman comme les idées me viennent, suivant la méthode bien connue et toujours utilisée sur ce blog du "j'en dis en gros ce qui me passe par la tête".
Nana est la fille de Gervaise (raison pour laquelle il faudra que je relise l'Assomoir un de ces jours pas trop lointains), et le roman éponyme débute par une représentation théâtrale où elle tient le premier rôle, celui de Vénus, femme par excellence, féminité dans toute sa splendeur, fantasme masculin incarné. Les hommes sont à ses pieds, ce qui lui permet de vivre, suivant l'usage des cocottes de l'époque... oui, même si le mot n'est jamais lâché, nous sommes en présence d'une prostituée de luxe.
Jamais ce n'est dit pour une raison simple: Nana est une "femme raisonnable". Naïve, candide, immature, le seul domaine qu'elle comprend parfaitement est celui des plaisirs de la chair dont elle ne se prive pas, quand bien même ils l'entraînent dans des lits peu agréables. Non parce qu'il faut bien vivre, mais parce qu'au fil de son ascension, son goût du luxe et tape à l'oeil se développe, sans cesse alimenté par des hommes fous d'elle prêts à tout pour s'assurer sa fidélité, sinon ses faveurs... jamais l'expression d''affection négociable" labelisée Pratchett n'a si bien pris son sens. (non, je n'ai même pas honte du rapprochement!)
Bien entendu, Nana porte elle aussi la tare familiale héritée de la grand-mère Fouque et finit tragiquement, après une vie qui n'a de réaliste que le cadre parisien qui s'achève par la déclaration de guerre prusse.

Un grand moment de Zola (pléonasme), un grand plaisir de lecture, accessible à tous les curieux de classiques!

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J'y étais!!!

7 Juin 2009 , Rédigé par Angua Publié dans #Un journal semi-littéraire

Mais où?
M'enfin!
Au So Famous Books and the City, édition 2009! Eh oui, hier j'ai fait partie des Happy few qui ont vadrouillé dans Paris en faisant chauffer leurs méninges et/ou leur connexion au net pour résoudre de multiples énigmes littéraires, tout en allant d'un lieu à l'autre en quête d'organisatrices au Glamour incontestables, tout aussi frigorifiées eut-elles été. D'ailleurs, pour tout vous avouer, elles n'étaient pas les seules...
Pour résumer cette journée fantastique, je me suis levée aux aurores pour prendre le train et être sûre de ne pas manquer le départ. Bien évidemment, je suis arrivée en avance, ce qui m'a permis de prendre un petit déjeuner en mode "absolue crâneuse" face au Sacré-Coeur, avant de faire une petite montée en funiculaire, laissant traîner yeux et oreilles au cas où je repère déjà quelques bloggeurs.
Une fois sur place, après quelques minutes de contemplation du Sacré-Coeur (en me récitant le fameux mantra "Aujourd'hui, tu n'es pas une touriste. Aujourd'hui, tu n'es pas une touriste", priant pour me retenir de tomber en extase devant le moindre bout d'architecture, ce qui aurait été tout, sauf productif), je suis descendue découvrir les autres participants et... waouh. Il n'y a pas à dire, les bloggeurs, c'est un peu comme les auteurs: on a le sentiment de bien les connaître à force de les lire, et du coup, c'est un peu curieux de se trouver face à eux en chair et en os pour la première fois...
Comme cette journée commençait décidément très bien, j'ai été accueillie par une des membres de mon équipe, Caro[ine], qui après avoir organisé l'an dernier, était passée de l'autre côté! Et là, tout s'accélère, les visages s'associent aux pseudos, on tend les oreilles de tous côtés pour repérer à la fois ses co-équipiers et les pseudos avec qui on cause sovuent en ligne, et il pleut, et c'est la photo de groupe, le départ, et hop! vif du sujet, concertation dans un troquet du coin, répartition des tâches et enclenchement des cerveaux face aux énigmes!
Je ne vous ferai pas le détail des étapes de la journée, mais elle fut excellente! Malgré la pluie, malgré le froid, j'ai adoré m'aérer l'esprit et écumer Paris (si, si, rien que ça) avec mes co-équipiers! N'hésitez pas à aller faire un tour sur le blog de Zag , Patricia Parry , Pimprenelle, Juliann, Liliba et Caro[line].
Et surtout, merci aux organisatrices... J'ose à peine imaginer les heures et les heures de préparation qui ont précédé, et j'avoue que je caresse l'espoir de recommencer l'année prochaine... et cette fois, je m'organiserai pour arriver avant le jour et finir au resto pour enfin rencontrer ceux que je n'ai pu reconnaître, et passer encore plus de temps à parler bouquins!

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Le miracle Technologique

7 Juin 2009 , Rédigé par Angua Publié dans #Un journal semi-littéraire

... ou pourquoi l'Ebook, en fait, c'est BIEN...

Vous connaissez tous l'usage: à chaque anniversaire, la tradition veut qu'on reçoive des cadeaux, sans doute histoire de nous consoler de vieillir. Les chiffres ronds sont souvent de gros évènements... et passer une dizaine m'a amené un gros cadeau, à l'initiative de l'Homme, à savoir... ceci:

Les connaisseurs l'auront reconnu: il s'agit bel et bien du Reader de Sony!
J'avoue qu'avant d'avoir le mien, j'ai été aussi perplexe que curieuse. C'est vrai, je suis d'un fétichisme sans borne avec mes livres, comme nombre de lecteurs, j'aime les toucher, les humer, les ranger, les déranger, les feuilleter, les classer, les prêter, les... bref, j'aime l'objet.
D'un autre côté, je suis aussi d'une nature très pragmatique. Le stockage de plusieurs milliers de pages avant un départ en voyage, c'est tout de même un concept tentateur...
Tout ça, c'était mes réflexions avant. La batterie d'a priori, donc.
Et bien...
Waouh.
Je crois que cette petite chose va changer ma vie. Je n'y vois que des avantages et je suis tout bonnement épatée!
Voilà donc un peu de publicité gratuite, destinée à tous ceux qui hésiteraient à s'offrir un ebook!
1) Pas de menace pour le livre papier, contrairement à ce qu'on pourrait croire.  Pour ma part, je ne télécharge que ce que je n'irais pas m'acheter. D'une part, les classiques libres de droit: ça me permet de les lire quand j'ai envie, et non plus d'acheter une édition scolaire mal foutue, qui me fait râler en attendant d'avoir la Pléiade. D'autre part, des titres totalement méconnus ou introuvables...
2) L'occasion de découvertes: comme je le disais plus haut, télécharger des trucs peu connus permet de s'y plonger et de jauger. Plus l'angoisse de se demander si je rajoute un 50e livre à la pile formée chez le bouquiniste, ni l'hésitation à la bibliothèque où je ne vais pas si souvent.
3) Le grossissement des caractères... Je suis myope, très myope, affreusement myope. Pour vous donner une idée, sans mes lentilles, je me vois floue dans un miroir à moins d'y avoir le nez collé. Mes lunettes vieillissent, et lire sans pleurer au bout de 10 pages (comme cela m'arrive parfois sur des éditions de poche...), ça fait du bien...

Bref, l'Ebook, c'est génial! Et totalement complémentaire pour moi, une occasion en or de lire plus encore!
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La Fin du monde (Camille Flammarion)

3 Juin 2009 , Rédigé par Angua Publié dans #Lectures SFF

Autant annoncer la couleur, chers lecteurs, je crois que vous partez pour un cycle d'articles consacrés à de vieux, très vieux romans de SF, pour ne pas dire de fondateurs du genre...
Comment en suis-je venue là? Non, je n'ai pas cette édition de 1894 entre les mains, sinon j'en baverais encore. Non, c'est grâce au miracle de la technologie opérée par Sony et son Reader, déjà nourri de textes glanés dans la catégorie "SF et fantastique" d'un site de téléchargement gratuit et légal... c'est-à-dire de vieux textes. De vieux bons textes, même, a priori.
Oui, la Fin du Monde a eu l'immense honneur d'être ma première lecture intégrale sur Ebook, et je ne le regrette pas.
Dans ce texte qui a des allures de roman sans en être vraiment un, Camille Flammarion commence par mettre en scène le XXVe siècle. Le XXVe siècle tel que l'imaginaient les avancées scientifiques de la fin du siècle dernier, l'idéalisme d'une société en pleine période de découvertes scientifiques. Ce siècle apparaît ici comme un âge de l'humanité, où les frontières sont toutes symboliques, où la vie semble idyllique, mais l'incroyable se profile: une énorme météorite se précipite droit sur la Terre! Brans-le-bas de combat dans toutes les sociétés astronomiques, scientifiques, religieuses, l'humanité se prépare à vivre ses dernières heures... Flammarion se concentre ici sur les locuteurs qui défilent à la barre de l'Institut de Paris pour confronter leurs calculs, leurs réflexions sur les conséquences possibles de la météores, et également leurs convictions religieuses.
La seconde partie est intitulée "Dans dix millions d'années". Vous l'aurez deviné, la disparition totale de l'humanité n'étaient pas pour le XXVe siècle. L'humanité a continué sa route vers le progrès, et se trouve cette fois confrontée à la dégradation du climat, de moins en moins propice à l'accueillir et assurer sa survie. Ce second texte tient beaucoup plus du roman, on y croise cette fois deux personnages, Eva et Omégar. Une femme, un homme.
On ne peut pas dire que La fin du monde est une lecture facile: elle mérite d'être assimilée à de la Hard Science, aussi ancienne soit-elle, et j'ai transpiré plus d'une fois en suivant les raisonnements scientifiques, mais ce roman n'en est pas moins un vrai plaisir. Qu'il est bon de trouver un thème comme celui-ci dans un style typique du XIXe!  J'ai trouvé nombre de passages particulièrement savoureux. Celui où les martiens communiquent avec la terre (oui, voyons, puisqu'on savait sans doute possible que mars était habitée!), où ce long chapitre reprenant la vision qu'a eu l'humanité de sa propre fin au fil de l'histoire... un texte qui a un charme un peu desuet mais incontestable, que je vous conseille d'aller découvrir si vous êtes friands du genre!

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La caresse de l'aube (Laurell Hamilton)

3 Juin 2009 , Rédigé par Angua Publié dans #Lectures SFF

Quand je pense à tout ce que j'ai lu ces derniers jours, je vois que la tendance se confirme: Laurell Hamilton, c'est bien, c'est très bien pour les périodes de Haute Fatigue. J'ai pensé plus d'une fois à ce prof de fac qui nous disait qu'un étudiant de lettres devant s'organiser pour lire cinq livres par jour (si, si), à condition de s'organiser, et qu'il y en des avait bons uniquement entre minuit et deux heures du matin. C'est exactement ça.
Quand j'y réfléchis posément, c'est vraiment le créneau idéal pour ce bouquin:
- suite directe du Baiser des ombres, aucun besoin de réfléchir aux personnages ni à l'univers (toujours aussi sympathique d'ailleurs)
- du rythme, de l'action, pas trop manichéisme: les gardes de Merry commencent à se révéler et ont pour certains un passé bien trouble!
- un monde qui tient toujours la route
- enfin des relations sentimentales sans prise de tête entre les personnages! Ils couchent ensemble, ils aiment ça, certes de temps en temps une pointe de jalousie apparaît et quelqu'un ronchonne, mais pas de prise de tête superflue sur le sujet.

Bref, les aventures de Mérédith Gentry, c'est bien.
La traduction qui s'arrête à ce volume... c'est mal par contre.

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