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  Journalsemilitteraire

Les petites fées de New York (Martin Millar)

24 Mai 2009 , Rédigé par Angua Publié dans #Lectures SFF

J'ai envie de dire que ce roman... c'est n'importe quoi. Mais au sens noble du terme: un n'importe quoi drôle, grinçant, potache presque, qui fait passer quelques heures bien agréable à pouffer derrière son livre.
Il commence par une bonne cuite de Morag et Heather, deux fées irlandaises exilées suite à des évènements qui s'éclairent peu à peu, impliquant un concours de violon au résultat discutable (surtout d'après elles), beaucoup de musique punk, une vieille bannière porte-bonheur et un besoin pressant de se moucher. Précision: ladite cuite a lieu sous les yeux ébahis de Dinnie, raté notoire qui hait tout le monde et surtout son prochain, et qui de toute façon ne croit pas aux fées donc ne va pas se laisser pourrir la vie. Pendant ce temps, une mendiante qui se prend pour Xénophon écume les rues en dirigeant son armées, une révolution travailliste se fomente dans les usines fées, et surtout, le concours du printemps qui opposera un alphabet des fleurs à une curieuse mise en scène de Shakespeare s'approche.
Oui, tout le roman est dans ce ton, et non, ce n'est pas si obscur que peut le laisser croire ce bref résumé!
J'ai pris tant de plaisir à découvrir chaque étape du récit que je m'en voudrais de vous en dire plus, mais Les Petites fées de New York m'a fait me bidonner comme cela ne m'était pas arrivé depuis longtemps sur un livre. Au point que mon hilarité se transforme maintenant en hurlement scandalisé: quoi, cette merveille écrite en 1992 n'a pas été envoyée à un éditeur français avant?
Franchement, c'est une honte.
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Orgueil et préjugés(Jane Austen)

22 Mai 2009 , Rédigé par Angua Publié dans #Lectures classiques

A voir fleurir sur nombre de blogs des articles sur Jane Austen, sa prose, ce qui en a été tiré, etc, etc, j'ai fini par avoir envie de m'y plonger moi aussi. Fi de challenge, je suis bien incapable de m'y tenir, et mes lectures se choisissent toujours sous l'impulsion du moment! Mais j'avais bien envie de m'y remettre, histoire de comprendre ce qui suscitait un tel engouement ces derniers temps.

Dès les premières pages, un embryon d'explication: Orgueil et préjugés... c'est drôle! Si, si, vraiment, l'humour pince-sans-rire de Mr Bennet, père de cinq filles bonnes à marier et la bêtise crasse de sa femme... tout cela m'amuse.
Heureusement d'ailleurs.
Car au bout d'une centaine de pages, non seulement, je riais moins, mais en plus... la lumière s'est fait dans mon esprit: je l'avais déjà lu. Au lycée, peu de temps après avoir étudié des extraits de Sense and Sensibility. Non seulement, le cheminement jusqu'à la fin m'est apparu par la même occasion, mais les années ayant passé, je me doutais que j'apprécierais moins...
Et oui. Comment le dire. Je suis loin d'être fleur bleue. Le mariage est un concept qui m'échappe, les grands héros romantiques, bof (à quelques exceptions près, si je suis honnête, mais dans le cas de Jammie Fraser, le kilt y est pour beaucoup) et... se demander pendant des centaines de pages si Bingley va demander Jane en mariage et comment évoluent les sentiments d'Elisabeth pour Darcy... ce n'est pas mon truc. A titre de comparaison, j'ai préféré me demander si Dinnie, loser notoire, allait finir avec Kerry, hippie atteinte de la maladie de Chron dans les Petites fées de New York de Millar. Pragmatique, peu romantique, mais... actuel et beaucoup plus proche de ce qui me touche.

Une plume agréable, un monde reposant,  mais décidément pas pour moi!


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Le treizième conte (Diane Setterfield)

17 Mai 2009 , Rédigé par Angua Publié dans #Lectures curieuses

Une idée de lecture piochée sur la blogosphère, voilà quelques temps déjà. Et bien pioché, j'ai l'impression de l'avoir vu sur des centaines, que dis-je des milliers de blogs déchaînés d'enthousiasme!
Et...
Bon, ce n'est pas la première fois que ça m'arrive, mais j'en suis étonnée chaque fois: je lis des commentaires réjouis, je me réjouis moi-même quand j'ai le livre entre les mains et je trépigne presque en lisant les premières pages à l'idée que je vais me régaler.
Puis l'enthousiasme retombe... c'est exactment ce qui m'est arrivé aec le Treizième conte.
Margaret Lea est née et a grandi au milieu des livres dans la boutique de son père, bouquiniste et lecteur passionné. Dès les premières pages, on comprend ce qui fait que de nombreux lecteurs se retrouvent dans la prose de Setterfield: la narratrice ne se prive pas de dire à quel point elle lit, aime lire, lit toujours, est bien installée sous sa couette pour lire, aime lire, aime les livres. Bon, ok, on est en terrain connu, et moi j'aime lire, moi aussi j'aimerais y passer ma vie, et je n'avais pas besoin qu'on insiste autant sur le sujet.
Heureusement, l'intrigue en elle-même se met en place rapidement: Margaret est invitée par Vida Winter, auteur au succès mondial, à écrire sa biographie. Son histoire vraie, celle que personne n'a jamais pu obtenir.
La voilà donc partie dans une immense maison, écouter une vieille dame qui raconte une histoire digne d'un roman.

Soyons honnête: ce roman se lit d'une traite. L'écriture est parfois un peu poussive, mais se laisse lire tranquillement. Par contre, l'histoire... je ne sais qu'en dire si ce n'est que ce n'est absolument pas ma tasse de thé. Les histoires de secret de famille, bof, bof. J'avoue que les personnages des jumelles attirent l'attention sérieusement, et que je me serais presque laissée prendre au jeu...mais seulement de loin. L'ensemble est trop réaliste, les hasards des retrouvailles trop faciles... seule la conclusion, l'explication de nombreux mystères d'Angelfield, le domaine où Vida Winter a passé son enfance arrive de manière inattendue.
Pour conclure, on ne peut pas dire que je regrette ma lecture... mais elle ne m'a pas apporté grand-chose.
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Des Horizons rouge sang (Scott Lynch)

12 Mai 2009 , Rédigé par Angua Publié dans #Lectures SFF

Ahhhhh...
Qu'il fut bon de lire la suite des Salauds Gentilshommes! Je n'ai peut-être pas retrouvé l'émerveillement procuré par le premier tome, mais Des Horizons rouge sang est un roman réjouissant, palpitant, amusant, divertissant...
Toujours dans la plus pure tradition du roman d'aventures, voire encore plus. Imaginez
donc: Locke et Jean deviennent pirates! Bien malgré eux d'ailleurs, mais s'ils ne connaissent rien à la mer,  le boulot de pirate n'est pas très différent de celui qu'ils menaient à terre. Mensonge, déguisement, rebondissements, ... que vous dire de plus.

En allant plus loin, j'aurais peur de gâcher votre plaisir si vous vous plongez dans ce nouvel opus. C'est vrai quoi, le rebondissement dont on se doute déjà... rebondit beaucoup moins bien. Certes, certaines ficelles sont grosses, mais ne gâchent pas pour autant le plaisir.
Par contre, j'en remettrai bien une couche sur les personnages de Locke et Jean, particulièrement réussis. Soyons honnête: le récit en lui-même est classique, archi-classique, il se construit justement sur les ficelles qui marchent à tous les coups... les héros charismatiques ont font partie. J'ai rarement cette sensation, mais ici elle est flagrante: en me replongeant dans l'univers de Lynch, j'ai eu l'impression de retrouver deux potes. Vraiment. Deux gars sympa, dont je sais tout, ce pour quoi je sais une veinarde car les infos sont confidentielles. Des gens sûrs, sur qui compter... en ces périodes chaotiques, ça fait du bien de savoir qu'il y a des trucs qui ne changent jamais...
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La Théorie des Cordes (José Carlos Somoza)

6 Mai 2009 , Rédigé par Angua Publié dans #Lectures SFF

Waouh.
Pfioui.
Fichtre.
Diantre...
... et encore, sachez que j'épargne vos chastes yeux, ceci est une version largement édulcorée des exclamations qui se précipitent dans mon esprit pour vous parler de ce roman éblouissant.
C'est bien simple: il s'agit d'une fiction inspirée de la théorie des Cordes, qui permettrait (si j'ai tout bien compris, je ne suis malheureusement pas, à mon regret fréquent, une grande scientifique), de "photographier" des images du passé. Et, le croiriez-vous? Je suis moi-même tombée dans une faille spatio-temporelle durant cette lecture.
Impossible de me souvenir quand, pour la dernière fois, j'ai avalé un roman d'une six-centaines de pages en moins de 24 heures (durant lesquelles, je suis accessoirement, allée exercer quelques heures du plus beau métier du monde. Le roman au fond de mon sac, au cas improbable où, entre deux pirouettes devant mon public, j'aurais trouvé un quart de minute pour avancer. Heures durant lesquelles, j'ai aussi parlé à des êtres humains, mangé et dormi, peut-être trop peu d'ailleurs).
Je n'ai pas envie de faire de résumé, car c'est un roman qui se découvre, et l'auteur est un maître dans l'art du suspense. Mais je m'y sens obligée, histoire de vous mettre l'eau à la bouche, car vraiment, il ne faut pas passer à côté de ce bouquin, sous aucun prétexte!
Le roman débute avec Elisa Robledo, professeur de physique hautement réputé, qui enseigne à Madrid. Il s'agit d'une femme magnifique, mais très seule, mystérieuse, fascinante pour ses étudiants comme pour ses collègues, et surtout d'un des plus grands cerveaux dans son domaine.
Lors d'un cours, sa vie bascule: souhaitant illustrer sa leçon par un exemple concret, elle lui ouvre le journal pour y lire une nouvelle qui la fait chavirer. Peu après, cette femme infaillible rentre chez elle, prétextant un virus, quittant pour la première fois l'université de manière imprévue, habitée par une terreur inconcevable et inexplicable pour nous, pauvre lecteur. Une panique telle qu'elle finit par faire ce que la raison lui interdirait: appeler Victor, un collègue qui est ce qu'elle a qui se rapproche le plus d'un ami, et lui demander de venir, tout de suite.
Il serait insultant de parler de thriller ici, malgré le suspens incroyable qui se met en place tout au long du roman et certains éléments qui pourraient le rappeler. Si le mystère s'épaississant dans le premier quart du livre m'a happée, ce qui m'a si pleinement fascinée tourne autour de l'enjeu scientifique. Des possibilités si énormes semblent prêtes à être touchées du doigt, et moi, simple béotienne en la matière, je suis fascinée, j'ai absorbée la narration scientifictive avidement, la fiction avec la même impatience... le même besoin de savoir...
La conclusion grandiloquente arrive... il y a des romans qui marquent une vie intellectuelle (si, si, rien que ça), et celui-ci en fait partie. Pas le même choc que la Horde du Contrevent, mais un autre titre que je ne suis pas prête d'oublier.

Petit complément: Quand j'ai fini un livre, je vais souvent trainer vers les critiques qu'on peut en trouver sur le net. Oui, toujours après, si j'ai trouvé quelque part un titre susceptible de me plaire, je note son nom et oubli le plus vite possible ce que je sais à son sujet. Mes périgrinations toute fraîches m'ont amenée vers deux avis diamétralement opposés, mais qui valent le détour si vous avez envie d'en savoir plus: celui du gars qu'a pas aimé chez le Cafard, et celui que je rejoins sur de nombreux points chez NooSFere. Et même si vous vous fichez de ce bouquin comme d'une guigne, allez faire un tour sur ces sites, si, profanes en matière de SF, vous ne les connaissez pas encore.

 
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Witchling (Yasmine Galenorn)

4 Mai 2009 , Rédigé par Angua Publié dans #Lectures SFF

S'il y a quelques semaines (voire quelques mois) j'avais déjà repéré ce titre, je n'étais plus très pressée de le lire. Trop de fantasy urbaine "facile" ces derniers temps, j'aurais attendre un peu avant de me plonger dans Witchling... Mais voilà, une amie qui l'avait adoré me l'a prêté et attendait mon avis avec impatience. Et puis, une journée à Bruges m'a amenée à passer 9h dans un car, soit une bonne occasion de bouquiner, à laquelle je n'ai pas assez réfléchi en enfournant des livres dans mon sac!
Witchling s'inscrit dans cette lignée de romans de fantasy urbaine, donc, matinée de bit-litt (si, si, il y a quelques vampires) et d'histoires pour adolescentes fleur-bleue un peu chaudes.  Il s'agit de l'histoire de la narratrice, Camille, une sorcière, et de ses deux soeurs, Menolly, vampire, et Delilah, chat-garou. Toutes trois sont métisses, humaines et Sidhes, envoyées sur terre dans le cadre d'une agence de surveillance et vivent sous des couvertures destinées à les faire passer pour n'importe quelle autre créature magiques installée parmi nous, car cette fois encore, nous sommes dans un univers où les feys ont fait leur coming-out.
L'action débute par un meurtre mystérieux, celui d'un géant nommé Jocko auquel aucun être humain censé  n'aurait envie de s'attaquer. Mais la corde qui a servi à l'étrangler révèle bien vite la vérité: l'assassin est un démon! Ciel, horreur, et inquiétude! Ces saletés de créatures ne sont pas censées passer les portails magiques qui mènent à notre monde!
Bien sûr, l'enquête commence. Bien sûr, il est rapidement question de sauver le monde de vilaines bêtes méchantes, envoyés d'une force très noire, très mystérieuse, et surtout très inquiétante.
Rassurez-vous: les trois sexy soeurs (surtout la narratrice, je me souviens avoir lu sur un blog que les allusions incessantes à son tour de poitrine avait agacé... il y a effectivement de quoi!) vont agir, sans toutefois laisser de côté leurs vies sentimentales ni leurs séances de shopping. Et on peut compter sur Camille pour être méticuleuse en matière de description vestimentaire.
Bref, le style et la narration sont vite agaçants pour ça. J'ai eu l'impression de lire un roman tiré de la série Charmed, par laquelle je n'ai jamais vraiment été intéressée. Les évènements s'enchaînent hélas de manière bien prévisible, et se composent malheureusement de détails vus et revus dans ce genre de romans, que je n'ai pourtant que peu pratiqués.
Au final, plusieurs détails marrants (Delilah, quand elle est stressée, se transforme en môgnon petit chat malgré elle), mais rien de novateur pour donner un réel intérêt à ce roman, qui reste une lecture très facile qui ne demande vraiment pas une grande concentration.
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Le club des policiers Yiddish (Michael Chabon)

3 Mai 2009 , Rédigé par Angua Publié dans #Lectures curieuses

Une surprise que la lecture de roman. Attention, je parle bien de la lecture, non du roman en lui-même....
Je n'en savais pas grand-chose avant de le lire, sinon qu'il s'agissait d'un polar dans un monde où les juifs ont été installés en Alaska et non en Israël à l'issu de la deuxième guerre mondiale. Je savais aussi que plusieurs personnes de mon entourage et un libraire SF l'avait beaucoup, beaucoup aimé, et quand on m'en a proposé le prêt, j'étais plutôt enthousiaste.
Voire carrément emballée.
Sentiment qui est bien vite retombé... dès les premières pages, nous rencontrons Landsman, archétype du flic de roman noir: divorcé, alcoolique, il ne vit que pour son travail et habite un hôtel miteux. Le roman s'ouvre par la découverte d'un corps dans cet hôtel, un homme tué d'une balle dans la tête.
A quoi bon aller plus loin dans le résumé? La suite est une enquête tout ce qu'il y a de plus classiques (découverte de l'identité de la victime, interrogatoires de mecs paumés et louches), si ce n'est une plongée dans l'univers des juifs pratiquants installés en Alaska.
Certes, l'histoire s'enrichit un peu quand Landsman (à qui bien sûr, on a entre temps confisqué son arme et sa plaque puisqu'il a l'habitude bien connue de n'en faire qu'à sa tête) découvre qu'un complot plus vaste se cache derrière ce meurtre, mais je ressors frustrée de ce roman.
Un point positif toutefois: le style de l'auteur est vraiment sympa, et j'ai souri plus d'une fois à ses phrases.... mais je rne m'explique pas la joie qu'il a suscité autour de moi, et je compte bien approfondir la question. Même si je crois que la réponse est simple: le polar, surtout classique... ce n'est pas pour moi.

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