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  Journalsemilitteraire

Les frères Karamazov (Fédor Dostoïevsky)

26 Avril 2009 , Rédigé par Angua Publié dans #Lectures classiques

J'ai lu Les Frères Karamazov. Je le répète partout depuis cet après-midi, depuis le moment où j'ai tourné la dernière page et où j'ai pensé "ça y est. J'ai lu Les Frères Karamazov". Vous imaginez à quel point j'en suis fière.
A plusieurs reprises durant cette lecture, je me suis posée la question suivante: comment, mais comment résumer pareil roman? Ce qui ne m'inquiète n'est pas l'épaisseur (891 pages en Livre de poche, dans une police douloureuse pour les myopes dont je fais partie... j'avoue que je ne félicite pas l'éditeur...), ni l'intrigue. Non. La vraie question est plutôt: mais comment retranscrire ce qui souffle à travers ce roman? Dans tous les cas, quoi qu'on puisse en dire, ce sera toujours édulcoré et largement en deça de la plume de Dostoïevsky.
Tentons tout de même. Pour résumer (attention, spoilers inside! J'ai regretté d'en savoir autant avant de lire!), Fédor Karamazoz est ce qu'on peut appeler sans hésiter un père indigne. Trois fils reconnu, deux mères différentes, et un quatrième non avoué. Les fils sont devenus des hommes et ont rejoint leur père à l'âge adulte, pour l'un d'entre eux, Dmitri, pour essayer de rentrer dans ses biens, ce que le père refuse. Le père et le fils aiment la même femme, Grouchenka, sentiment qui poussera le fils à commettre l'irréparable....
J'arrête là. J'en dirai beaucoup trop peu, de toutes manières.
Les Frères Karamazov est un roman que je ne suis pas prête d'oublier, de ceux qu'il faut lire au moins une fois dans une vie. Certes, c'est un pavé, certes, certains passages sont très exigeants (la mort du staretz Zossima, pour ne pas la citer...), mais chaque détail trouve son sens.
Et les personnages... fichtre! Ils sont vivants. Chaque caractère est si minutieusement construit que je sors de ce roman avec le sentiment incroyablement étrange de pénétrer l'esprit de plus d'un. Ma lecture m'a procuré des sensations fortes, de vraies émotions comme je n'en avais pas ressenti depuis trop longtemps, la fiction a réussi à m'indigner, m'amuser... m'émouvoir même. Jamais je n'aurais cru sentir les larmes monter à la fin, et pourtant...
La véritable émotion, voire la catharsis.
Bref, la Littérature.
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Le baiser des ombres (Laurell K.Hamilton)

23 Avril 2009 , Rédigé par Angua Publié dans #Lectures SFF

J'avais besoin de faire une pause dans les Frères Karamazov. Une vraie, passer à quelque chose de radicalement différent pour continuer à savourer pleinement la plume de Dostoïevsky car je sentais mon cerveau en surchauffe au bout d'une bonne semaine à lire lentement, prendre des notes et retrouver le plaisir d'ouvrir des bouquins de littérature pour tenter de saisir un peu mieux le roman.
Bref, en pleine lecture savante et sérieuse, j'étais.

Je n'ai pas cherché loin: dans la pile ramenée d'une récente visite en bibliothèque, Le Baiser des ombres, avec lequel je voulais découvrir Laurell K.Hamilton qui fait beaucoup parler d'elle ces temps-ci pour la réédition de la série Anita Blake (dans laquelle je n'avais pas prévu de me lancer, la bit-litt, c'est marrant 5 minutes, mais les livres coûtent assez chers pour que j'en emprunte quand l'envie m'en prend et réserve mes sous à d'autres...)
Et bien... fichtre alors! Si je m'étais attendue à ça!
Et bien, si je m'y étais attendue, je me serais sans doute tournée beaucoup plus tôt vers cet auteur!
Figurez un univers de fantasy urbaine, où les feys se sont révélées (idée à la mode ces temps-ci? Pas si neuve que ça en fin de compte, la première publication en VO date de 2000.) Meredith vit sous une fausse identité pour échapper à la cours royale des sidhes auprès de qui elle a grandi et survécu malgré de nombreuses intrigues destinées à se débarrasser de cette deuxième prétendante à la succession au trône. Or, un beau jour, une affaire vire mal et voilà que la presse la retrouve, dévoilant son identité au grand jour...
Mais quoi donc d'extraordinaire? Soyons honnête, rien en fin de compte. Si ce n'est que l'univers est riche en personnages tous plus ou moins magiques, et que plusieurs valent le détour. Tenez, Roanne, par exemple, l'amant (au début, ça change vite) de Merry: un homme-phoque dont la peau a été brûlée. Ou Uther, le collègue qui mesure quatre mètres de hauteur et a de vagues ressemblances avec un sanglier. Ou Sholto, garde royal beau à s'en rouler par terre mais pourvu de tentacules disgracieux autour de la taille... et l'intérêt ne se limite pas à la galerie, mais aussi à une intrigue sans grande prétention mais pas trop mal ficelé.
Dans ce qui sort de l'ordinaire (du moins, du mien!), ce roman a aussi la particularité d'être grandement teinté d'érotisme. Et là, j'avoue que j'ai envie de pousser de petits cris scandalisés: quoi? Tout le monde (enfin, plusieurs lecteurs croisés sur divers fora à tendance SFF) criait à l'innovation révolutionnaire avec Kushiel, roman de fantasy érotique? J'ai déjà dit qu'à mon avis il y avait arnaque si on réduisait Kushiel à cela. Non seulement, j'en profite pour confirmer, mais pour inviter grandement tout ceux qui y voyait la Révélation à lire quelque chose beaucoup plus chaud. Où là aussi, la question de la sexualité trouve sa place (oui, Mérédith descend de trois divinités de la fertilité), même si elle en prend peut-être un peu trop dans la première moitié du roman. Curieusement, ça se calme par la suite, une fois qu'on y est habitué et qu'en plus... ce serait presque plus logique.
Un bémol tout de même: une fin un peu baclée... par chance mon ami NooSFère vient de m'apprendre qu'il y a une suite! A trouver maintenant...
Un très bon moment de lecture, dans un univers bien sympa. Et que ceux que l'érotisme effraie n'aient crainte: le tout reste très supportable, et rien que pour découvrir la sexualité gobelin, ça vaut le détour.
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Le cueilleur de fraises (Monika Feth)

14 Avril 2009 , Rédigé par Angua Publié dans #Lectures curieuses

Depuis que j'ai mis Fascination dans les mains d'une amie plutôt accro aux mangas, celle-ci s'est mise à dévorer les romans légers à la chaîne, et m'en fait généreusement profiter.
Le Cueilleur de fraises est une expérience beaucoup plus convaincante que le Journal d'un Vampire.
Soyons honnête: il s'agit d'un gentil roman policier. Oui, gentil, avec des personnages sympathiques, rassurants même si l'auteur les a voulus noirs. Même le meurtrier fait gentiment frissonner, dans une intrigue courue d'avance mais qui se laisse lire d'une traite (deux heures aujourd'hui, peut-être à peine plus).
Idéal quand on a le cerveau vide, ce roman est tombé à point: je me suis (enfin! soupirerez-vous) lancée dans les Frères Karamazov, et vu la concentration dont je me sens capable ces jours-ci, j'aurais l'impression de saborder un grand crû en le buvant avec une pizza industrielle. Impossible de m'y immerger plus d'une heure sans avoir l'impression de passer à côté de l'essentiel quand mon esprit bat la campagne.
Bref, là, aucun problème. Une lecture qui permet de rêvasser par la même occasion!
Pendant que j'y suis, je vais faire une petit résumé. Parce que sur le coup, ils sont très, très mauvais, ceux de al collection Blackmoon, dévoiler les trois quarts dès la quatrième de couverture, c'est quand même l'arnaque pour ce genre de roman.
Résumons, donc.
Un meurtre horrible a lieu dans une petite ville d'Allemagne... Jette, fille d'une auteur à succès, vit avec deux copines dans un appartement modeste, et elles s'épouvantent de l'évènement. Caro l'une d'entre elles, se sent pourtant moins concernée: elle vient de rencontrer l'Amour de sa vie, un homme bien mystérieux.... suspens intenable!
Rassurez-vous: même pas trop d'eau-de-rose dans ce roman. Juste le plaisir primaire d'un truc vite lu et pas trop mal écrit.
Oh, et puis pour rester dans l'esprit totalement anarchique de cet article: cette fois encore, une bien jolie couverture pour cette collection...
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Un Tango du Diable, Sabbat Samba (Hervé Jubert)

13 Avril 2009 , Rédigé par Angua Publié dans #Lectures SFF

Pour une fois, je vous parlerai de deux romans à la fois. Oui, deux: Un Tango du Diable et Sabbat Samba sont difficilement dissociables!
Et pour cause. Il s'agit de la suite du Quadrille des assassins, pour lequel je m'enthousiasmais il y a peu. On y retrouve l'univers foisonnant de Jubert, et surtout, les personnages de Roberta Morgenstern, sorcière et enquêtrice pour le ministère public, et Clément Martineau, son jeune assistant dont la filiation magique s'est révélée il y a peu.
Un nouvel assassin, le Baron des Brumes, sévit à Bâle, une des villes qui a survécu à la grande Crue, et les voilà affectés à l'enquête, tout comme l'intégralité des forces de police qui reprennent du service. En effet, les traceurs, miracles de la technologie qui permettaient jusqu'alors de repérer n'importe quel criminel, semblent incapables de quoi que ce soit... ce qui n'est pas pour rassurer la ville, mais ne semble pas inquiéter outre mesure Fould, ministre et candidat au poste de municipe pour les élections imminentes.
Voilà pour le début du Tango du Diable. Le dernier tome de la trilogie prend la suite directe du second, il m'est impossible d'aller plus loin sans gâcher sérieusement le plaisir de la découverte qui n'est pas moindre.
Si j'avais beaucoup apprécié le Quadrille, j'avoue m'être laissée totalement emporter par les deux suivants. Certes, l'histoire reste classique et sans idée révolutionnaire, mais les personnages et l'univers... sont vraiment intéressants. Le monde posé par Jubert est inclassable, s'inspire du steam-punk, de la fantasy, du post-apo... et garde son identité propre. Une identité solide, cohérente, ce qui n'est jamais simple quand un auteur se pique, en plus, d'y ajouter une touche d'humour. Et de culture, les références nombreuses ne se limitent pas à Urgences. (J'avoue que pour celle-ci, j'imagine parfaitement l'auteur dans un profond moment de désespoir créatif qui tombe par hasard sur la série, crie au génie et court à son PC parodier le tout...)
Et les personnages... j'avoue ma très grande affection pour les Gustavson, famille d'hérissons télépathes dans le rôle de garde-bébé, d'animaux de compagnie ou de talky-walky, improbables fans des Beatles.
Une lecture fort agréable et finalement pas si simple qu'elle ne l'était dans son premier opus, qui propose un sacré bon moment de détente.
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Jonathan Livingstone Seagull (Richard Bach)

7 Avril 2009 , Rédigé par Angua Publié dans #Lectures curieuses

Voilà quelques jours que j'ai terminé cette brève lecture qui me laisse pour le moins perplexe.
Perplexe car je ne sais qu'en penser et me demande qu'en dire.
Je l'avais choisie car j'ai l'impression d'un nom mille fois entendu, j'avais besoin de l'associer au texte original... et puis, une lecture anglophone, ça ne fait jamais de mal...
L'histoire de Jonathan Livingstone est simple. Il s'agit de celle d'un goéland, avide de liberté, de grands espaces et de voler haut, toujours plus haut, de repousser les limites de ses ailes vers le ciel. Idéal mal perçu par la communauté obtuse des goélands, pour qui l'essentiel est de se nourrir, unique objectif d'une vie morne et sans rêve.
Mis au ban, Jonathan fait la rencontre d'autres goélands, aux pouvoirs surprenants, qui ont le même rêve et le même besoin de liberté...
Oui, c'est très beau tout ça. Très... onirique.
La comparaison sera sans doute flatteuse, mais j'ai eu l'impression d'avoir dans les mains un équivalent anglo-saxon du Petit Prince. Chaque détail prend ici aussi son importance et fait sens, la rêverie dans laquelle entraîne la lecture est proche de celle provoquée par celle de Saint-Exupéry: on sait que tout est imaginaire, mais on se laisse gentiment porter. Oui, "gentiment", comme par une fable ou un conte... et finalement, l'idée forte du texte (je vous laisse la deviner)... ne m'interpelle que peu. Je crois que j'ai lu trop de romans de SF forts, qui poussent la création d'univers et la magie narrative beaucoup plus loin, et que j'ai dépassé la sensibilité nécessaire.
Bref. Je reconnais que c'est un beau texte... mais il ne m'a pas vraiment parlé.
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