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  Journalsemilitteraire

Journal d'un vampire (L.-J. Smith)

31 Mars 2009 , Rédigé par Angua Publié dans #Lectures curieuses

Vous avez aimé Twilight? Le bel Edward? Vous laisser emporter dans une rêverie de mièvre adolescente ô combien jubilatoire en période haute fatigue?
Braves gens, passez votre chemin.
Voilà un roman lâché au bout de 200 pages environ, soit le temps d'un aller-retour en bus et d'un endormissement,histoire de voir si, vraiment, les choses n'allaient pas s'arranger.

Résumons. Vous allez voir, ça rappelle des choses.
Elena reprend le lycée dans sa ville de Virginie après des vacances en France. Une nouvelle tête cette année: le très mystérieux Stefan, brun, beau à se rouler par terre, qui hypnotise qui lui plaît d'un regard pénétrant et a une condition physique exceptionnelle. Forcément, Elena tombe amoureuse. Ô surprise, le bellâtre l'ignore, voire fait mine de l'éviter, elle, la reine du lycée, sur le passage de qui tous se pâment d'admiration!
Ecrit quelques années plus tôt, tous les ingrédients de fascination se retrouvent réunis dans la plus grande platitude et l'enchaînement des poncifs qui m'horripilent dans la représentation des ados américains. Et quand je dis poncifs...
Vous êtes installés? Reprenez-moi si j'en oublie:
- des parents morts dans un tragique accident (pôv' petite)
- des héros lycéens décérébrés obnubilés par le foot, le bal, l'élection de la reine (Elena, manquerait plus que l'héroïne ait un quelconque intérêt)
- un sauvetage aussi héroïque qu'inattendu
- une terrrrrrible révélation de la vampiritude
- des ados qui picolent pendant le bal (imaginez, c'te honte)
- des filles uniquement préoccupées de leurs robes et coiffures (description à l'appui, important de connaître les matières et couleurs de chaqe robe de soirée)
- des ragots, de la rumeur, de la médisance.
Quoi, peut-être Elena évolue-t-elle?
On ne peut que lui souhaiter. Mais j'ai tout sauf la curiosité de le savoir.
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Lilliputia (Xavier Mauméjean)

30 Mars 2009 , Rédigé par Angua Publié dans #Lectures SFF

J'aime beaucoup ce qu'écrit Mauméjean, mais ses bouquins ont pourtant tendance à me décevoir.
Chaque fois, je trouve l'idée de départ géniale, autant pour Lilliputia que ce fut le cas pour Car je suis Légion ou la Vénus anatomique, mais chaque fois, plus j'avance dans ma lecture... et plus j'ai le sentiment qu'elle m'échappe. Non parce que trop complexe, ou parce que l'écriture serait obscure. Globalement, sa plume est facile tout en étant travaillée et reste agréable. Les univers qu'il propose sont propices à la rêverie et à la réflexion, mais... pour ce qui est du déroulement des intrigues, il y a chaque fois des détails qui manquent, ou des enchaînements d'évènements précipités, presque maladroits.
Revenons-en à Lilliputia. Un roman que je souhaitais lire depuis longtemps, très exactement depuis la publication d'extraits dans Géante Rouge avant la sortie du roman.
L'idée de départ me semblait géniale: inspiré par les parcs d'attraction de la fin du siècle avant-dernier aux Etats-Unis, Mauméjean met en place un ville lilliputienne, dont tous les habitants sont des nains "recrutés" plus ou moins violemment pour amuser une galerie composée de braves familles américaines en manque de divertissement. Nous suivons Elcane, personnage principal, de son enlèvement dans un obscur pays d'Europe de l'est à son arrivée à Dreamland, parc qui héberge Lilliputia, puis dans sa révolte contre le système qui y est mis en place.
Certains moments sont délicieux. Par exemple, le passage à tabac d'un "Grand" de 7 ans, après sa prise d'assaut du bar qui sert de lieu de rendez-vous à la compagnie des pompiers dont fait partie Elcana, ou la scène où Elcana est reçu par les dirigeants créateurs de la ville après un geste héroïque. Certaines idées chatouillent l'esprit, aussi. L'image de Sebastian, dont on ne prononce pas le nom trop fort, créateur du parc et divinisé, qui invite à s'interroger sur la représentation du chef dans notre société... et à celle de la divinité aussi.
L'histoire suit son cours, de l'arrivée émerveillée d'Elcana qui trouve un monde à l'échelle de ses 90 centimètres aux débuts des souffles révolutionnaires. Et tout-à-coup, tout se mélange, trop vite. Les autres créatures du parc apparaissent, vivant dans des mondes trop rapidement évoqués, des freaks qui interpellent et auraient mérité bien plus de développement.
Au final, un bon roman néanmoins, mais qui me laisse un léger sentiment d'amertume. Comme s'il devenait patchwork d'idées à creuser, toujours frôlées, laissant une trop libre part d'interprétation au lecteur.


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A la une, à la deux, à la mort (Janet Evanovich)

22 Mars 2009 , Rédigé par Angua Publié dans #Lectures curieuses

Après Les Scarifiés, impossible de se lancer dans un nouveau pavé ou dans un livre trop prometteur, la comparaison est bien trop difficile à tenir.
Le moment idéal pour découvrir les aventures de Staphanie Plum semblait donc arriver! Un roman léger, teinté d'humour, vite lu, suffisamment éloigné de Mieville pour que l'idée de faire des liens ne m'effleure même pas l'esprit!
Pour ceux qui ne connaitraient pas encore cette série, elle tient ses promesses. Séphanie est chasseuse de prime, elle vit des histoires rocambolesques et se retrouve dans des situations abracadabrantesques qui ne sont pas sans rappeler Bridget Jones.
Sauf que... Bridget Jones, une fois m'avait suffi. Histoire de voir de quoi il s'agissait exactement.
Bref, un roman bien léger, qui m'a fait sourire à plusieurs reprises, m'a permis de voir, mais ne m'a pas donné l'envie d'aller plus loin dans la série.
Idéal pour une lecture d'une paire d'heures avec cerveau en stand by!

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Les scarifiés (China Mieville)

21 Mars 2009 , Rédigé par Angua Publié dans #Lectures SFF

Je m'étonnais autant que me désolais il y a peu de ne pas voir fait d'article sur Perdido Street Station, pur chef d'oeuvre de China Mieville. L'erreur est presque réparée, en voilà un sur Les Scarifiés!
Cette merveille prend place dans l'univers de Nouvelle-Crobuzon, mis en place dans
Perdido Street Station. Rappelez-vous... (ou imaginez)... une ville qui ne ressemble à rien de ce qu'on a pu lire jusqu'à lors. Les Khépri, les homme-cactus, les Recréés... des espèces humanoïdes incroyables de richesse et d'innovation à notre époque où toutes les créatures semblent avoir été tentées par les auteurs de SF. Un monde où la thaumaturgie est un art complexe, où la fée electrycité est connue, la poudre aussi... un monde qui pourrait être steam-punk ou post-apo, mais n'est encore rien de tout cela. D'une solidité et d'une épaisseur digne de Tolkien, les descriptions à rallonge en moins.
Bref.
C'est cet univers qu'on retrouve dans Les Scarifiés. Les mêmes perturbations de l'esprit dès les premiers chapitres, qui font ce rappel ô combien sain: la SF est un genre intelligent, qui se mérite, pas question d'avoir l'esprit paresseux et de s'installer dès le début dans des repères mille fois donnés et manichéens.
Les Scarifiés s'ouvre avec l'histoire de Bellis Frédevin, linguiste qui fuit Nouvelle-Crobuzon pour une raison ignorée, à bord du Terpsichoria, énorme navire qui transporte des voyageurs classiques et une cargaison de criminels "recréés", c'est-à-dire qui ont écopé pour leur crime d'une modification corporelle conséquente et d'une condamnation à un bagne lointain.
Mais le voyage bascule: des pirates d'un genre nouveau détourne le Terpsichoria et ses passagers pour les déposer dans la légendaire cité flottante d'Armada, ville faite d'un agglomérat de navires volés et détournés depuis des siècles, ville dont la population se compose d'anciens pirates et de recréés comme de passagers arrivés là par hasard. Tous sont prisonniers de la ville, mais la plupart l'oublie rapidement, heureux de trouver une liberté rare et une société proche de l'idéal. Or Bellis n'a qu'une envie: quitter Armada. La suite n'est pas, comme on pourrait l'imaginer, une succession de plans improbables où Bellis tente de déserter.
Car l'Art de Mieville est de rendre hautement probables les évènements qui prennent place dans ses romans. Bellis est un pion, rien de plus, et l'histoire d'Armada ne se vit pas qu'à travers son regard. Tanneur Sacq, recréé aux tentacules qui reprennent vie dans l'eau, porte son propre regard sur la vie et l'histoire en cours de la ville, et confirme l'impression qui naît petit à petit: ce qui se déroule est un épisode politique, un moment grave et rare dans la vie d'Armada.
Je reproche souvent à la fantasy de me raconter des trucs sur des univers inexistants dont je me moque éperdument. C'est bien la dernière chose que je reprocherai à Mieville. Il crée des personnages forts, d'une complexité incroyable, qui font tout l'intérêt des histoires qu'il leur fait vivre, reflétant l'insaisissable du genre humain.
Il maîtrise aussi l'alchimie qui fait vivre un monde et rend avide de le découvrir.
Un roman exigeant et grandiose.
Je ne dirais qu'une chose: si vous ne l'avez jamais fait, lisez Mieville.


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Girl whit a pearl earring (Tracy Chevalier)

10 Mars 2009 , Rédigé par Angua Publié dans #Lectures curieuses

Pleine de motivation et d'enthousiasme lors de ma visite en bibliothèque du début des vacances, je me suis penchée de près sur le rayon anglophone. Il était plus que temps que je me remette à lire en anglais, surtout après ma dernière tentative cuisante (Halting State, de Stross... mon 2e échec en VO après Shakespeare. Pourtant deux auteurs par qui je partais conquise.) Je m'étais basée sur des critères simples "pas trop long", "pas d'univers délirant", "pas de vocabulaire de geek".
Et je suis tombée là-dessus, ce roman qu'à une époque tout le monde semblait avoir lu. Enfin, tout le monde sauf moi, évidemment. Mais c'était rassurant: à tant en avoir lu sur lui, je savais à quoi j'allais être confrontée!
Il s'agit d'une fiction inspirée de la célèbre Jeune fille au turban de Vermeer, devenue ici Jeune fille à la perle. Le père de Griet, jeune delftoise de 16 ans ne peut plus travailler à l'usine de faïence où il peignait depuis l'accident qui l'a rendu aveugle. Griet entre au service de la famille Vermeer pour pouvoir nourrir les siens et attire l'attention du maître dès leur première rencontre par le regard qu'elle porte sur les couleurs dans une activité aussi anodine que le découpage de légumes.
Une morne vie l'attend... entre d'innombrables enfants dont une peste qui choisit de la détester, une autre bonne qui la prend de haut et Mme Vermeer qui  lui porte la plus vive antipathie, les sombres journées s'éclairent chaque matin quand elle on lui ouvre la porte de l'atelier du peintre, dont elle est responsable de la propreté...

Une pensée me vient immédiatement: il s'agit d'un roman très reposant. Au-delà de mes attentes comblées en tant que néo-relectrice anglophone (une intrigue simple, un vocabulaire simple), eh bien... il ne se passe pas grand-chose. La vie quotidienne d'une bonne à Delft au XVII n'est pas l'aspect le plus palpitant du livre, mais prend son intérêt avec la profonde conscience de classe de Griet. Le regard (assez improbable finalement) qu'elle pose sur le monde et la peinture est poétique... joli.
Un moment de lecture qui me sortira sans doute vite de l'esprit, mais a le mérite d'avoir été propice à la rêverie:
- Il m'a fait replonger dans un bouquin d'art inrangeable pour revoir l'oeuvre à l'origine
de tout cela, que du coup, j'ai re-feuilleté du début à la fin (Merveilles de l'art, de Lucia Gasparini, chez White Star... 36X46 cm environ. Très peu d'info sur chaque oeuvre, mais l'occasion de les voir en détails sans s'user la vue)...
- Il m'a fait rêvasser longuement sur mes dernières vacances. Oui, si vous voulez camper à Aix la Chapelle, le camping le plus proche est... à Valls, aux Pays-Bas. Du coup, rêvasserie sur les prochaines, des Pays-Bas, je n'ai vu que Maastricht..
- Enfin, le bleu de Delft... ça n'évoque pas grand-chose à tout le monde, mais pour moi ce sont des heures de vide-grenier avec une collectionneuse de ma connaissance...



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La Marque - Kushiel tome 1 (Jacqueline Carey)

6 Mars 2009 , Rédigé par Angua Publié dans #Lectures SFF

J'ignore qui a dit que ce roman était le premier "roman de fantasy érotique", mais grand bien lui ferait sans doute d'aller lire un peu de littérature érotique pour voir de plus près de quoi il en retourne.
Je l'avoue (et je n'ai même pas honte!), c'est une idée qui m'avait interpellée et bien donné envie de découvrir ce qui était aussi présenté ailleurs comme une excellente surprise dans les parutions récentes de fantasy, histoire de voir comment se présentait la chose.

Pour être complètement honnête, j'ai failli ne pas terminer ce livre, regrettant sincèrement de l'avoir acheté pendant au moins les 10 premiers chapitres. Un problème purement personnel, que je croise un peu trop souvent à mon goût quand je lis de la fantasy: la présentation mythologique, politique et historique de l'univers à venir. Honnêtement, sans aucun personnage ni intrigue suffisamment développé, j'ai l'impression de perdre mon temps à lire l'histoire de lieux qui n'existent pas, n'ont jamais existé et n'existeront jamais dont je me tamponnerais grandement le coquillart si j'avais une patte de crocodile sous la main.
Bref, le début... est quand même le vrai point noir du roman. Bon, on y découvre la narratrice, Phèdre, vendue dans son enfance à une maison prenant en charge la formation de courtisans, ainsi qu'une présentation du curieux panthéon qui rassemble les croyances de D'Angelins, peuple auquel elle appartient.
Phèdre ne peut prétendre appartenir un jour à l'une des maisons les plus prestigieuses, car malgré sa beauté prometteuse, elle présente un défaut étrange: une tâche rouge sur une pupille... signe de Kushiel, dieu qui prend son plaisir dans la souffrance. Le noble Delaunay, érudit en marge de la cours, achète la marque de Phèdre quand celle-ci est âgée d'une dizaine d'années, et se charge de son éducation, en vue de faire d'elle l'instrument d'intrigues de cours complexes (enfin, complexes surtout si on a lu d'un oeil agacé la présentation des différents éléments du royaume, en se demandant quand viendrait enfin le(s) personnage(s) auquel rattacher tout cela).
Intrigues de cours, impatience de Phèdre de faire son entrée dans le monde, puis débuts de celle-ci avec certes quelques scènes un peu chaudes....
Et tout à coup, sans prévenir, cet univers de faste et d'intrigues devient roman d'aventures. Des personnages convenus et fadasses se révèlent, Phèdre n'est plus la prostituée qui agit sans savoir dans quel but, les évènements ne prennent pas la tournure attendue et l'action commencent réellement.
Le libraire spécialisé chez qui j'ai acheté ce roman m'a dit qu'il s'agissait d'une "très bonne surprise", et ce sont exactement les mots qui conviennent. Quelque part aux alentours de la page 200, je n'ai absolument plus regretté mon achat et mon rythme de lecture a augmenté, retrouvant le plaisir du suspens et de la curiosité... et mine de rien nous sommes ici face à un auteur qui sait s'abstenir de rebondissements téléphonés.

Au final, il s'agit d'un bon roman d'aventures à la trame quelque peu classique, mais Jacqueline Carey mérite particulièrement d'être félicitée pour plusieurs choses. Elle est capable de créer des personnages forts et de l'inattendu (ah, le Maître du détroit... en voilà un qu'on ne s'attend pas à trouver), de bâtir un univers qui interpelle par ses similitudes avec le notre (la traditionnelle carte qui précède n'est autre que celle de l'Europe, dont les contrées sont retravaillées) et tout simplement de raconter une histoire. Une vraie, pas une cinquantième resucée du Seigneur des anneaux.
Elle mérite surtout d'être qualifiée d'autre chose que d'auteur de "fantasy érotique": elle met en place dans ce roman un monde où les moeurs sont autres, où les plaisirs de l'alcôve sont tradition davantage que tabou, et sont loin de faire l'intérêt du roman. Non, cet intérêt vient des conséquences de cette conception des choses: les rapports humains y sont différents, mais gardent toute leur complexité et leur richesse.
Pour conclure: un très bon roman de manière générale!
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Jonathan Strange & Mr Norrel (Susanna Clarke)

1 Mars 2009 , Rédigé par Angua Publié dans #Lectures SFF

Je viens de terminer cette pure merveille. Oh oui, il s'agit bien d'une merveille, dans laquelle je viens de m'immerger presque totalement pendant une semaine, faisant mentir la critique duWashington Post qui promettait  des semaines d'émerveillement.

Il est difficile de résumer Jonathan Stange & Mr Norrel, à classer incontestablement parmi les Objets Littéraires Difficilement Identifiables. Je crois qu'il m'a fallu si longtemps pour m'y plonger (l'édition française date de 2007) tout simplement à cause de sa sortie qui fleurait le gros lancement commercial, proposant une couverture noire et l'autre blanche à ce pavé aux allures de grimoire. J'ai tourné autour plus d'une fois en librairie, et parcouru plus d'un blog qui en faisait la critique pour lire un peu tout et n'importe quoi à son sujet, retenant que si certains l'avaient trouvé longs et décousus, d'autres n'avaient retenus que la partie concernant les guerres napoléoniennes, sujet que je trouve tout de même peu palpitant.
Je comprends beaucoup mieux maintenant la difficulté qu'il y a à évoquer ce roman.
Tout commence en 1806, lors d'une réunion de la Société d'York, club honorable qui réunit  de tout aussi honorables gentlemen férus de magie. Théoriciens seulement, car il est bien connu que la magie a disparu d'Angleterre depuis des siècles. Un nouvel arrivant, Segundus vient poser une question fort dérangeantes à ces braves messieurs: mais pourquoi donc a-t-elle disparu, justement?
Accompagné d'un gentleman moins obtus que ses confrères, Segundus se rend dans la demeure reculée d'un érudit retiré du monde, mais spécialiste de magie: un certain Mr Norrel. Stupéfaction: ce dernier n'est pas seulement théoricien... Mais praticien, et certainement seul magicien d'Angleterre. Naît alors le projet de restaurer la grandeur de la magie en Angleterre, science complexe s'il en est.
Voilà pour le contenu des premiers chapitres. L'intrigue se compose ensuite d'un tissage étroit de personnages, tous plus surprenants et construits les uns que les autres, dans une action prenant place sur une dizaine d'années durant laquelle non seulement, la magie revient, mais ces personnages se trouvent pris dans un maillage d'aventures aussi complexes que passionnantes. La densité de l'histoire fait de chaque serviteur ou apparition secondaire un rôle incontournable dans les rouages du roman, le tout dans un style proche des romans victoriens, mais emprunt d'une ironie délicate et subtile.
Ce roman est de ceux dans lequel on s'oublie, laissant le quotidien de côté pour s'imprégner totalement de l'univers proposé. Celui de Susanna Clarke a la solidité de celui de Tolkien: les nombreuses notes de bas de pages, que je craignais fastidieuses en voyant la longueur de certaines, sont autant d'étais à un monde déjà bien installé. Quand il ne s'agit pas de donner une référence (fictive, mais précise) à une allusion, c'est le détail d'une légende évoquée qui est rédigée, lecture chaque fois dispensable mais qui prolonge encore un peu la délectation.

A lire, à lire absolument, à lire en prenant son temps malgré celui qu'il exige tout simplement pour aller à son terme: il le mérite amplement.
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