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  Journalsemilitteraire

Il y avait un moment...

22 Février 2009 , Rédigé par Angua Publié dans #Un journal semi-littéraire

Dans l'ensemble, mon blog est assez confidentiel pour que je passe à travers le filet des tags. Et puis, souvent, j'y pense sur le moment... Et puis j'oublie. Très mauvaise cible pour les tags, donc, qu'on se le dise.
Mais là, les impératifs de la vie me collent à mon ordi pour les quelques minutes (heures?) à venir, donc, pour une fois, hop, voilà une réaction dans la foulée!

Voilà donc la nouvelle bête en circulation:

  • Diamants ou perles ? ... ni l'un, ni l'autre, les bijoux, ce n'est pas franchement mon truc...
  • Quel était le dernier film que tu as vu ? Dur, comme question. Très dur. J'ai la culture cinématographique du bulot, du coup... je sais à peu près quels morceaux de films j'ai vus dernièrement, le plus récent devait être Une nuit en Enfer.
  • Ta série préférée ? .... il doit y en avoir trois que j'ai à peu près suivie dans ma vie... (peut-être est-ce le moment où j'avoue que quand la télé ne m'ennuie pas... elle m'endort?)
  • Petit déjeuner préféré ? N'importe quoi selon la saison et ce qui me tombe sous la main. Oui, VRAIMENT n'importe quoi.
  • Deuxième prénom : Virginie (merci maman d'en avoir trouvé un plus original pour commencer!) J'en ai même un troisième, mais je le garderai pour moi.
  • Quels aliments n'aimes-tu pas manger du tout ? La blanquette de veau. L'insulte suprême à la nourriture selon moi. Un traumatisme incurable lié à l'enfance.
  • Prénoms préférés du moment : .... ça.... c'est une question que je ne pose jamais... 
  • Quelle voiture conduis-tu ? Un break. Un grand truc immense où on peut charger son matériel de camping pour partir à l'aventure, ou bien rigoler lors des déménagements. Je rêve d'avoir un camion.. 
  • Quels traits de caractère n'aimes-tu pas ?.... la connerie et ses dérivés ?
  • Habits préférés : Les propres.
  • Si tu pouvais partir n'importe où en avion, où irais-tu ? A la Réunion voir Jo, à Berlin approfondir ma visite, dans une vingtaine de capitales différentes surtout européennes, puis plus loin de manière générale. J'irais bien à Venise aussi en ce moment. Et à Jérusalem, mais c'est un peu tendu parait-il. Aussi à Lexington retrouver une copine de lycée, et dans le sud de la France voir d'autres copines qui ont quitté la région. Il y aussi les musées de peintres flamands d'Amsterdam que je voudrais voir, et le soleil qui ne se couce jamais au pôle Nord, et Alta en Norvège, et Québec pour entendre des gens parler français avec un accent rigolo, et au détroit de Bering pour voir si on aperçoit l'autre continent en face et... quoi, fallait se limiter? c'est castrateur, finalement...
  • Où veux-tu passer ta retraite ? Franchement, vous y croyez encore, vous à la retraite?
  • De quel anniversaire te souviens-tu ? De ceux des autres... (pareil que Phèdre. D'abord, c'est elle qui est à l'origine de tout ça, donc je m'octroie le droit de copier. Non mais.)
  • Ta date d'anniversaire ? Beaucoup trop indiscret.
  • Si tu étais une couleur ? Noir, violet, bleu, vert... ou rouge.
  • Chocolat ou vanille ? Tout dépend dans quelle recette.
  • Dernière personne au téléphone ? Voir question concernant ma date d'anniversaire.
  • Sucré ou salé ? Tant que c'est bon, je ne suis pas sectaire.
  • Depuis combien d'années travailles-tu au même endroit ? Au même bureau, 4 ans, dans le même bahut, bientôt un an, pour le même employeur, bientôt 6 ans, dans les mêmes bibliothèques... presque 11.
  • Jour de la semaine préféré ? Ceux où je ne travaille pas.

Et quand on a méticuleusement répondu à tout, on renvoie en quelle quantité?
Dans le doute, je vais Tagger Messaline pour fêter son retour dans l'univers des blogs!
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L'appel de la lune (Patricia Briggs)

19 Février 2009 , Rédigé par Angua Publié dans #Lectures SFF

Je ne vais pas très fort en ce moment.
Rassurez-vous, ce n'est pas un article où je ne vais faire que me plaindre (j'en entends venir d'ici sur le thème "hé, elle nous fait le même coup à chaque veille de vacances! Tu parles d'un prétexte pour lire tout et n'importe quoi!" . D'une part, ils auront parfaitement raison, et d'autre part, c'est mon blog, donc j'y cause de ce que je veux.)
Bref. Je ne dégouline pas d'énergie et ne ruisselle pas non plus d'intelligence ces temps-ci.
Au point que, tenez-vous bien! L'incroyable s'est produit.
Entrée dans une librairie pour feuilleter des éditions scolaires de l'Ile au trésor que je n'ai pas trouvées (où va le monde, je vous le demande!)
, j'ai cédée à la tentation. Ce qui est rare, je suis d'une nature forte dans le domaine!
Mais une couverture m'a attirée l'oeil. Certes, je l'avais cherché, bifurquant presque consciemment dans le coin consacré à la littérature de l'imaginaire. Couverture croisée lors de multiples errances sur des blogs littéraires, où je prends soin chaque fois de prendre de scrupuleuses notes, histoire de garder des traces et d'aller à l'essentiel en cas d'envie frénétique de livres. Couverture croisée donc, et associée au genre "bit-lit", goûté avec Fascination, genre par lequel je savais que je me laisserais à nouveau tenter.
Peut-être est-ce là que je précise que des titres et des noms d'auteurs... j'en avais noté une bonne floppée.
Me revoilà donc sortie, fière comme Artaban (vous savez, le héros de La Calprenède? Bon, je n'avais jamais entendu parler de l'auteur avant ces cinq dernières minutes, où je me suis interrogée sur l'identité de ce fameux Artaban.)
Aussi fière que lui, vous dis-je.
Me réjouissant déjà à l'idée de la longue pause qu'allait s'octroyer mon cerveau lors de sa saine lecture!
Et bien... Vous savez quoi?
Dès les premières lignes, j'ai senti qu'un sérieux truc clochait.
Parce que... ce que je m'attendais à lire, c'était Morsure, de Kelley Armstrong. Et que l'histoire de la femme mécano, c'était celle de ce roman publié chez Brage avec une couverture d'Harlequin.
Jamais cela ne m'était arrivé... mais au lieu de continuer à m'inquiéter pour ma santé mentale, peut-être vais-je vous en parler?

Parce que je l'ai lu. D'une traite même.
L'appel de la lune est l'histoire de Mercy, une changeuse (créature humaine qui a la possibilité de se transformer en coyote où elle veut et quand elle le veut. Bien plus pratique que ces bons vieux loups-garous qui ont ici aussi des problèmes de contrôle et subissent l'influence de la lune). Elle vit parmi les humains qui ignorent sa nature malgré le coming-out des faes, lutins, gnomes et autres créatures magiques innoffensives, a dans son voisinage l'alpha de la meute de loups-garous du coin et a été élevée par une autre meute. Un beau jour, débarque un jeune loup dans son garage, qu'elle prend son aile... jusqu'au moment où les choses tournent mal.
Je ne vous en dirai pas plus pour ne pas gâcher le plaisir de la découverte, car cette lecture facile fut un réel plaisir. Rien à voir avec l'ambiance dégoulinante de mièvrerie et d'innocence de Fascination: chez Patricia Briggs, les personnages meurent, la violence est aussi présente que dans notre univers, ils ont des sentiments sans niaiserie, rien n'est totalement blanc ni noir. Et au final.... c'est vachement bien. Non, pas de la haute-grande littérature, mas c'est vraiment un bouquin sympa, sans prétention, qui présente beaucoup plus d'intérêt que la série de Stephenie Meyer dans un univers beaucoup plus foisonnant que j'aurais envie de rapprocher de la fantasy urbaine... s'il ne s'installait pas en bonne partie dans les bois.

Bref, lisez-le en cas de grosse fatigue! Le plus dur étant finalement de ne pas se laisser dégoûter par la couverture (nan mais je vous jure! Pire que ce que j'imaginais, cette illustration, le sourire porno dans la mise en scène type "Harlequin frissons", c'était vraiment le truc à éviter!) ni par la traduction qui laisse franchement à désirer, ni encore par les coquilles(nombreuses). Pour la peine, je lirai le suivant en anglais!

Edit: Une autre barrière à passer: le 4e de couverture. Personnellement sans les avis enthousiastes lus ici ou là, JAMAIS je n'aurais daigné m'intéresser à un texte où on trouve des choses comme "pas une filles des plus banales"; "dure à cuire", "son voisin très sexy"... j'arrête là le florilège, vous aurez constaté sans moi que c'est du lourd)





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L'île au trésor (Pierre Pelot)

17 Février 2009 , Rédigé par Angua Publié dans #Lectures SFF

Ah, l'île au trésor... Bones, vieux marin alcoolique et mystérieux, Chien Noir, pardon Pero Negro... le Barraco, point de lumière au milieu de l'orage... et ce bon vieux Jim Hawkins. Et la carte de Flint, et surtout, surtout, Johnny Jump Silver...
Une série animée reprenant le tout a bercé mon enfance, sans doute est-ce pour cela que ces noms résonnent aussi fort dans mon imaginaire, qui a pourtant lu deux fois le roman des origines. Pourtant, je n'envisageais pas particulièrement de lire le roman de Pelot, croisé par hasard dans une bibliothèque.
Et je ne le regrette nullement...
La réécriture n'est pas un art facile, surtout quand le modèle choisi n'est autre que Stevenson. L'histoire est à la fois la même et différente, ce qui est, me direz-vous, le principe d'une réécriture, mais ici, il est difficile de qualifier autrement le résultat.
Les ingrédients sont là, transportés au milieu du XXIe siècle. En ces temps où plus aucune terre ne semble être à découvrir, la Grande Surprise (joliment pour parler de la montée des eaux, non?) a eu lieu et l'Amazone a maintenant la largeur d'un étang. Les Caraïbes ont vu leur surface habitable sérieusement réduite, mais la vie a globalement repris son cours, même si un certain nombre de détails prouvent que le monde ne va pas forcément bien hors de la vie des principaux personnages. Point de pillage de galion pour faire la fortune de Flint: il a vécu à une époque où il est bien plus simple de s'enrichir en détournant gros et convertissant en bon vieil or les sommes récoltées. Rien à voir avec la bourse: financer la politique bananière a été plus que rentable!

J'ai retrouvé le plaisir de l'Ile des origines. D'autres personnages grandiosement semblables, chaque souvenir de Stevenson qui fait l'histoire que j'ai en tête... vraiment une belle réussite. Pour la peine, j'ai recommencé Stevenson.
Et pour la peine encore, c'est décidé, mes élèves vont en profiter aussi, que diable!

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Envie de Mangas...

15 Février 2009 , Rédigé par Angua Publié dans #Lectures curieuses

En quête de lectures simples pour cerveau fatigué, faute de Diana Gabaldon sous la main, j'ai entrouvert un sac déposé par un ami, à faire passer à une autre amie, qui avaient tous deux découvert par hasard leur passion commune pour les mangas lors d'une soirée chez nous.
Les mangas, j'avoue que ce n'est pas mon truc. J'avais déjà tenté une ou deux fois, sans être convaincue. Déjà, lire en commençant par ce qui est habituellement la fin me demandait un effort énorme, voire impossible après des années de conditionnement européen.
Néanmoins, le manga m'intrigue. C'est un genre qui réussit à faire s'approcher de livres des élèves absolument réfractaires à tout ce qui peut y ressembler de loin (ou de près, ils ne sont pas sectaires), et rien que ça...
J'ai commencé par une approche sérieuse et théorique voilà quelques semaines avec le numéro hors série de la revue Beaux-Arts consacré au sujet. A l'heure actuelle, je ne l'ai toujours pas lu en entier, mais je me sentais déjà en territoire plus familier après avoir compris comment fonctionne le genre. A l'origine, il s'agit de feuilletons dont la durée de vie (et donc le nombre de volumes) dépend entièrement du succès rencontré auprès du public (et là, je comprends mieux pourquoi les Dragon Ball et autres Saint Seya qui ont bercé mon enfance forment de si grosses piles dans la partie garde-meuble de ma bibliothèque. Comment ça, j'ai une partie garde-meuble? Eh bien oui, les livres d'un ami parti au bout du monde sans savoir s'il reviendrait un jour sous nos lattitudes, mais très attaché à ses livres, qui leur cherchait un toit d'adoption. Mais laissons là l'aparté.)
J'ai donc pioché dans ce qui attendait dans notre salon le premier volume de la série Enfer et paradis. Par chance, il se lisait dans le sens habituel.
Mais...
Autant le dire tout de suite, ça m'a laissée de marbre. Je sais que cela fait partie du genre, mais les actions s'enchaînent bien trop vite à mon goût et les personnages passent leur temps à se taper dessus sans raison véritable, enfin, sans raison autre que vouloir être celui qui tape le plus fort. Là-dessus, une brigade mal identifiée arrive pour châtier tout ce petit monde, qui (in)vraisemblablement n'est pas censé se battre dans ce qui semble être une école où on apprend... à se battre justement. Un volume m'a suffi.
Toutefois, je ne voulais pas en rester là.
Remettant la pile à qui de droit, j'en ai profité pour demander de la lecture à l'autre fana de mon entourage. Précisant bien que je ne voulais pas de Shojo (oui, quand on apprend les mots savants, il ne faut pas laisser passer l'occasion de les caser dans une conversation!), ce à quoi elle a répondu que me connaissant, oui, le Shonen serait mieux... (NB pour les novices: le Shojo se destine aux adolescentes, brasse les histoires d'amour à l'eau de rose, le Shonen se destine lui au garçon, alliant scénario aux émois de jeunes japonais obsédés par les petites culottes. En gros, hein. Je ne prétends pas encore être spécialiste).

Et c'est ainsi que j'ai lu hier soir la série des Rose Hip Rose.
Et vous savez quoi?
J'ai même apprécié (merci aux schémas très pédagogique du début, enfin, de notre fin habituelle, qui expliquent enfin de façon claire par quelle bulle de quelle case commencer pour s'y retrouver!).
Bon, il faut être honnête: l'histoire n'est pas fracassante (une lycéenne appartient aux forces spéciales de la police, rencontre un lycéen qu'elle intrigue, des gros méchants prennent la mairie de Tokyo en otage, mon dieu que va-t-il bien pouvoir se passer?), mais a le mérite de rebondir sans arrêt et de présenter de la cohérence, malgré les allures clairement feuilletonnesques de l'ensemble.
Tout ça pour dire... que j'y reviendrai certainement en période grande fatigue! Mais que je n'ai pas (encore?) eu de révélation quant au genre du manga...


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Le crime de Paragon Walk (Anne Perry)

12 Février 2009 , Rédigé par Angua Publié dans #Lectures curieuses

En ces veilles de vacances encore trop lointaines où ma pensée quotidienne est "bon sang, ce que j'aimerais faire cours...", je trouve bon de plonger dans des romans rassurants, où tout est convenu ou presque, où toute prise de tête est absente et l'univers familier.
Bref, presque une humeur à lire Diana Gabaldon.
Mais n'ayant pas cette dame sur mes étagères, je me suis tournée vers Anne Perry, de qui j'avais acheté une série pour une misère voilà quelques temps.
Est-il bien nécessaire de résumer?
La société victorienne, un crime innommable est commis. Pitt, policier époux de la féministe Charlotte (quelle rebelle! Mariée avec un homme qui n'est pas de son rang social!), est envoyé mener l'enquête. Horreur! Il s'agit du quartier où vit Emily Ashworth, la soeur de Charlotte, ce qui ne manque pas l'inquiéter.
Bien sûr, l'héroïque Charlotte et le fidèle Pitt mènent l'enquête chacun de leur côté, dans des vestibules surchargés pour l'un et dans de folles garden-parties où l'on mange des sorbets pour l'autre. Le courage et les heureux hasards sont au rendez-vous (tout de même, être là au moment où un cadavre se découvre! Quelle chance pour le lecteur!), la surface craquelée d'une société trop rigide s'effrite comme à chaque fois et le coupable ne se dévoile qu'à la dernière page au terme d'un suspens... reposant.
Cela tombait bien, c'est de cela que j'ai besoin: me reposer l'esprit!
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Les contes de Beedle le Barde (Joan Kate Rowling)

10 Février 2009 , Rédigé par Angua Publié dans #Lectures curieuses

Après l'immense plaisir pris à la lecture des aventures de  Locke Lamora, il fallait que je passe à quelque chose bien différent pour éviter de trouver le prochain roman trop fade... Certes, les Contes de Beedle le barde sont bien différents, mais l'enthousiasme est loin d'avoir été au rendez-vous.
A la décharge du recueil, je n'aime pas trop les contes. Perrault me passionne, mais pour sa langue et ses allusions, travailler le conte en classe a toujours pour moi des allures de remâché. Non, je ne dénie pas la dimension symbolique de la chose, mais... voilà, c'est dit, les contes m'ennuient si l'on s'en tient à un niveau purement formel.
Toutefois, je n'avais pas préjugé en commençant ce livre. A part celui que je me suis efforcée d'étouffer, qui chuchotait qu'il ne s'agissait que d'une opportunité commerciale.
Finalement, cette petite voix avait peut-être raison. Je n'ai pas retrouvé le plaisir de l'univers d'Harry Potter malgré les commentaires de Dumbledore.
Pour ce qui est des contes en eux-mêmes, ils sont des plus classiques. Si classiques mêmes, si convenus que n'importe quel élève de 6e après un peu de boulot sur le sujet aurait été capable de les écrire: les poncifs du genre sont tous là, démontrant au moins une bonne connaissance de ce qu'est le conte de la part de l'auteur... du moins dans le principe, car même si on fait abstraction des commentaires dégoulinant de bons sentiments de Dumbledore, j'ai trouvé que dans l'ensemble... tout cela reste près du plancher. Trop de bons sentiments, aucune nouveauté... bien dommage, j'espérais mieux.

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Les Mensonges de Locke Lamora (Scott Lynch)

9 Février 2009 , Rédigé par Angua Publié dans #Lectures SFF

Il y a bien longtemps que je ne m'étais ainsi laissée happer par un livre! Happer est bel et le terme qui convient, ce roman est une pure merveille dans laquelle j'ai été emportée du début à la fin.
Je crois même qu'il fera partie des rares élus que j'irai acheter après les avoir empruntés. Ils sont peu nombreux, et celui-là mérite vraiment de figurer dans ma bibliothèque.

Comme le Quadrille des assassins, j'ai découvert ce roman dans le Magazine Littéraire de décembre, dans une liste de lectures conseillées pour découvrir le genre. Lui non plus me m'évoquait rien, que ce soit par le titre ou le nom de l'auteur, et il aurait vraiment été dommage de passer à côté d'une telle merveille.

Locke Lamora est le chef des Salauds Gentilshommes, bande de voleurs installés dans les sous-sols de la Ville-Etat de Camorr. A l'instar des autres bandes, les Salauds versent un pourcentage de leurs gains au Capa Barsavi, grand ponte de la pègre garant d'un accord passé avec le gouvernement local sous le nom de Paix Secrète. Le fonctionnement est simple: les voleurs volent pour vivre, mais pas n'importe comment, ni à n'importe qui (Scott Lynch aurait-il lu Pratchett?)
A priori, rien ne distingue les Salauds Gentilshommes des autres bandes. Et pourtant.
Élevés dès leur plus jeune âge par le vieux Chains, prêtre apparemment aveugle de Perelandro, ces voleurs sont plurilingues, maîtrisent les Arts culinaires et le moindre élément d'étiquette nécessaire en haute société. Ils ne sont pas de simples pickpockets comme tout le monde le pense, mais bien la plus géniale association de malfaiteurs de la ville, capables de se grimer de mille façons pour soudoyer les plus hautes fortunes de Camorr.
Je n'ose aller plus loin dans mon résumé, de peur de gâcher l'immense plaisir de la découverte que procure ce roman. Le quatrième de couverture le compare à Arsène Lupin et Oliver Twist, et pour une fois, je suis d'accord avec les éditions Bragelonne: le personnage de Locke Lamora est digne de ces noms et de ses prédécesseurs de la cambriole dans la littérature mondiale.
Non seulement, le personnage de Locke et ses acolytes sont hauts en couleur et minutieusement travaillés, mais ils s'inscrivent dans une intrigue riche en rebondissements, dont certains sont même imprévus, ce qui n'est jamais gagné dans ce type de littérature. De plus, l'écriture, malgré le filtre de la traduction, est d'une grande finesse, ce qui relève parfois de l'exploit face au langage fleuri de la pègre ici mise en scène, ou lors de scène de tortures qui rappellent que le monde n'est pas angélique... aussi imaginaire soit-il.

A conseiller, sans hésitation aucune! Ce roman est tombé à point nommé pour moi en cette période houleuse (le bel euphémisme!) au collège et m'a permis d'oublier un temps la violence réelle dans laquelle je travaille au quotidien. A lire, relire, et garder sous la main!
Seul problème à présent: quelle lecture est digne de suivre, en attendant la suite?



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L'enfant noir (Camara Laye)

6 Février 2009 , Rédigé par Angua Publié dans #Lectures curieuses

Voilà un bon moment que ce bouquin traînait sur une étagère. Tout là-haut, avec les autobiographies ou "assimilés comme tels", acheté d'occasion suite aux conseils d'un élève.
N'aurait-ce été cet élève-là, je crois que je en l'aurais pas acheté, juste emprunté un jour. Un casse-pied de première pour qui j'avais beaucoup d'affection, réfractaire au français (et au collège en général), qui me l'avait apporté quand j'avais demandé à sa classe de faire des exposés pour présenter des livres. Il l'avait étudié l'année précédente, et son enthousiasme incapable d'aligner deux phrases à la suite pour le résumé m'avait convaincue.
Bon, convaincue qu'un jour je m'y mettrais, il a tout de même fallu quelques années avant que je ne l'ouvre. Et encore, parce qu'il paraît que je vais aller en voir l'adpatation avec mes élèves et que je voulais savoir un peu plus précisément de quoi il en retournait.

On ne peut pas dire que je partage pleinement son enthousiasme, mais je l'ai compris. Ce récit autobiographique (et donc rangé au bon endroit, ô joie fétichiste!) se lit facilement sans être un texte facile, utilise des mots et une langue simple et épurée, sans être simpliste.
Difficile de résumer ces souvenirs d'enfances, puisque c'est de cela qu'il s'agit. D'instantanés des moments qui rythmaient l'enfance du jeune Laye, mais aussi des moments-charnières, de la circoncision à son arrivée à l'école de Conakry en s'achevant sur son départ pour la France.

Un livre plein de qualités, donc.
Mais....
Il y a un mais.
Je sens que je vais l'oublier rapidement. Contrairement à la question qui me fascine: pourquoi ai-je autant de mal à prendre du plaisir (un réel plaisir gratuit, pas celui qui consiste juste à penser que le texte qui est lu est "bon") à lire un récit se déroulant en Afrique?
Pourtant, je trouve souvent les personnages intéressants. Nobles, aux valeurs ancestrales, souvent proches de la terre nourricière. Mais je trouve qu'ils se ressemblent toujours et m'ennuient... seul Kirinyaga avait échappé à la règle, et on peut difficilement dire qu'il fasse partie des romans situant leur action en Afrique. Je n'en ai pas encore trouvé qui dépassent les archétypes présents dans les contes africains, contes que je connais seulement à travers les manuels scolaires, la carence vient peut-être de là.
Tout comme je n'arrive pas à m'intéresser vraiment à "l'exotisme", face auquel j'ai toujours l'impression d'être face à une image d'Epinal réductrice. J'aimerais pour une fois lire un roman qui prend pied en Afrique et présente autre chose que le griot si sage, la mère si bonne et maternelle, le père si philosophe, etc, etc...

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Gradisil (Adam Roberts)

4 Février 2009 , Rédigé par Angua Publié dans #Lectures SFF

Enfin terminé!
Oui, enfin terminé, car ma première pensée au moment de réfléchir à ce roman concerne son épaisseur. Et sa longueur, ce qui ne va pas forcément de paire. Un roman long et dense...
Pourtant pas si dense que ça pour ce qui est des évènements: il présente une histoire de la conquête des Hautes-Landes, territoire spatial quasiment illimité qui gravite autour de la Terre et rassemble un amas hétéroclite de fous d'apesanteur et de panoramas dignes de 2001, l'odyssée de l'espace. Des passionnés de vie extra-terrestre, qui se sont bricolé de bric et de broc des habitations et les avions y menant, appareils qui grimpent à travers les branches d'Yggdrasil. L'arbre mythologique est à prendre ici au sens métaphore, il permet d'accéder à la magnétosphère où gravitent les logements de l'espace, procédé bien plus doux que la propulsion habituelle des fusées.
La narration se fait à travers l'histoire de trois générations, et s'ouvre avec le récit de Klara Gyeroffy, fille d'un pionnier haute-landais. Arrachée à la maison construite par son père, elle consacre sa vie à son retour dans les Hautes-landes jusqu'au jour où elle tombe enceinte et se voit contrainte de retrouver la gravité pour mener sa grossesse à terme.
Le second récit met en scène Gradisil, fille qui doit son prénom à une  déformation enfantine d'Yggdrasil, déformation qui a rythmé les années de jeunesse de Klara. Gradisil est un personnage complexe, étrange, froid, calculateur... qui fait tout pour unifier les Hautes-Landes et transformer ses habitants, riches terriens expatriés ou criminels fuyants le sol terrestre, en un peuple à part entière et faire face à la menace terrienne, ici sous la forme de la politique américaine visant à recueillir des impôts de la part de ces hommes au-dessus des lois.
Cette seconde partie, discrètement préparée par la première, est le coeur même du roman. Il ne s'agit plus de l'histoire passionnée d'une Haute-landaise condamnée au plancher des vaches, mais de pure politique, où toute la froideur calculatrice humaine est au centre du récit, dénonçant les manoeuvres politiques au détriment de l'humain, la manipulation et le processus qui amène à faire d'un fanatique, justement, une véritable icône.
La question de l'absurdité politique se pose d'ailleurs autant dans les deux camps. La guerre obéit, en ce XXIe siècle finissant, à une batterie de lois complexes et déterminantes pour la perenité de ses résultats comme pour l'opinion publique... si le droit a évolué, le bellicisme a encore de beaux jours à venir.

Comme je le disais en introduction, ce roman est long. Les allusions et descriptions poétiques de la Terre vue du ciel sont souvent belles et rendent frustrante notre condition de "rampants", malheureusement elles se font trop répétées, aussi bien dans leur fréquence que dans leur formulation, et sont souvent intégrées au monologue intérieur interminable des narrateurs. Lequel monologue peut parfois s'étendre sur des dizaines de pages, diluant une action ou une réflexion politique en cours qui ne méritait pas qu'on s'en écarte pour autant...
Je retiendrai toutefois la force narrative globale de ce roman. Malgré ses longueurs (fatiguantes, je n'ai pas compté le nombre de fois où je me suis endormie dessus. Certes, lire après une journée de collège n'est peut-être pas le meilleur moment, mais l'assoupissement est toujours révélateur chez moi d'un manque de rythme dans mes lectures...), malgré ses longueurs, donc, le destin de "simples" êtres humains devient passionnant au regard de l'histoire. Car c'est finalement de cela qu'il s'agit: une nouvelle histoire du future...

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