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  Journalsemilitteraire

Autobiographie d'une courgette (Gilles Paris)

25 Juin 2008 , Rédigé par Angua Publié dans #Lectures curieuses

Un roman aussi bref que jubilatoire!

Le sujet n'a pourtant rien de gai. Courgette, Icare pour l'état-civil, vit seul avec sa mère, alcoolique, dépressive, parfois violente avec lui. Malgré son jeune âge il a compris l'origine du problème: son père est parti avec, idée curieuse, une poule, et le ciel a quelque chose à voir dans l'histoire. Qu'à cela ne tienne! Le jour où il trouve un revolver, le problème devrait pouvoir se résoudre en tuant ledit ciel.
Le projet tourne mal: sa mère arrive, par le bruit alertée, et semble désapprouver le projet. Surtout quand elle prend une balle et joue à la morte, comme ces femmes toute molles dans les films. Bien conscient d'avoir fait une bêtise, Courgette file se cacher au grenier où il sera à l'abri des coups, jusqu'à ce que monsieur Raymond, gendarme de métier, vienne l'en déloger pour l'emmener dans un foyer.
Sceptique dans les premiers temps, Courgette finit par être convaincu par sa nouvelle vie et ses nouveaux amis, aussi perturbés soient-ils, tout comme il finit par s'habituer à l'idée que sa mère est finalement partie pour ce ciel honni, même s'il doute qu'elle préfère jouer de la harpe à boire des bières.

Une histoire personnelle qui pourrait sembler tragique, traitée avec un ton qui ne l'est en rien. Le style de Paris se veut enfantin sans toujours l'être, et m'a rappelé plus d'une fois Le Petit Nicolas qui m'a toujours particulièrement réjouie. Un bémol toutefois: à plusieurs reprises je me suis interrogée sur ce qu'il fallait comprendre de Courgette... Simplement un pauvre gamin, ou un léger handicapé mental? Au final, un peu des deux, mais je trouve dérangeant d'hésiter ainsi sur la lecture à faire de certains commentaires, attribués à l'enfance, mais qui m'ont rappelé des raisonnements rencontrés avec des handicapés.
Et puis, l'image des services sociaux en France... on pourrait croire que l'éducatrice qui se laisse tripoter par le maître nageur, ou celle qui n'a pour vie et pour famille que les enfants du foyer sont caricaturales, mais la réalité ressemble étrangement à ce qui fait sourire, voire grincer des dents.
Néanmoins, un moment de plaisir, qui doit durer une petite paire d'heures!
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Lucille (Ludovic Debeurme)

7 Juin 2008 , Rédigé par Angua Publié dans #Lectures curieuses

Il y a des titres que je n'irai jamais chercher par moi-même, mais qui sont parfois d'excellents moments de lecture quand ils arrivent par hasard... voilà ce qui s'est passé avec Lucille.
Errant pour ma balade mensuelle dans la médiathèque du coin, l'âme en peine de ne rien trouver et sans envie précise, je me suis tournée vers les BD, où j'ai parfois l'instinct efficace.

Et là, que vis-je en exposition? Lucille. TItre dont j'avais vaguement entendu parler à la TV, ce qui en soit, est rare au vu du peu de temps que je passe à la regarder, et d'autant plus surprenant que qu'il m'était resté en tête.
Appâtée, je me suis approchée pour le feuilleter. Puis finalement me suis assise pour le découvrir plus confortablement. Et puis, en fin de compte, en ai levé les yeux ) peu près une heure plus tard, une fois la dernière page tournée.

Lucille est anorexique et vit seule avec une mère avec qui elle communique peu. Vladimir est fils de pêcheur, issu d'une famille d'alcooliques.
Deux portraits d'adolescents sans grande originalité, mais la sobriété du dessin, liée à  une grande efficacité, des textes brefs mais incisifs, le noir et blanc... forment une atmosphère bien particulière, à laquelle j'ai eu du mal à m'arracher. Oui, m'arracher, c'est vraiment le terme exact: me relever pour aller jusqu'à la sortie et croiser de vrais gens en 3D et en couleurs m'a demandé quelques minutes...

Un beau moment inattendu dans cette après-midi!
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L'étrangleur de Cater Street, Le mystère de Callander Square (Anne Perry)

7 Juin 2008 , Rédigé par Angua Publié dans #Lectures curieuses

Décidément, la fin de l'année est dure au collège, et je lis de plus en plus de romans pour m'évader... à savoir, sans prise de tête réelle (chose que pourtant j'adore), intrigues et univers simples...
J'avoue que je le regrette, mais si je suis complètement honnête avec moi-même, j'en ai besoin.

Voilà donc, comment je me suis plongée dans les romans d'Anne Perry, sur les conseils avisés de forumeuses tout aussi prof que moi.
Ces romans répondent exactement à ma commande du moment! Du
simple mais construit, de l'agréable mais bien écrit, des intrigues simples (mais qui est donc le coupable?) dans un univers immédiatement compris (l'Angleterre victorienne)... encore une fois, je me sens mauvaise chroniqueuse de polar, et me priverai de résumé trouvable partout ailleurs, mais je me permettrai de vous conseiller Anne Perry... parce qu'au fond... ce n'est pas si mal que ça.
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L'homme qui rit (V.Hugo)

7 Juin 2008 , Rédigé par Angua Publié dans #Lectures classiques

Finalement, rien ne vaut un bon classique de temps en temps. Sans relancer le débat sans fin pour définir ce qu'est un classique, je crois qu'un élément de réponse est là: le classique est un texte auquel on peut faire confiance. Quel que soit le nombre d'années écoulées depuis sa publication, il reste un texte porteur, auquel on peut s'accrocher, et où on trouvera toujours du fond et une langue belle...

Je parlais il y a quelques mois des Misérables, qui m'ont toujours rebutée dans leur intégralité, mais c'est sans a priori que je me suis lancée dans L'homme qui rit. Motivée dans ma démarche par la récente lecture du Dahlia noir, il faut l'avouer, mais aussi par la présence du tome 1 sur une étagère depuis bien longtemps.

Et bon sang, quel moment de lecture!

Pourtant, ce roman n'est pas une lecture facile, loin de là. L'action commence tard, les portraits des personnages pourraient être interminables... Mais chaque mot a son importance, chaque phrase est millimétrée au plus juste pour faire du récit du destin de Gwynplaine une horlogerie à l’immonde exactitude.

Mais qui est donc Gwynplaine ? Je savais avant ma lecture qu’il s’agissait d’un personnage défiguré dans son enfance par les Comprachicos, bourreaux créateurs de phénomènes de foires, un rapide tour sur le net m’avait également appris que le personnage fascine et a marqué les esprits… inspirant entre autre le Joker de Batman.

Finalement, des informations bien fadasses par rapport a celui qu’est Gwynplaine et la force de l’homme de papier créé par Hugo.


L’homme qui rit est à la fois une fabuleuse galerie de portraits, historiques ou anonymes, et un document passionnant sur l’Angleterre d’il y a deux siècles. Une histoire de rébellion et d’amour. Une nouvelle image de la lutte des classes… et le tout dans une langue superbe. Des critiques et des spécialistes hugoliens ont qualifié ce roman de « baroque » … j’en doute encore, mais l’esprit qui s’en dégage est incomparable, et pourrait effectivement accepter le qualificatif

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