Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
  Journalsemilitteraire

Lire une bonne merde.

26 Décembre 2007 , Rédigé par Angua Publié dans #Un journal semi-littéraire

Oh, le vilain titre!

Mais tellement nécessaire...

Je m'en explique. Je lis beaucoup peut-être, de tout, et parfois ce qui me tombe sous la main. Parfois, je m'attends à quelque chose (ça doit être bien, ça doit être ch..., je vais me régaler, etc, etc). Parfois, non.
Parfois, je cherche volontairement des "choses" décérébrantes. Vous savez, dans ces périodes où le cerveau surchauffe, et où le moindre effort intellectuel a du mal à trouver l'énergie qu'il mérite? Le mien de cerveau appelle toujours à la lecture, quelles que soient les circonstances. A des lectures légères, de celles qui se lisent sans effort mais jusqu'au bout.
Ou à des lectures qui se lisent avec tant de plaisir que l'effort de tourner les pages est vite oublié. Problème pour cette dernière catégorie: soit, je sais que je vais me régaler parce que déjà lu (c'est le cas de Pratchett: tjs du bonheur, mais pas de surprise quand je suis en quête en pleine nuit d'un truc nouveau à lire là, tout de suite, maintenant), soit, je ne sais pas que je vais me régaler parce que pas encore lu. Là, je ne me lance pas.
Et parfois, je tombe par hasard sur un livre qui se lit tout seul et laisse toute forme de réflexion à l'écart. Les vacances du cerveau, pendant lesquelles on pourrait me vendre plein de Coca.

C'est arrivé la semaine dernière. Au détour des rayons d'un bouquiniste, que trouvé-je? LA Bonne Merde. Celle qui produit cet effet là.

La Bonne Merde (que je désignerai affectueusement par LBM pour la suite de cet article) est un livre qui se lit quasiment d'une traite, en une ou deux heures. L'intrigue est simple, convenue, le vocabulaire limité à 200 mots, les pages épaisses pour donner l'impression qu'on avance vite dans un bon gros bouquin.
Il y a des tentatives d'orignalité: le nom d'un personnage, d'un démon, des effets spéciaux, mais des repères clairs et indispensables, à savoir des gros méchants bien méchants, de l'ésotérisme de sous-sol, des gentils pas trop trop gentils sinon ça se verrait.

Là, j'en ai trouvé une excellente. Classée horreur-fantastique. "Pour public averti", annonçait la couverture, prometteuse.
Et je connaissais l'auteur de réputation. Quelqu'un qui m'inspire de la sympathie (peut-être plus encore maintenant), un homme à peine plus vieux que moi, qui a conclu sa quête d'identité adolescente en choisissant de devenir le Cliché de l'Auteur Gothique Contemporain.

Je ne connais pas assez ce milieu pour savoir si cet objectif est atteint.
Mais pour ce roman, Angemort, pour ne pas le citer, le pari est réussi. Du sang, du sexe, des catacombes, des démons, une punkette, de la magie, des vieux bouquins, des morts qui renaissent à la vie... tout y est, vous dis-je!

J'ai bien rigolé. Je suis allée au bout. Et j'ai même aimé. Mais à chaque "nouvel" élément (nouveau pour le roman, hein, parce que pour le genre, rien, vraiment rien de neuf sous la soleil), j'ai pensé: "mais quelle merde!"

Voilà donc ce qu'est une Bonne Merde. Un bouquin ouvert par hasard dans ce cas précis, dans lequel j'ai pris du plaisir, mais que je ne relirai jamais. Parce que vraiment...

Lire la suite

De cape et de crocs

26 Décembre 2007 , Rédigé par Angua Publié dans #Lectures curieuses

Une bonne BD de temps à autre, que c'est bon!

capes.jpgDon Lope et Maupertuis sont deux héros dans la Venise du XVIIe, en quête d'amour, d'aventure, de duel et d'honneurs. Embarqués un peu par hasard dans la quête d'un trésor (à s'en demander ce qu'ils sont allés faire dans cette galère), les voilà partis à l'aventure, amoureux, galériens, naufragés, et toujours sauveteurs du plus faible.

C'est jubilatoire. Le dessin est agréable, truffé de détails qui arrêtent l'oeil, les dialogues savoureux et imbibés de références classiques (Baudelaire, Molière, Baumarchais, LaFontaine, pour ne citer que ceux-là) et les jeux de mots nombreux. C'est bon, c'est excellent, c'est prenant, et ça se lit tout seul.

Bref, il faut s'y plonger absolument!

En ne négligeant pas un détail -de taille, qui m'a fait hurler à la fin: quatre volumes attendent à la fin de ce premier livre, qui regroupe en fait les trois premiers tomes...

Lire la suite

Féerie pour les ténèbres (J.Noirez)

26 Décembre 2007 , Rédigé par Angua Publié dans #Lectures SFF

Je ne suis pas vraiment lectrice de fantasy, mais j'aime essayer de temps à autre un titre qui a undefinedbeaucoup fait parler de lui, histoire de voir...
C'était le cas de Féerie pour les ténèbres, encensé sur de nombreux blogs et fora.
Je m'y suis donc plongée avec un a priori plus que positif, enthousiaste, curieuse, bref... j'ai envie, et bien envie de le lire.

Et pourtant. Que j'ai trainé pour le finir! Jérôme Noirez renouvelle le genre, la Technole, déchets de notre monde moderne, envahit un univers de fantasy apparemment classique. Tout commence par un meurtre étrange, sur lequel Obicion doit enquêter: une jeune fille est retrouvée sans vie, l'examen de son corps apprend qu'une matière étrange est présente dans son organisme...

Peu à peu, les personnages se multiplient, les idées foisonnent et un style efficace, souvent amusant, sert efficacement la narration. Bref, un bon moment de lecture... pourtant j'ai pataugé. Ouvert et commencé d'autres romans avant d'y revenir et d'enfin le terminer. je ne saurais dire ce qui m'a manqué ou ce qui m'a ennuyée dans Féerie pour les ténèbres, mais finalement, je ne vois pas trop de raisons de le porter aux nues comme d'autres l'ont fait.
La qualité de ce livre est peut-être de se démarquer des "productions" de la fantasu actuelle: y trouver un bon roman, puisque c'est un bon roman, fait du bien et prouve que ce qu'on peut reprocher au genre, ses histoires préconçues et prévisibles, ne le caractérise pas.

Vu la difficulté que j'ai à en reformer l'histoire quelques jours après la fin de ma lecture, je peux affirmer sans m'avancer que je n'en garderai toutefois pas un souvenir impérissable...

Lire la suite

Les Misérables (V.Hugo)

20 Décembre 2007 , Rédigé par Angua Publié dans #Lectures curieuses

Il y a bien longtemps, sans doute quand j'étais encore lycéenne, je m'étais plongée dans les Misérables. Une première fois. Oui, l'histoire est belle, oui, Victor Hugo écrit bien, mais... trop de romances et de grandes idées, le tout trop étalé pour moi. Alors je l'avais mis de côté.

undefinedUn peu plus tard, l'oral du CAPES m'a laissé le choix entre le portrait du gamin de Paris et un poème du XXe siècle dont même le titre et l'auteur m'ont échappé. A l'époque, c'était le sens général du poème qui me manquait surtout, et Hugo avait le net avantage de paraître simple.
Excellent choix, qui m'avait vallu une note inespérée suite à laquelle je m'étais lancée à nouveau ans les Misérables...
Mais toujours pas. Bien trop d'autres livres en attente m'en ont détournée.

Puis cette année, me voilà en charge depuis la rentrée d'un groupe de soutien en FLS, dont les élèves de 4e étudient une version abrégée des Misérables. Lire un abrégé, oh non, jamais, grands dieux, et le faire étudier... loin de moi cette idée jusqu'à ce que je m'y mette aussi.

Parce qu'en fin de compte...
Osons le dire. Le dernier jour d'un condamné, les Contemplations, Hernani et d'autres me fascinent et me passionnent, mais les Misérables m'emmerdaient...  et en version light, j'en suis venue à bout en une semaine de tram.

Lire la suite

Swap SFFF: bien reçu!

19 Décembre 2007 , Rédigé par Angua Publié dans #Un journal semi-littéraire

Et oui, il est arrivé! 
Depuis plusieurs jours, je commençais à sérieusement me dire qu'il fallait que j'emballe ce qu'allait contenir le colis, mais ma swappeuse a été plus rapide! Merci beaucoup à Chiffonnette pour son magnifique colis!
Elle a réussi à trouver des livres que non seulement je n'ai pas encore lus, mais qui en plus ne dormaient pas déjà dans la bibliothèque, et dont encore plus je ne connais les aueurs que de nom! Quand je pense que mes proches n'osent plus m'offrir des livres alors que je ne demande que ça...

Voilà donc de petites images pour vous donner un aperçu de ces cadeaux qui ont réveillé mon homme hier matin:

Avant le déballage (A ce propos, tu ne débrouilles pas si mal,Chiffonnette! Tout ce qui se fait avec les mains est de l'ordre de l'ésotérique pour moi, je viens d'ailleurs de vivre de grands moments d'empaquetage avec l'aide de mon chat...)

DSC-0160.JPG

Je précise que c'est mon homme, éberlué et émerveillé en découvrant le concept du swap, qui a joué les photographes. Bon, nous ne sommes artistes ni l'un ni l'autre, et aucun n'a pensé que la table d'extérieur arrivée dedans à l'occasion d'une soirée n'était peut-être pas ce qu'il y avait de plus agréable pour l'oeil...

Nous voilà maintenant en cours de découverte... Un carnet de notes, des marque-pages, et surtout la gentille carte par laquelle j'ai commencé...

DSC-0162.JPG














Et enfin:

DSC-0164.JPG














Pour résumer:
Un carnet de notes
Trois marque-pages
Un mini-gateau de Noël (très bon choix!J'adore!)
Une boîte à secret surmontée d'une fée
Et surtout, surtout, trois romans:
La sève et le givre, de Léa Silhol
Le dernier voeu, d'Andrzej Sapkowski (du coup, l'Homme mentionné plus haut s'est penché d'encore plus près sur la question!)
Le vaisseau qui chantait d'Anne McCaffrey

Merci beaucoup!!!! J'attends avec impatience les vacances pour me plonger dans tout cela!
Lire la suite

Thud!

10 Décembre 2007 , Rédigé par Angua Publié dans #Lectures SFF

thud-copie-1.jpg

Ce sera bref...
Pratchett est drôle.
Pratchett est satirique.
Pratchett est doué d'une plume désopilante.
Pratchett est amusant.
Pratchett sait créer des personnages qui accrochent.

Mais comme nul n'est parfait en permanence, Pratchett est parfois un peu moins drôle et un peu moins bon. Et Pratchett en anglais, c'est quand même un peu plus compliqué, même si je l'ai terminé avec plaisir.

Thud! est bon parce que le Guet est fort.
Et j'aime Pratchett. Mais parfois moins, et malgré un bon moment de lecture, Thud! ne figurera pas dans mes préférés.
Lire la suite

Le choix de Sophie

10 Décembre 2007 , Rédigé par Angua Publié dans #Lectures classiques

sophie.jpgQu'il est délaissé, ce blog, mais qu'il est délaissé!

Pourtant, j'ai lu. Et bossé mes cours d'étudiante, et bossé les cours pour mes élèves, et lu, et fait de l'allemand, et...

Et lu Le choix de Sophie. En pointillés, je l'avais commencé en quête d'un roman réaliste qui mettait en scène un personnage de survivant, puis d'autres lectures plus urgentes se sont imposées ou presque...

Pour résumer: le narrateur, Stingo, rêve de devenir écrivain. Après des déboires en tant que lecteur dans une maison d'édition new-yorkaise, il s'installe au "palais rose", pension familiale où il espère trouver tranquilité et inspiration. L'inspiration, certes, mais de tranquilité point... Réveillé une nuit par les ébats de ses voisins, il découvre leur histoire d'amour tumultueuse et passionnée. Sophie, catholique rescapée des camps de concentration, et Nathan, s'aiment et se déchirent avec fracas. Très vite, Stingo sympathise avec ce couple fusionnel, fasciné par le charisme hors pair de Nathan, et surtout fou amoureux de Sophie.

Ce roman est magnifique. C'est d'ailleurs ce qui lui permet de tenir dans la longueur: peu d'actions sur peu de temps, mais une précision psychologique, l'épisode juste au bon moment, et surtout, en filigrane, le passé de Sophie dans la Pologne nazie construisent une histoire fascinante. Le goût du détail juste donne un réalisme presque dérangeant au roman et a piqué mon intérêt là où il le fallait.

Ce n'est pourtant pas une oeuvre que je qualifierai d'exceptionnelle, ou qui m'aura plus davantage qu'un bon roman de SF. Le concept de l'"histoire d'amour" me laisse toujours indifférente, mais je pense que c'est dans ma nature, mais l'intimité dans laquelle parvient à nous faire entrer Styron a réussi à m'interpeller. Le double sujet n'y est pas indifférent: la folie de Nathan n'a pas été sans me rappeler des souvenirs et l'histoire de Sophie, son personnage et son désarroi ne peuvent que toucher.
Lire la suite