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  Journalsemilitteraire

Deus Irae

30 Septembre 2007 , Rédigé par Angua Publié dans #Lectures SFF

En quête de romans post-cataclysmiques, une encyclopédie en ligne bien connue m'a proposé une bibliographie où figurait ce titre (parmi d'autres qui n'avaient pas grand-chose à faire là). Et puis, visite à la Médiathèque, etc, vous connaissez la suite.

Dans un futur (lointain?) qui pourrait être le notre, la religion catholique s'efface progressivement devant l'évidence: après tout ce qu'Il a envoyé aux hommes, l'évidence s'impose, Dieu est un Dieu de colère, sans miséricorde. Son fils sur terre, Carleton Lufteufel, serait à l'origine de la dernière catastrophe atomique en date, qui a considérablement réduit le nombre d'hommes vivants sur terre et engendré  bon nombres de malformations, voire de mutations chez les êtres humains.
Un artiste sans jambes ni bras, Tibor, part à la recherche de Lufteufel, encore en vie selon la rumeur. Il a été engagé pour peindre une fresque représentant l'instrument de Dieu sur terre, et se voit contraint de partir en Pilg, pélerinage à travers la terre désolée qui entoure la communauté réduite à laquelle il appartient... 
Le monde dans lequel il voyage devient onirique, parfois à la limite cauchemardesque. Une entité intelligente, vestige informatique des temps passés erre en quête de "nourriture" humaine à glisser dans un bain d'acide, on appelle "Insectes" des humains sinistrement dégénérés, un ver géant laisse derrière lui une bave hallucinogène... 

Je n'avais pas lu Dick depuis mon adolescence et j'ai très rapidement eu l'impression de retrouvailles. Même s'il n'est pas seul à l'origine de ce roman, sa griffe psychédélique est là, et le doute entre rêve et réalité aussi. Cette frontière ténue me fascinait quand j'étais encore au lycée, retomber dans les oeuvres de Dick me rappelle les interrogations d'alors... Je n'ai plus l'impression de chavirer ressentie alors, car la découverte n'est plus tout à fait là (et j'en ai lus d'autres depuis, cela joue sans doute), mais un certain sentiment de malaise demeure bien présent à la lecture. Un malaise qui ne coupe pas l'envie d'aller jusqu'au bout. Juste pour savoir... si la réalité romanesque finit par se laisser toucher.
deus.jpg

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Le dernier Homme (M.Atwood)

30 Septembre 2007 , Rédigé par Angua Publié dans #Lectures SFF

Le temps me manque... et me manque cruellement, car j'aimerais prendre celui de détailler mes impressions de lecture  après Oryx and Crake (titre anglophone du roman susnommé).

Le narrateur est a priori seul survivant humain après une catastrophe biologique, un virus qui a ravagé l'humanité sans lancer d'autres survivants. Auprès de lui, les Crakers, gentilles créatures primitives, généreuses, incapables d'un raisonnement complexe, considèrent Snowman, ledit narrateur, comme un intermédiaire entre une divinité et eux-mêmes.
Au fil des chapitres, Snowman se remémore ce qui les a amené là. Son enfance dans une zone réservée aux nantis, loin des plèbezones, car son père travaillait dans un élevage de Porcons, porcs élevés pour la culture d'organes transplantables aux hommes. Sa mère, révoltée contre un monde qui joue avec la nature et criant d'inégalités. Puis Crake, l'Ami, le seul ami de l'adolescent qu'il était, avec qui il aperçoit un jour par hasard le regard d'Oryx sur un Pornmmomm..

Difficile de dire que cette histoire est belle car il s'agit du récit d'une déchéance, celle de l'humanité et de ses valeurs... la course au profit et au confort entraîne l'homme à sa chute dans ce roman, thématique loin d'être novuelles. Oryx and Crake est à la fois l'histoire de la chute et de la survie, de la survie d'un homme seul, qui résiste tant bien que mal à la folie.

Ce n'est pas le meilleur souvenir de lecture que je garderai de Margaret Atwood (ah, l'inénarrable Servante écarlate...), mais encore un vrai bon roman de la part de l'auteur.
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Prochain article sur...

27 Septembre 2007 , Rédigé par Angua

Ma dépression croissante à l'idée que ma librairie habituelle va fermer.

Peu de mots pour l'instant, je me sens bien trop orpheline.
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Chroniques du pays des mères (E.Vonarburg)

26 Septembre 2007 , Rédigé par Angua Publié dans #Lectures SFF

Difficile de se lancer tout de suite dans une "critique" de ce roman... pas seulement parce que ces derniers jours ont été bien remplis, mais aussi à cause de la nature même du roman.
Chroniques du pays des mères est loin d'être un roman facilement résumable. Bien sûr, on peut évoquer Lisbeï, l'héroïne que nous accompagnons tout au long de sa vie, et la société essentiellement féminine dans laquelle elle évolue. Le féminin omniprésent, dans les moindres pronoms indéfinis, le monde à la fois si libre et si contraignant qu'est le pays des mères...

Il y a une semaine que j'ai terminé ce roman, et la densité est restée. Souvent, au bout de quelques jours, l'univers s'estompe, l'ambiance se dilue... et là non. 

chroniques-copie-1.jpgRevenons-en à l'intrigue, donc. Lisbeï nait au Pays des mères, et dès sa tendre enfance se distingue par sa solitude et son esprit à part, empli d'interrogations et de besoins affectifs encore mal formulés auxquels ne peut répondre l'ignorance traditionnelle qui entoure les petites, considérées comme des non-personnes. Loique dans ce monde où la Maladie fait grimper en flèche la mortalité infantile.
Elle sort de ce monde clos en grandissant, pour, fille de mère,  devenir Mère elle-même... mais jamais le sang qui marque le début de sa formation réelle ne vient, elle passe du statut de jeune pousse Verte à celui de Bleue, femme qui ne sera pas concernée par les maternités nombreuses et nécessaires pour chacune.

Au-delà de l'histoire et du personnage fascinant de Lisbeï, l'univers laisse des traces pendant et après la lecture. Parce que tout dans ce monde est crédible. Cohérent, pensé... solide. Apaisé aussi. Le prix de cette paix est l'annihilation des sentiments entre les femmes et les hommes, simple bétail, rare, destiné  la reproduction. Qui interroge aussi sur les inhinibitions qui restent encore parfois dans notre société...

C'est une autre des raisons qui m'a fait adorer ce roman. Il est de ceux où on peut se plonger complétement, se noyer, se couper du monde alentours, où chaque pause demande un court instant de retour à la réalité. C'est un sentiment que j'ai rarement quand je lis, et quand je le trouve... je le savoure.

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On t'enverra du monde

9 Septembre 2007 , Rédigé par Angua Publié dans #Lectures classiques

Ah, San-Antonio...

Je me demande pourquoi je n'en lis pas plus souvent. Non, pas ces romans écrits par Frédéric Dard sous ce pseudonyme qui parle d'autre chose que de l'inspecteur (même si j'ai apprécié le seul lu jusqu'à présent, Y a-t-il un français dans la salle?), les bons vieux San-A du début, ceux où on croise Béru, Berthe et Félicie...

sana.jpgJ'ai été gâtée avec On t'enverra du monde, ils sont tous là. Berthe est tellement présente d'ailleurs que le roman débute par son enlèvement et le désespoir de son cher et tendre, assisté dans son désarroi par Alfred le coiffeur, amant de la délicate Berthe. Elle ré-apparait bien vite, mais le commissaire est fort intrigué par cette histoire, et met le doigt sur une étrange affaire d'enlèvement, celui du fils d'une star du cinéma, sieur Loveme.

Ce n'est pas l'intrigue l'important chez San Antonio: c'est le langage... Une langue qui se savoure sur laquelle on prend son temps et qui m'émeut chaque fois autant. Lire que "le bigniou grelotte" quand le téléphone sonne, qu"unmôme ligote les aventures du capitaine Haddock", que la mère Béru est "une pin-up des faubourgs, dite aussi la Vénus obèse"... je ne m'en lasse pas. Je prends un temps fou à lire car je veux être sûre de tout saisir, même si je suis persuadée qu'il me manque les références de l'époque. En 1959, mon père qui avait acheté les premiers que j'ai lus n'était pas bien vieux!

Un coup à être tentée d'investir dans la collection...

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Apportez moi la tête du Prince Charmant!

6 Septembre 2007 , Rédigé par Angua Publié dans #Lectures SFF

Azzie est un démon malchanceux, assigné à la gestion d'une fosse peu palpitante aux Enfers, jusqu'au jour où il doit raccompagner en surface un homme mort arrivé avant la date.

Il profite de l'aubaine pour goûter à nouveau aux joies de la vie d'en haut, et décide de participer au concours du Millénaire, déterminant pour les mille ans à venir: sera-ce le Bien ou le Mal qui aura le dessus?

prince.jpgLe voilà donc avec un projet novateur, qui emballe les autorités supérieures des Enfers: donner vie à un conte de fée classique d'une manière démoniaque. Reste à fabriquer les protaganistes sur mesure. Trouver un chateau, commander une forêt enchantée avec le budget qui lui est attribué... en espérant ne pas être invoqué au mauvais moment.

Comme le disair le blog de Loba, qui m'a fait découvrir ce roman, c'est un roman amusant et un bon moment de détente. L'humour fait sourire, mais n'est pas fabuleux et bien loin de celui d'un Pratchett, les démons et les anges m'ont souvent rappelé De Bons présages, beaucoup plus récent. Hommage, même veine littéraire, hasard de la sphère des idées? Même si Apportez-moi la tête du prince charmant m'a fait passer un bon moment, je n'en garderai sans doute pas un souvenir impérissable.

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Les joies de la rentrée

6 Septembre 2007 , Rédigé par Angua Publié dans #Vie de prof

Pour une fois, un article qui ne parle pas d'un livre! Je mettrai mes maigres lectures de la semaine à jour ce week-end, qui sera bien studieux...

Un article tout de même, pour évoquer la semaine, même pas encore terminée que je viens de passer, et faire partager à ceu que ça intéresserait (sait-on jamais!) les aventures d'une vie de prof...

Semaine bien chargée, où j'ai été du collège tous les jours de l'heure d'ouverture à celle de fermeture, à peu de choses près. Me voilà pour la première fois prof principale donc croulant sur la paperasse, caressant le secret espoir d'un jour être organisée...
Et de 6e. C'est mignon et gentil les 6e, au début. Sauf quand dès le 3e jour, les anciennes du collège jugent de bon ton d'insulter les petite mignonner émerveillées qui débarquent.

Me voilà également prof en classe d'accueil. Je suis hyper enthousiaste, même si mes cours de FLE sont très loin... mais je découvre aussi qu'il va falloir que j'apprenne à bien écrire au tableau, enfin. Jusqu'à maintenant, je pratiquais le lisible, les gamins avaient pour consigne de me demander, ils me voyaient tirer la langue en m'appliquant et prenaient pitié... là, la moindre lettre malformée apparaît telle quelle sur les cahiers!!! Horreur!!!
Un boulot monstre et beaucoup d'énergie pour tout ça!

Et semaine de paperasse perso, même pas encore terminée pour mon inscription à la fac.

Dans tout ça, j'en avais oublié une réunion de formation ce soir! Me voilà aussi sur le point de repartir...

Et encore, j'ai fini mes projets de l'été... moi qui comptais sur la rentrée pour me reposer, je crois que je fantasmais.

Mais j'ai néanmoins trouvé le temps lire. Un peu, juste un peu, mais c'est déjà ça!
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