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  Journalsemilitteraire

Merlin l'ange chanteur (Catherine Dufour)

31 Juillet 2007 , Rédigé par Angua Publié dans #Lectures SFF

Je viens de terminer la lecture du dernier opus de la série Quand les dieux buvaient... Si vous n'avez pas le bonheur de la connaître: plusieurs volumes qui peuvent être lus indépendamment (pour le 2e, seul qu eje n'ai pas lu, c'est à confirmer) où Catherine Dufour tord le cou des poncifs des contes de fées et remet d'applomb l'humanité de personnages classiques.

Dans ce dernier tome (enfin, dernier dans la numérotation, puisque le volume 0 est sorti il y a quelques mois), un ange et un angelot errent sur terre l'âme en peine après le départ de Dieu, qui est allé voir ailleurs si le gros rouge tachait autant. L'un est en manque de Foi, l'autre d'âme perdues dans les limbes à consoler...

L'ange s'acharne à chercher la foi, même s'il doit pour cela composer avec les fées, davantage préoccupées  de préserver la terre telle qu'elle est pour y poupougner leurs arbres, voire au passage les gentes damoiselles qui s'en approchent. On découvre ainsi les origine de la mythologie artusienne et du chrétinisme (si, si, chrétinisme)n la véritable identité de la dame du lac, les causes profondes des amours de la reine et du fameux chevalier ici sans charrette...

La première partie du roman met en place le tout. Suite à un "accident" magique, le lecteur arrive quatre siècles plus tard... fini la légende arturienne. les fées reprennent leur route, et l'ange et l'angelot fraîchement rencontré partent en quête de foi pour survivre.

C'est là que les choses se gâtent. Qu'ils tournent démon, ok, virent au vampirisme d'accord, s'ebaudissent devant l'inquisition, jubilent face aux buffet, d'accord. Le temps passe, l'un des deux construit le mythe et va s'installer au frais dans les carpathes, l'autre se rend compte qu'il préfère vivre dans son siècle, puis, zou, re-saut temporel... et nous voilà dans un futur où les hommes vivent dans l'espace et ont fait de la terre un simple champ touristique ou guerrier selon les zones.

Et nous retrouvons les personnages merveilleux dans un futur improbable (en soit, rien de gênant, moi j'aime les futurs improbables!), futur dans lequel les morts sont numérisés pour une nouvelle vie... et le conflit continue entre nos deux rescapés (enfin, le pré-mort et l'autre). Au final, ça dégénère totalement, et pour la première fois, je me suis ennuyée en lisant Catherine Dufour... en soit, rien de mauvais, mais tellement décevant après le délire des chapitres précédents! La cohérence disparait au profit d'un monde trop disparate pour être cohérent.

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Les trois reliques d'Orvil Fischer (T. Di Rollo)

26 Juillet 2007 , Rédigé par Angua Publié dans #Lectures SFF

L'apocalypse a-t-elle eu lieu? Il semblerait. Les hommes survivent sur Terre, luttant contre le froid et la soif dans un monde déchiré par une violence froide, le plus souvent gratuite mais jamais totalement inexpliquée.
Les grands-parents d'orvil Fischer sont victimes d'un tueur méthodique qui lui laisse la vie sauve, le hasard amène un médecin à le secourir et à lui rendre un bras perdu, mécanique parfaite qui s'ajuste à son corps comme s'il était sa propre chair. Remis sur pied, Orvil consacrera sa vie à chercher vengeance et devient à son tour un tueur, d'abord à lié à la protection de convois acheminant de l'eau, puis en solitaire, en justicier de l'ombre qui n'obéit qu'à ses propres lois.
La mort est omniprésente dans ce roman, mais Thanatos rencontre Eros avec Lauryanne, unique personnage féminin vivant. Les pulsions de vie et de mort s'entremèlent de plus en plus étroitement au fil des chapitres, jusqu'à la fin, qui semble ouverte mais ne peut l'être...

Toujours aucun espoir chez Di Rollo... même si l'atmosphère est moins travaillée et moins oppressante que celle de Meddik, Les trois reliques... est un roman qui fait froid dans le dos. L'avenir dépeint semble improbable (ou lointain...), mais l'humanité est bien la notre, celle d'aujourd'hui. Même si le polissage culturel n'est pas le même, la bestialité est déjà celle de notre époque.

J'ai du mal à déterminer si au final, j'aime les romans de Di Rollo. Rien ne les rend aimables a priori, entre les personnages déspérés et le monde de tout façon perdu qui les entoure... mais une chose est certaine: ce roman, à son tour, fait de l'effet et ne peut laisser indifférent... ni serein.
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American Psycho ( B.Easton Ellis)

26 Juillet 2007 , Rédigé par Angua Publié dans #Lectures classiques

Patrick Bateman est un golden boy étouffé par sa fortune... esthète, il cultive son image avec un acharnement maniaque et son cercle social selon un critère simple: le pouvoir.
Il incarne une image insupportable. Celle de la perversion poussée à son extrème par l'argent et son trop plein, la deshumanisation de l'homme face à l'aboutissement du désir matériel...
Patrick est si riche qu'il a perdu tout désir. Ce qui l'intéresse n'est pas accessible par l'argent: la souffrance de l'autre est le dernier moyen qu'il a d'éprouver du plaisir. Meurtres, tortures, viols se succèdent comme autant de soirées branchées...

Un personnage certes immoral, mais un roman qui dénonce la dérive de l'homme face à la fortune: quand les besoins matériels sont assouvis, sans moralité, rien ne reste... Et c'est là la douleur du personnage de Patrick.

Le texte dérange par sa crudité, mais peut-être encore plus par ses sous-entendus: de nombreux coups de fil à l'avocat du narrateur (le fameux Patrick) sont évoqués, le seul motif serait un vague viol; les allusions à une femme de ménage affamée... qui sont ces personnages? Jusqu'où l'argent a-t-il réellement eprmis à Patrick d'acheter ses fantasmes?

La force du roman vient finalement du non-dit... Mais ce qui est dit est déjà effrayant.
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Le dernier de son espèce (A.Eschbach)

26 Juillet 2007 , Rédigé par Angua Publié dans #Lectures SFF

Duane Fitzgerald semble être un paisible retraité de l'armée américaine, bien seul dans une petite bourgade d'Irlande. Or, s'il est retraité avant l'âge, c'est pour son rôle exceptionnel de cobaye: L'homme qui valait trois milliards a insipiré l'armée américaine qui a tenté d'élaborer de vrais cyborg...

Duane vit donc isolé, dissimulant son précieux secret d'état, jusqu'au jour où un homme arrive à Dingle pour le trouver...

Ce roman est surprenant. Chaque chapitre met Sénèque en exergue et le narrateur s'interroge en permanence sur ce qu'il est et ce qu'est sa vie, ralentissant l'action en réussissant à maintenir le lecteur en haleine... point de suspens insoutenable pour autant, mais un enchaînement des chapitres, des révélations et des souvenirs qui donne au dernier de son espèce un rythme curieux, à la fois haletant et posé...

Durant ma lecture, je n'ai pas eu le sentiment de lire quelque chose d'exceptionnel... cette impression s'est imposé après la dernière page. Finalement, malgré les horreurs vécues et racontées par Duane, une poésie qui invite à la réflexion se dégage incontestablement de l'histoire. Sénèque n'y est pas pour rien...
A
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Moi qui n'ai pas connu les hommes (Jacqueline Harpman)

26 Juillet 2007 , Rédigé par Angua Publié dans #Lectures SFF

Dans une prison souterraine, quarante femmes sont enfermées. Elles ignorent pourquoi, se doutent qu'elles ont été droguées avant d'arriver là, et ont l'interdiction de se toucher malgré une vie dans une très grande promiscuité... Parmi elle, la narratrice, enfant arivée là par erreur au moment de l'emprisonnement, n'a aucun souvenir de la vie d'avant.
Des gardiens anonymes viennent chaque jour les nourrir. C'est lors de l'un de ces ravitaillements qu'une alarme se déclanche, permettant au groupe de sortir pour découvrir une terre désertée qui n'est peut-être pas la notre...

Ce roman est dérangeant et novateur. Sa publication en littérature blanche maintient le doute sur son issue pendant une bonne moitié du récit, entretenant l'espoir qui disparaît peu à peu...
La problématique de la survie est omniprésente, et pose finalement une question cruciale: sans descendance possible, à quoi bon survivre? Toute une réflexion sur l'humanité et son fonctionnement sociétal s'enclenche, l'art de Jacqueline Harpman est de donner à chaque détail son importance dans un univers où tout ce qui est nouveau pourrait être vital.

 

 

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Harry Potter and the Deathly Hallows

26 Juillet 2007 , Rédigé par Angua Publié dans #Lectures jeunesse

Les aventures de Hary sont bel et bien terminées cette fois!
Très déçue par le précédent, j'attendais sans grande impatience ce dernier volume, qui m'a réconciliée avec l'univers de Rowling.

Est-il bien nécessaire d'en faire le résumé? Est-il possible de le faire sans gâcher le plaisir des lecteurs à venir?

Je me contenterai de quelques réflexions en vrac. L'action est beaucoup plus dynamique que dans le précédent volume, les personnages restent égaux à eux-mêmes.
Et ce que j'attendais a bel et bien eu lieu: une bonne vraie quête (impossible à regarder du même oeil après l'Immortalité moins six minutes de C.Dufour), des combats, une belle grosse bataille finale, des sauveteurs improbables arrivant miraculeusement dans les situations les plus critiques...
Les ficelles sont grosses, et les révélations trop nombreuses pour être honnêtes. Mais la révélation finale sur Snape (Rogue) m'a fait grand-plaisir: une théorie que je soutenais mordicus à tout mon entourage s'est vérifiée...

Au final, l'ensemble est convenu. Mais ce roman fut un excellent moment de lecture.
 
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Un cantique pour Leibowitz (Miller)

26 Juillet 2007 , Rédigé par Angua Publié dans #Lectures SFF

Une guerre entre les hommes a ravagé l'humanité, dégoûtant ses survivants de toute forme de savoir, jugés comme étant à l'origine de la catastrophe.
Pourtant, au fil des siècles, des hommes d'église ont réussi à préserver des bribes de connaissance, dans l'attente d'une humanité prête à les recevoir pour se reconstruire. Lors d'une retraite de Carême, un vieillard apparaît au novice Francis, lui ouvrant un passage vers un souterrain où des documents qui sembleraient avoir appartenu à Leibowitz sont dissimulés, préservés des siècles et des hommes...
Il s'agit d'un magnifique fix-up, où une profonde réflexion sur la science et la religion s'enclenche. Ici, les derneirs gardiens du savoir ont adapté ce qui reste du catholocisme pour en faire une foi amoureuse du savoir et de sa valeur, et une morale attachée à l'humanité malgré ses travers fatals. Les hommes d'église sont ici soucieux de faire avancer la science en redécouvrant les savoirs du passé, et désireux de mettre en garde l'humanité pour la protéger.
Mais un pessimisme réaliste construit l'ensemble: une seule apocalypse aura été insuffisante pour que l'homme comprenne ses erreurs...
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