Jeudi 9 juillet 2009
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2009
12:41
Décidément, la fantasy "classique" me laisse de marbre.
Pourquoi m'acharner à essayer d'en lire, alors? Mais... parce que! Parce que chaque fois arrive dans mes mains un roman qui me semble prometteur, auquel j'ai envie de donner sa chance. Parce que la
série des Salauds gentilhommes est une pure merveille, aussi fantasy
soit-elle, et ça, je ne l'aurais pas su sans la lire.
Ceci dit, Djeeb le Chanceur est un texte plein de qualité. Auxquelles, je ne suis pas sensible, c'est tout...
L'histoire début avec l'arrivée de Djeeb dans la cité d'Ambéliane, ville farouchement gardée par ses habitants et ses lois et naturellement protégée par la mer et de dangereux récifs. Dès les
premières pages, le personnage est posé: Djeeb cherche à se faire pour un autre et fera partie
de ces personnages mystérieux aux multiples talents, qui attirent la sympathie du lecteur. Le navire qu'il dirige suite à des circonstances peu orthodoxes accoste, et Djeeb échappe de peu aux lois
locales pour aller se réfugier dans une taverne où se révèlent ses talents de bateleurs, talents qui l'entraînent rapidement chez un notable de la ville où les ennuis continuent, pour grossir et
trouver leur solution grâce aux innombrables ressources de Djeeb.
De l'aventure, des rebondissements, du frisson, l'amoûûûr, de l'humour, les ingrédients habituels, pas trop mal dosés sous une plume souvent poétique.
Car s'il y a une chose qui m'a permis de terminer ce roman, c'est bien celle-là: l'histoire ne m'a pas absolument pas emballée, mais Laurent Gidon écrit bien. Si, si. Il sait choisir ses mots, a
des phrases très belles. Hélas gâchées par des coquilles à vomir! J'ai déjà vu beaucoup mieux relu chez Mnemos! Ok, c'est une autre histoire, mais quand les mots sont beaux et bien mariés, j'aime
quand ils sont, aussi, correctement écrits.
Bref. Si vous aimez beaucoup, beaucoup la fantasy comme on la connaît avec-un-héros-bien-sympa-aux-aventures-pleines-de-rebondissements, Djeeb le Chanceur vaut le coup d'oeil. Mais si comme moi
vous appréciez un peu d'innovation narrative... lisez Les Mensonges de Locke Lamora!
Par Angua
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Mardi 7 juillet 2009
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2009
23:48
Pour moi, Djian est l'auteur de 37°2 le matin, sans doute un des plus beaux romans sur la passion amoureuse et l'aveuglement qu'elle peut susciter. Un de ces
bouquins qui marquent, que je n'ose relire tant il m'avait retourné à l'époque.
Du coup, comme pour Damasio, j'ai tendance à auréoler Djian d'un talent rare et je n'osais en lire autre chose, de peur d'être déçue. C'est certainement pour cela que je l'ai été par Doggy Bag.
Ceci dit, je ne regrette pas ma lecture, ma curiosité est enfin satisfaite! C'est vrai, ce roman et sa suite sont présentée comme une série littéraire, fortement inspirée des séries télévisées
américaines dont l'auteur s'avoue friand. Rien que ça, je voulais voir ce que ça donnait. Et le pari est plutôt réussi.
Pour résumer l'histoire: deux frères, Marc et David, voient ressurgir vingt ans plus tard une femme pour laquelle ils se sont déchirés. Au même moment, le garage familial dans lequel ils
travaillent s'écroule en partie, victime de travaux mal calibrés de la mairie. Le ton est scénaristique: des phrases brèves, souvent oralisées, des focalisations internes permettent de reconstituer
peu à peu le puzzle des vies et des personnalités de chacun, chacun avec ses failles et ses obsessions. Car il est souvent questions de blessures et d'obsession ici, les rebondissements trouvent
pour la plupart leur source dans des désirs et des fantasmes propres à chacun. L'idée que l'univers et les relations humaines tournent autour du sexe ne m'a toujours qu'à moitié convaincue, et j'ai
fini par trouver les monomanies agaçantes mais... tout à coup, je me suis souvenue! Nous sommes dans un truc proche de la série! Et ici, comme dans Sex and the city, le sexe est
fondamental!
Un moment de lecture agréable néanmoins, juste bien loin du roman qui m'a fait découvrir Djian... si je laisse de côté tout ce que je pouvais en attendre, j'ai passé un bon moment, vraiment. Mais
sauf hasard, je ne pense pas lire la suite. Les allures feuilletonesques me plaisent bien plus chez Sue ou Dumas!
Par Angua
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Dimanche 5 juillet 2009
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2009
22:04
... et c'est un coup de Messaline. 
Est-il encore utile de rappeler le principe du Tag des Souhaits? (si c'est bien son nom, au fait...)
Au cas où, ou juste pour mémoire, voilà les règles:
Ecrire 8 souhaits.
Dire à quoi les 10 mots qui suivent vous font penser.
Dire un mot sur sa taggueuse.
Refiler le bébé à 8 bloggueurs.
Bon. Faisons les choses bien, faisons les dans l'ordre.
Faire un souhait, ça ne doit être compliqué. Je n'en fais jamais car je suis une horrible pragmatique, et que j'ai la triste habitude de me dire qu'on obtient quelque chose quand on fait ce qu'il
faut pour, ça élimine pas mal de choses, mais en cherchant bien...
1. Que tous les assureurs et employés de la C**P voient leur corps se couvrir de pustules, et, comme le dirait une collègue et néanmoins amie, que les bras leur en tombent et le cul leur pêle. Sauf
la sympathique réceptioniste du standard. Non, ce n'est pas de la méchanceté gratuite, mais un réel espoir de juste retour des choses: pour avoir passé une quinzaine d'heures au téléphone avec eux
dans le mois écoulé, j'ai découvert à quel oint le monde assurance était pourri. Vouloir acheter une maison quand a eu un cancer est une hérésie, et se paie cher, très, très cher, mais pas encore
assez pour que la politesse de base soit respectée. (c'est vrai, quand on a la chance d'en guérir, faut pas en demander plus).
2. Que le concepteur du slogan d'un mutuelle de ma connaissance, avec laquelle j'ai passé un certain nombre d'heures téléphoniques aussi ces dernières semaines, soit condamné à écouter en boucle ad
vitam aeternam que "notre différence, nous ne faisons pas la différence". Parce qu'il se trouve que si, justement, si on a un dossier différent, il y a une grosse différence: personne ne sait rien
et ne peut vous renseigner sur rien.
3. Ceci étant dit... je souhaiterais maintenant l'utopie: que les assureurs sus-mentionnés aient déjà envoyé le document qu'on attend depuis trois mois. J'ai bien conscience de la difficulté de la
chose: cliquer pour imprimer, mettre sous enveloppe, poster... je sais, c'est dur. Mais je les en sais capables. Donc s'ils pouvaient le faire en temps en heure...
4. ... on serait sûr de déménager à la date prévue! Et nous arrivons à des souhaits joyeux! Le premeir étant que je voudrais voir tous mes livres enfin embllés et chaque carton soigneusement
étiqueté! Et que tout soit léger, léger... et ne fasse des tonnes à déplacer qu'une franche rigolade.
5. Que les travaux de la maison de nos rêves se fassent un clin d'oeil. Ce qui inclut le rangement des livres susmentionnés dans leurs étagères.
6. Avoir des journées de cinq heures de plus. Le temps et trop rare et toujours très précieux.
7. Joie, santé, amour, prospérité, etc.
8. Idem (histoire d'être bien sûre!)
Alors, les mots... (j'avoue que je serais curieuse de savoir QUI en est à l'origine).... j'avoue aussi ma très maigre inspiration.
Message: ... ça dépend de qui et pourquoi, mais je suis plutôt bon public pour les messages en tout genre.
Blog: nous y sommes.
Prix: ... heu... prix de quoi?
Croix: Croix de bois, croix de fer, les assurances, c'est la galère ?
Scrap: ... mouais. J'ai deux mains gauches, et un goût souvent douteux.
Création: pas trop mal réussie.
Bonheur: bonheur.
Vie: ...
Enfant: faut qu'ils soient bien élevés, j'aimeras faire mon boulot sans jongler à chaque seconde avec les carences éducatives.
Passion: l'enfer.
Ma taggueuse, Messaline! J'ai une affection particulière pour elle et son blog, car c'est un des plus anciens que je lis régulièrement... et aussi une
de mes plus anciennes habituées! Une copine de blog, pourrait-on dire! Elle fait partie de ces gens que j'aimerais bien croiser un jour dans la vraie vie.
Et voilà... zut, j'oubliais, trouver 8 victimes innocentes... c'est dur ça... bon, je me la jouerai grand seigneur: que prenne le relai qui veut!
Dimanche 5 juillet 2009
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2009
21:38
Voilà une lecture qui me laisse perplexe.
Tout d'abord parce que j'en attendais beaucoup: ma première rencontre avec le nom de Tim Powers remonte à la postface du mémorable Bureau des atrocités de Charles Stross, où il lui fait
référence pour les similitudes entre son roman et Les puissances de l'invisible. Je ne sais plus si j'ai pris le temps de le dire, mais j'ai adoré et dévoré Le bureau des
atrocités. Même si ce n'est pas par son cousin fortuit que j'entrai dans l'oeuvre de Powers, je m'attendais à l'aimer, à beaucoup, beaucoup l'aimer même.
Vous l'avez deviné, j'ai plutôt été déçue.
Le roman commence dans les années 80. Brendan Doyle, universitaire californien spécialisé dans le poésie anglaise du début du XIXe, se voit embauché pour donner une conférence sur Coleridge auprès
d'amateurs triés sur le volet. Triés par un critère simple: l'argent. En effet, le petit groupe avec lequel il se retrouve est prêt à payer une somme absolument colossale... pour faire un saut en
1810 et rencontrer le poète en chair et en os, aussi incroyable que cela puisse paraître.
Or, si tout paraît parfaitement huilé, l'expédition tourne mal et Doyle est enlevé par un sorcier qui connaît lui aussi l'existence de "ponts" temporels, et espère tirer des informations nouvelles
de son prisonnier... qui parvient à s'échapper, se retrouvant dans la société londonienne du XIX, monde qu'il connaît parfaitement mais seulement d'un point de vue théorique.
Je trouvais l'idée de départ intéressante même si déjà vue, et ce roman a des qualités indéniables. Par exemple le mélange de science et de magie, même si cette dernière est seule présente dans les
trois derniers quarts du roman, ou les personnages fantasmagoriques du Château des Rats, des erreurs magiques qui alimentent efficacement les allures de roman gothique prises par le roman.
Mais au final, je reste sur ma faim. Le style est parfois un peu lourd, et les repères ne sont pas toujours clairs entre réalités, suppositions de Doyle, et les divers visages pris par les
personnages.
Par Angua
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Lundi 29 juin 2009
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2009
22:02
Il n'est décemment pas possible de résumer un roman tel que Nana comme n'importe quelle oeuvre.
Déjà parce que l'auteur en est Zola, donc pas n'importe qui.
Ensuite parce que ce que je connaissais déjà des Rougon-Macquart fait que j'ai pour lui une tendresse particulière.
Enfin, parce que je suis passée par une fac de lettres et que j'ai la prétention d'enseigner la littérature un jour, et que du coup, évoquer Zola met haute la barre de l'article de blog.
Mais je ne suis pas du genre à me mettre une pression inutile, donc je relève le défi: tenter de parler de ce roman comme les idées me viennent, suivant la méthode bien connue et toujours utilisée
sur ce blog du "j'en dis en gros ce qui me passe par la tête".
Nana est la fille de Gervaise (raison pour laquelle il faudra que je relise l'Assomoir un de ces jours pas trop lointains), et le roman éponyme débute par une représentation théâtrale où elle tient
le premier rôle, celui de Vénus, femme par excellence, féminité dans toute sa splendeur, fantasme masculin incarné. Les hommes sont à ses pieds, ce qui lui permet de vivre, suivant l'usage des
cocottes de l'époque... oui, même si le mot n'est jamais lâché, nous sommes en présence d'une prostituée de luxe.
Jamais ce n'est dit pour une raison simple: Nana est une "femme raisonnable". Naïve, candide, immature, le seul domaine qu'elle comprend parfaitement est celui des plaisirs de la chair dont elle ne
se prive pas, quand bien même ils l'entraînent dans des lits peu agréables. Non parce qu'il faut bien vivre, mais parce qu'au fil de son ascension, son goût du luxe et tape à l'oeil se développe,
sans cesse alimenté par des hommes fous d'elle prêts à tout pour s'assurer sa fidélité, sinon ses faveurs... jamais l'expression d''affection négociable" labelisée Pratchett n'a si bien pris son
sens. (non, je n'ai même pas honte du rapprochement!)
Bien entendu, Nana porte elle aussi la tare familiale héritée de la grand-mère Fouque et finit tragiquement, après une vie qui n'a de réaliste que le cadre parisien qui s'achève par la déclaration
de guerre prusse.
Un grand moment de Zola (pléonasme), un grand plaisir de lecture, accessible à tous les curieux de classiques!
Par Angua
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