Samedi 14 mai 2011
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Comics, dont l'intégralité se lit en quatre tomes, croisés en bibliothèque.
J'ai aimé cette BD. Pour une raison rare: je sens que quelque chose m'y échappe et que le récit peut être lu comme un raté ou
comme une merveille.
L'histoire commence par une ville perdue au fin fond des Etats-Unis, de ces villes où tout le monde se connait, où on pense
vivre dans le calme et la sécurité alors que le cadre semble anxiogène dès les première page. Tout le monde s'y connaît, vous dit-on, tout se sait, la bonne moralité, le devoir... la pression
permanente qui fait que les jeunes, une fois sortis du petit boulot alimentaire, voit boire ou fumer, ou encore faire exploser des citrouilles à la dynamite pour faire passer le temps.
Ethan est l'un de ceux-là. Vendeur à la supérette, sa vie sentimentale et sexuelle ne lui apporte que peu de satisfaction. Un
soir de beuverie plus intense que les autres, il quitte le troquet locale éméché et, au beau milieu de la forêt, frôle l'accident en évitant une superbe femme nue fortement perturbée. Reprenant
ses esprits, il la ramène chez lui, pensant l'emmener au shérif le lendemain... et ne résiste pas lorsque celle-ci lui fait des avances. Tout pourrait sembler banal.
Ce n'est plus du tout le cas au petit matin. La femme s'est enfermée dans la salle de bains, au milieu de ce qui semble être des
oeufs... qui éclosent pour donner naissance à d'autres femmes, absolument identiques à l'inconnue.
Ce qui est juste étrange vire au cauchemar: ces femmes s'en prennent aux femmes de la ville avec une sauvagerie rare, pour une
raison inexplicable. face à leur multiplication, le shérif organise l'évacuation de la ville... tous les habitants découvrent alors l'impossible vérité: ils sont enfermés dans une bulle
parfaitement sphérique, sans issue. La survie et la lutte s'organisent...
Voilà un de ces récits qui prennent leur saveur à la lecture, faute d'être résumables. La guerre des sexes prend un jour nouveau
dans les 4 tomes, la palme du pouvoir et de l'abjection pouvant sans cesse être décernée à un camp comme l'autre. Les rancoeurs explosent, les schémas traditionnels s'imposent et éclatent eux
aussi, dans une ambiance oppressante qui pousse à tourner les pages, dans l'attente de l'explication ou de l'apaisement des personnages, pour un final... Que je me demande encore comment
interpréter.
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