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  Journalsemilitteraire

Hysteresis (Loïc Le Borgne)

21 Avril 2014 , Rédigé par Angua Publié dans #Lectures SFF

Couverture

Rouperroux est un village comme tant d'autres, dont la communauté vit à son rythme calqué sur celui de la nature et des arbres en particulier. C'est ainsi que va le monde depuis que la Panique a eu lieu, chaque village vit de la terre et de peu, lié aux autres par une administration assez ré-organisée pour contrôler que la folie ne gagne pas les hommes trop en profondeur, et lié par une autre idée commune, celle d'une génération précédente égoïste et coupable, meurtrière et inconsciente d'avoir ainsi pillé la terre et condamné ses enfants.

Jason Marieke arrive un jour pour troubler la vie simple et réglée du village. On n'aime pas trop les étrangers, celui-ci se distingue en plus par son accent, son ballon orange, et, quasi-sacrilège, son âge. Il a connu l'ère d'avant, même s'il se défend par sa jeunesse alors. Il se prétend conteur, de passage, s'installe à l'auberge et vit de petits boulots. Bien sûr, il déplait, surtout à la guérisseuse Aurore Desmoulins, à l'influence plus grande encore que celle du maire élu démocratiquement, et à ceux qui la suivent, aveuglément.

Il y a quelque chose de pourri à Rouperroux. Un vieux tabou refuse de se faire oublier, et le jeune narrateur, fils des aubergistes et ami du nouvel arrivant sent bien que le dérapage gronde et que la colère des villageois est chose facilement manipulable...

Encore un roman qui se dévore d'une traite, ou peu s'en faut. Encore un roman où on sent venir des choses, où on sent monter la tension... si ce n'est que la tournure que les événements prendront et ont déjà prise ne se laisse pas deviner si facilement. Sur un schéma a priori classique, l'auteur construit ici une histoire qui fleure à la fois bon le terroir et empeste le futur désenchanté, mêlant ces deux ambiances pour n'en faire qu'une où le retour n'est qu'un pis aller quand l'homme n'est plus capable d'esprit critique. Avec la disparition de la technologie, une suppression de la mémoire collective s'organise, et l'humanité redevient bestiale sur ce petit échantillon...

Une excellente découverte que ce récit de Loïc Le Borgne, où tout n'est pas bien gai, mais pas si pessimiste que ça pour autant, et où j'ai particulièrement aimé l'image de l'enfance cruelle, ô combien efficace reflet de la perversion adulte...

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Cachou 26/04/2014 20:48

C'est vrai que les gosses dans ce livre sont terrifiants. Beaucoup aimé aussi, par contre j'aurais, je pense, eu besoin d'un poil plus de pessimisme, que le livre s'arrête un peu avant...

Angua 05/05/2014 19:36

Quelques semaines après, je me dis que cette fin fait du bien aussi. Le pessimisme très noir, j'aime beaucoup (Thierry Di Rollo, mon amour !), et là, j'ai trouvé qu'un peu d'espoir en l'humanité relance l'imagination du lecteur à la fin...