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  Journalsemilitteraire

Kraken (China Miéville)

8 Mars 2014 , Rédigé par Angua Publié dans #Lectures SFF

Je suis fan de China Miéville. J'ai déjà dit que je suis fan de China Miéville ? Je suis fan de China Miéville.

Forcément, j'en attends beaucoup quand j'ouvre l'un de ses romans. A en prendre plein les yeux, l'imagination, à sentir palpiter mon petit cœur et j'en passe. Si The City & the City m'avait plu sans me transporter, je comptais sur de grandes retrouvailles avec Kraken.

Couverture

Billy est conservateur au Museum d'Histoire Naturelle de Londres, spécialiste de la conservation des spécimens marins. Le grand œuvre qui fait sa renommée se nomme Architheutis, kraken géant de huit mètres, pièce unique, objet de toutes les fascinations, au détriment des merveilles qui l'entourent là où il est exposé. Lors d'une visite que rien ne distinguerait d'une autre, c'est un jour le drame, l'impossible : Archi a disparu. Le plus gros bocal du Musée s'est volatilisé sans laisser de trace, au mépris des lois de la physique et de la vigilance des services de sécurité.

La vie de Billy bascule aussitôt. D'un univers réaliste, cartésien, scientifique, rationnel, il passe de l'autre côté de la barrière, se voyant proposer un poste de consultant par l'improbable BCIS, brigade des phénomènes magickes (sic) dont l'existence lui semble d'abord un vaste canular. Jusqu'à ce que la réalité vacille autour de lui, à grands renforts de colis dans lesquels se plient des tueurs à gage ou de grèves de familiers, tandis que l'univers des sectes s'ouvre à Billy, propulsé prophète bien malgré lui et objet de toutes les attentions.

Le roman déroule à la fois cette plongée dans une ville parallèle aux repères et règles revus, mais aussi la quête de ce kraken, dont le rôle semble prépondérant dans les fins du monde imminentes. Car oui, l'enjeu est bien là : sauver le kraken, sauver la ville... et sauver le monde. Encore une fois, tout le talent de Miéville consiste à bâtir une atmosphère alternative et à développer le portrait d'une ville (décidément, il ne peut nier sa fascination pour Londres. Rappelez-vous, Lombres, déjà). J'aime me laisser porter par son imagination délirante et les éléments incongrus qu'il sème au fil des pages, mais... un bémol cette fois-ci. C'est long. Vraiment, c'est long. Et c'est dommage, car pour une fois cette longueur n'est pas au service de l'épaisseur du monde imaginaire, mais vient ralentir une action pas si complexe qu'elle pourrait le sembler quand on pense à la galerie de personnages qu'elle convoque...

Un bon moment, néanmoins, mais... pour l'instant, toujours rien à la cheville de Perdido Street Station ou des Scarifiés.

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attack 15/04/2014 12:24

C'est clair qu'il pourra difficilement faire mieux que son Cycle de Bas-Lag, même si ce qu'il a fait à côté reste de qualité quand même.

Angua 21/04/2014 15:45

Tout à fait !

Escrocgriffe 09/03/2014 00:10

C’est fou comme sur la blogosphère Kraken a fait l’unanimité… contre lui ! J’ai l’impression que c’est le plus mauvais China Miéville.

Angua 15/03/2014 14:10

Le plus mauvais, je ne sais pas, mais il laisse un sentiment de déception, Miéville nous a habitués à mieux ! Ce serait un premier roman d'un inconnu, je pense que je me serais oui "moui, bof, y'a de l'idée, mais attendons les suivants"... mais là...