En lecture







 

 

 

 

Présentation

De l'art de la PAL

Se faire une PAL, c'est bien pratique...
Mais... je suis trop fétichiste avec mes livres pour me résigner à empiler ce qui est à lire.
Donc... Voici la Liste-Pile-à-Lire! De ce qui est sagement rangé en attendant son tour, un jour peut-être...

Aguilera Juan Miguel, Mondes et Démons
Auster Paul, Brooklin Follies
Barbery, Muriel, L'Elégance du hérisson
Bobineau Olivier (direction), Le Satanisme
Brooks Max, Guide de survie en territoire zombie
Card, Orson Scott, La Stratégie Ender
Clément, Catherine, Le voyage de Théo
Cook Glen, Garret, détective privé T.1
Eschbach Andreas, En panne sèche
Féval, Paul, Le Bossu
Fioretto Pascal, Et si c'était niais?
Hobb Robin, L'Assassin royal
Jubert Hervé, Blanche ou la triple contrinte de l'enfer
Modiano Patrick, Accident nocturne
Morpurgo Michael, Le trésor des O'Brien
Schmitt Eric-Emmanuel, Odette Toulemonde
Shecley Robert, Echange standard
Sternberg Jacques, Univers Zéro et autres nouvelles
Sternberg Jacques, La Sortie est au fond de l'espace
Todorov Tzvetan, La Littérature en péril
Tolkien JRR, Le Fermier Gilles de Ham
Willis Connie, Le Grand Livre
Zelazny Roger, Les Neufs princes d'Ambre

Anthologies:
Dufour Catherine, L'Accroissement mathématique du plaisir
(Pro)créations
Catastrophes (Omnibus)

Histoires de fins du monde (La grande anthologie de la SF)

Dans la catégorie "faut vraiment que je le relise parce que j'avais trouvé ça vachement bien mais j'en ai oublié les trois quarts":
Jasper Fforde, L'Affaire Jane Eyre

Maurice Druon, Les Rois maudits
George Sand, Consuelo

Soit un total à ce jour de 30...
Mercredi 14 octobre 2009
... Ou l'art de la frustration extrême.
Mon nouveau voisin est en réalité la bibliothèque municipale de la ville. Et je vous promet qu'au moment de choisir notre toit, j'ai vraiment tout fait pour laisser de côté cet argument.
Une chouette bibliothèque en plus, avec des bibliothécaires lecteurs, humains, à des années lumières des bibliothèques usinesques de grandes villes où on trouve parfois un lecteur self-service pour enregistrer ses emprunts. Pour vous dire: l'homme qui vit sous le même toit a fini par aller s'y inscrire et est revenu aussi réjoui que moi de trouver de la SF, et de la bonne, et en plus du manga. Il a donc emprunté le premier tome de Monster. Pour voir.
Je l'ai ouvert, pour voir.
Comme je m'ennuyais ferme avec Somoza, il ne m'en fallait que peu pour plonger dans autre chose presque malgré moi... et là, ce ne fut pas peu! Et voilà comment, non lectrice de mangas, je me suis vue dévorer les 12 premiers tomes de cette série, que je conseille vraiment.
L'histoire semble simple dans le premier tome: un brillant neurochirurgien, Kenzo Tenma, est promis à une grande carrière au sein de son hôpital, et à un mariage convenu avec la fille gâtée du directeur. Il semble être le gentil héros par excellence, aux petits soins pour ses malades, à en négliger sa capricieuse fiancée qui décidément n'agace que le lecteur dans un premier temps. Bien évidemment: la vie n'est pas toujours rose: mieux vaudrait sauver des notables de la ville plutôt que de parfaits anonymes les soirs de rush aux urgences, mais Tenma n'écoute que son coeur.
C'est beau, hein? Gentillet à souhait.
Sauf que.
Monster est tout sauf gentillet. Cette situation de départ occupe une toute partie du premier tome, qui bascule rapidement dans le thriller où tout semble accuser un innocent qui prend la fuite pour échapper à l'injustice. Les évènements se complexifient de tome en tome, avec des personnages toujours plus creusés, nouveaux, riches... aucun geste n'est gratuit pour la narration, la moindre allusion finit par s'emboîter dans un vaste puzzle dont le dessin s'esquisse avec art peu à peu. Tenma n'est finalement peut-être pas le personnage principal: il est le lien entre le passé et le présent, celui qui en a compris assez pour découvrir les origines du Mal... et celui qui, malgré lui, a sauvé le Monstre.
C'est haletant, bien écrit aurais-je envie de dire, tant les références à l'histoire de l'Europe sont riches et les personnages fouillés. Un véritable régal de lecture.
Et de frustration: notre bien aimée voisine s'arrête au tome 12.... M'enfin, que vais-je devenir?
Par Angua - Publié dans : Lectures curieuses
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Lundi 12 octobre 2009
Honnêtement... si je ne m'étais pas engagée à écrire une critique de ce texte pour d'autres cieux, je ne l'aurais pas fini.
Si comme moi, vous avez été plus qu'emballé par la Théorie des cordes, ne perdez pas votre temps: allez lire autre chose!

Une grosse déception, comme je n'en avais pas eue depuis longtemps.

Par Angua - Publié dans : Lectures SF
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Samedi 3 octobre 2009
Voilà des semaines que dis-je, des mois! que le Déchronologue attendait sagement au fond d'un tiroir que je me décide à l'ouvrir. Il aurait largement mérité que je m'y plonge plus tôt.
Henri Villon, le narrateur, est un pirate comme tant d'autre au XVIIe. Il écume les Caraïbes à la recherche de maravillas, étranges objets aux origines inexpliquées et à l'usage parfois mal déterminé, qui exercent une fascination sans bornes chez certains.
Difficile d'aller plus loin sans trop en dévoiler. Le Déchronologue est une de ces merveilles de style où finalement, l'histoire importe peu, même s'il est à noter ici qu'on s'attache vite au capitaine et à ceux qui l'entourent. Ennemis, amis? Tout dépend des chapitres pour Mendoza, par exemple, ou encore pour Arcadio. Et Sévère, cette étrange femme qui exerce une fascination idolâtre chez Villon? Tant de questions qui se posent, parfois après la réponse, car la particularité de ce roman réside dans sa construction: les chapitres y sont dans le désordre, faisant de la lecture un puzzle mental surprenant. Jeu qui m'a inquiétée durant les premiers chapitres, mais j'ai résisté à la tentation de recommencer dans l'ordre et ne le regrette pas.
Étonnamment, le cerveau finit par s'accommoder aux incertitudes et tend à combler les blancs ou les anticipations lui-même. Un nuage flou entoure la lecture, flou car au bout d'un moment, je finissais par me demander quelle était la part de mon imagination et celle de l'auteur dans ce que je supposais entre deux chapitres, nous sommes ici dans une véritable lecture interactive, où le lecteur participe pleinement à la construction narrative... jusqu'à quelques chapitres de la fin (entendons "fin" par rapport à l'ordre de leur impression), où tout rentre dans l'ordre, naturellement, et où les derniers voiles se lèvent...
Un roman vraiment bluffant! Certes, une histoire de piraterie de plus, mais avec un charme nouveau, qui mérite qu'on s'y essaie!
Par Angua - Publié dans : Lectures SF
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Mercredi 30 septembre 2009
C'est fou comme on viendrait presque à s'autocensurer. Surtout quand on est prof de français (pardon, enseignante de Lettres Modernes, option TZR), et qu'on prétend faire lire des élèves. Précision: faire lire des livres, et non des avis tout trouvés sur ces derniers.
Grâce à la rentrée, je vois remonter en flèche les stats de fréquentation de ce blog, avec des requêtes aussi profondes et peu réjouissantes que "fiche de lecture", "résumé complet (gratuit)", "portrait du personnage de tel livre" et j'en passe.
Comment ça, je cherche aussi?
Eh oui, je cherche. Entre autres pour le plaisir pervers d'imaginer le flemmard arrivant sur tout le mal que je pense du Crâne percé d'un trou (visiblement très en vogue cette année encore), et pour celui, beaucoup plus louable, de me dire qu'au bout de recherches infructueuses auxquelles j'aurais contribuées, le cher petit, de dépit, va l'ouvrir, ce bon sang de bouquin, quel qu'il soit, au lieu de perdre du temps à chercher qui aura fait son boulot.

Toujours est-il que là, c'est l'angoisse.
Parce que j'ai bien envie d'en parler en détail, de ce célèbre roman relu avec délectation pour la Cause, oui, la Cause sus-mentionnée qui est d'ouvrir des horizons en faisant ouvrir des bouquins. 

A ceux qui ne connaissent pas Steinbeck, à ceux qui n'aiment pas lire, à ceux qui sont curieux de découvrir un de ses romans qui retournent, il faut lire Des Souris et des hommes. L'écriture de Steinbeck a ceci d'impressionnant que le récit se vue uniquement d'un point de vue externe, démultipliant l'ambiance de l'univers du sud, de la crise, du rêve des hommes, de leur innocence et de leurs déceptions.
On y découvre l'histoire de Georges et Lennie, improbable couple inséparable. Foin de Laurell et Hardy ici, pourtant, il y a le gros costaud simplet et l'ami qui réfléchit pour deux. Lennie est une figure emblématique, l'incarnation de la tendresse, de la bêtise dans ce qu'elle a de plus naïf et touchant, sans tomber à un seul instant dans la mièvrerie. Adolescente, j'avais eu les larmes aux yeux à lire son histoire. La magie a opéré une dizaine d'années plus tard, sans larmes, mais avec la même émotion, la même fibre qui vibre quelque part et fait profondément regretter que l'humanité soit ce qu'elle est.
Un roman bref, fort et efficace.

Par Angua - Publié dans : Lectures classiques
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Dimanche 20 septembre 2009
L'humanité est capable d'horreur et nous le savons tous. Ces horreurs me fascinent, non par goût du morbide, mais parce qu'une partie de moi-même sans doute extrêmement naïve aimerait comprendre comment elles sont rendues possibles. Vraiment. J'éprouve le besoin viscéral de chercher des explications rationnelles à ce qui n'en a certainement pas, de prendre conscience de l'étendue cauchemardesque des faits pour me convaincre que oui, de tels évènements ont bien eu lieu.
La seconde Guerre Mondiale est particulièrement riche en horreurs. Pour moi, le summum paraissait atteint avec la Shoah, et mettre les pieds dans le camp de Dachau me paraissait nécessaire, comme un moyen d'enfin admettre que oui, c'était possible. Mais il n'existe pas d'échelle pour mesurer l'enfer vécu.
Peut-être est-ce pour cela qu'à 1h30 ce matin, j'ai ouvert le second tome de Gen d'Hiroshima à peine refermé le premier? Pour essayer de me soulager de ce que je venais de lire?
Ce manga est préfacé par Art Spiegelmann, qui m'avait bien remuée au temps de sa lecture. Un choix qui s'explique vite: la BD a des allures de roman graphique, où l'image dit mieux que des mots l'indicible.

Rassurez-vous, vous qui ne connaissez pas en: ce n'est pas un catalogue d'horreur. L'auteur s'inspire de sa propre vie et de sa survie à la bombe pour raconter l'histoire de Gen, jeune garçon comme tant d'autres dont le père a la particularité rare d'être un pacifiste en pleine période propagande anti-américaine et anglaise. Dans le Japon de 1945 où la propagande fait rage et n'a pour concurrente que la douleur des conditions de vie des civils japonais, ce n'est pas rien, et entraîne des moments douloureux à toute la famille. Ces moments sont colorés par la candeur de Shinji, le petit frère braillard, ou les idées inattendues de Gen pour atténuer la souffrance des siens, ou encore par des scènes familiales touchantes, qui ne tombent jamais dans la mièvrerie. Le Japon de cette année est particulièrement dur, la violence et le fanatisme y sont monnaie courante.
Et c'est dans un des moments où la vie est la plus quotidienne qu'arrive le 6 août 1945. La bombe. L'enfer, l'horreur absolue, une horreur plus éloignée de nous que celle des camps, et pourtant tout aussi stupéfiante et révoltante. Gen y survit, protégé du rayonnement par le hasard d'un mur et court retrouver sa famille dans une ville dévastée, hantée par des morts en sursis, pour découvrir que seule sa mère enceinte a échappé à l'effondrement de leur maison.
Là s'achève le premier tome. Impossible de dormir après cela, et de laisser Gen à son sort.

On sait aujourd'hui à quel point les conséquences de la bombe furent terrifiantes pour la population (et quiconque doué de deux sous de jugeotte d'ailleurs), mais quelques clics sur le net ont fini de me démoraliser: en effet, l'évènement fut longtemps perçu dans le monde comme une victoire technologique. Vous savez, un gage de paix? Une paix d'une crasse incrustée.

Une autre grande qualité de ce manga réside dans la lucidité de l'auteur quant à l'humain. Personne n'est "bon", même si les hommes "mauvais" et sans morale sont légions. Chaque personnage a son moment d'égoïsme, de folie ou de violence, comme une métaphore de la catastrophe centrale, à s'en demander si l'humanité en vaut vraiment la peine malgré les scènes d'amour familial fortes qui donnent enie de garder espoir. Un espoir bien mince, si on pense par exemple au kamikaze qui refuse de mourir pour simplement vivre et jette ainsi l'opprobre sur sa famille.

Une lecture nécessaire.


Par Angua - Publié dans : Lectures curieuses
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